‹ Forbin de Solliés; ou, Le testament du roi René; pièce en deux actes, un épilogue, et en versChapitre 40 sur 52 · SCENE XVI LE ROI, CHARLES, FORBIN · texte numérisé non relu

SCENE XVI LE ROI, CHARLES, FORBIN

LE ROI

Ce René de Lorraine !

Conviens qu'avec ses airs de gloire il te fit peur, Forbin?

S'appuyant affectueusement sur le bras de Charles.

La politique est un art de dupeur, Charles; l'art de tricher ; la vie? un vilain drame. Mon fils, ne pensons plus qu'à l'âme, à l'âme... à l'âme. A mon âge, après tout, on n'est qu'un moribond. J'ai péché, mais toujours j'ai tenté d'être bon.

// fait quelques pas en s'appuyant, à droite sur le bras de Charles, à gauche sur le bras de Forbin ; puis, les quittatit, il s'éloigne, seul ; et, près de la sortie, se retournant vers Charles qui le suit avec Forbin :

Retiens mes derniers mots, Charles, soit que je meure Demain, ou dans dix ans, — peut-être tout à l'heure : Dieu qui met son esprit au cœur des rois pieux, Aime, quand il les juge, à reconnaître en eux, Sa débonnaireté plutôt que sa puissance.

Après un petit silence x

Ta bonté, dans ton cœur, c'est la divine essence.

Après avoir longtemps calculé, médité.

J'ai fait roi ton courage, et reine ta bonté...

Un tel calcul n'a rien de ceux que Dieu condamne...

J'ai légué ma Provence à la France de Jeanne.

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