‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 98 sur 131 · Voir p. 208-209 de cet ouvrage · texte numérisé non relu

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renom, vident force bouteilles, mélangent le tout d'interminables discussions, visitent la Champmeslé, d'autres Clymènes ou Jeannetons, mettent une certaine coquetterie à tromper les maris et s'amusent avec autant de gaieté et de vigueur qu'à vingt ans.

Un jour, Racine et Boileau — Molière n'était plus — veulent réconcilier notre grand distrait avec sa femme. Ils lui font sentir tout le ridicule de sa situation et le sermonnent si bien, qu'il part aussitôt, naïvement, simplement, afin de retrouver son épouse et son fils si facilement oubliés. Mais sa « njoitié » étant à l'église, il ne daigne l'attendre. Il a dû réfléchir le long du chemin et le voici qui repart « Gros- Jean comme devant ^».

La Fontaine ne trouve un cœur qui le comprenne et qui l'affectionne réellement, qu'en la personne d'une femme, M°* de La Sabhère. Cette marquise lettrée sait deviner tout le génie de notre fabuliste. Bayle nous la dépeint comme un esprit éclairé, délicat et apprécié de tous. M"" de Sévigné va plus loin^ :

C'est un esprit orné, qui a le goût de la poésie, uq cœur ouvert à la vive amitié, une générosité toujours pleine de délicatesse et de sages conseils.

Tel est le cœur de la femme qui prend un soin méticuleux, jaloux, maternel même, du grand enfant qu'est La Fontaine. Chez elle, il est entièrement libre; elle ne l'inquiète en rien; elle le conseille ou le gronde doucement, craignant toujours de le tirer de sa torpeur. Ici, il se

i. Déjà cité, p. 95 de cet ouvrage.

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