‹ Fontainebleau (volume 4)Chapitre 6 sur 19 · I^TH · texte numérisé non relu

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lysse, soit Nicolo, soit de moindres artistes, n'ayant point été conservé, il sera superiîu de s'y arrêter longtemps. On ne peut omettre pourtant de signaler les Douze Césars à cheval, peints dans un cabinet qui porta le nom de cabinet des Empereurs, jusqu'au jour où le célèbre boudoir de Marie- Antoinette le remplaça. Trois de ces empereurs, logés plus tard dans d'autres parties du château, avaient survécu aux changements auxquels donna lieu ce cabinet. Nommons encore la chambre peinte au pavillon des Poêles, près de la salle Haute, par Roger de Rogery, Bolonais, de l'histoire des travaux d'Hercule. Cet artiste est fort oublié aujourd'hui ; il n'en doit pas moins tenir son rang dans la série des peintres italiens qui avaient décoré Fontainebleau.

Ainsi que François 1"', Catherine de Médicis avait donné des soins à l'embellissement des jardins. Elle éleva dans celui de la Conciergerie, alors nommé de la Reine, un berceau de treillage orné de chapiteaux taillés et de statues. Quatre de celles-ci étaient de Germain Pilon, qui commençait alors sa carrière. Un « mouleur en basse taille », padouan d'origine fut chargé de « plusieurs têtes de moule, de feuillages, de corniches en ligures de basse-taille de papier pilé couvert de poix résine et autres étoffes (couleurs) ». On appela cet ouvrage la Treille, et chacun peut en voir le plan dans les estampes de Ducerceau.

Dans le parc de Fontainebleau et sur le chemin d'Avon, à mi-longueur et sur la gauche du canal creusé depuis, la même reine eut une laiterie, communément appelée la Mi-Voie. Elle avait trois corps de bâtiment, séparés par un petit parterre et deux pièces d'eau. Frémin Roussel en avait orné l'intérieur d'un Zodiaque en plâtre, de trois bas-reliefs de stuc et de plusieurs masques. On l'abattit en 1702. Avec ce petit ouvrage fut effacée la trace d'un des plus anciens exemples de ces édifices mi-mondains, mi-champêtres, qu'on a vus depuis si souvent revenir dans les délassements de nos reines, et dont les laiteries de Rambouillet et de la Malmaison auront été la dernière expression.

Tels sont les embellissements qu'enregistre, après la mort de François I", durant une période de quarante ans l'histoire du château de Fontainebleau. Pour achever cette histoire, il faudrait passer à des changements d'un autre genre dont le détail ne se trouve nulle part, mais dont l'effet n'est que trop certain. Je veux parler de l'état de délabrement où ce palais tomba bientôt, par suite du malheur des temps. Ducerceau ne prévoyait qu'une partie de ce dommage, quand il écrit que depuis la mort de François I", « le lieu n'a plus été si

habité ne fréquenté : qui sera cause qu'il ira avec le temps en ruine. » Ces inégalités dans la faveur royale sont le sort commun des résidences. Il faut beaucoup de temps pour que la destruction s'ensuive. Celle-ci ne tarda pas à l'éprouver, par suite du désordre des guerres civiles. Les quinze dernières années de la monarchie Valoise virent la France livrée à des malheurs inouïs. Catherine de Médicis y faisait face avec une énergie dont le témoignage étonne. Au milieu d'embarras politiques sans nombre, dans une détresse d'argent que vingt sortes d'expé-

Vue ancienne de la cour du Cheval-Blanc, d'après la gravure d'Aveline.

dients suffisaient à pallier à peine, cette reine trouva longtemps le moyen d'entretenir ses Bâtiments. En dépit de tant d'obstacles, elle continuait cette protection aux arts qui depuis trois quarts de siècle jetait un si grand lustre sur la couronne de France. Depuis 1580, ce qui nous reste des comptes n'en montre pas moins l'insuffisance des dépenses de Fontainebleau. Les quatre ou cinq années d'interrègne qui précédèrent l'entrée d'Henri IV dans Paris, semblent avoir consommé la ruine de quelques parties du château : au point qu'aucun des auteurs qui en ont parlé plus tard, ne fait plus mention de ces parties. L'oubli le plus profond les recouvrit désormais. D'autres, conservées quelque temps en débris, ne devaient jamais se relever.

Enfin de meilleurs jours parurent. En même temps que la monarchie, le règne de Henri IV devait réparer toutes choses. Ce prince releva le service des Bâtiments. Fontainebleau ne pouvait manquer d'avoir sa part du renouveau général. Il se trouva qu'elle eut bien plus. L'ancienne prédilection qu'avait marqué François I" pour elle, revécut dans ce nouveau règne. Henri IV aima Fontainebleau d'un goût vif et particulier. Il l'avait connue dans sa gloire. A l'égard de cette résidence, il nourrissait des sentiments pareils à ceux dont on a vu le roi Louis-Philippe marquer l'expression pour Versailles : quand ce roi redessinait de souvenir pour l'ébéniste, le chevet du lit de Louis XVI, qu'il avait regardé enfant.

Mais la mode des musées en ce temps-là n'existait pas. La même piété prit un autre cours. Un nouveau Fontainebleau non calqué sur l'ancien, non sa copie, mais son émule, allait sortir une seconde fois de terre, et rallumer la splendeur d'autrefois au contact de projets et de talents nouveaux.

CLichi Neurdein.

Vue du Grand Canal.

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