XX FRONTISPICE
...Pourquoi n'offrirais-je pas à la vieille ville une effigie de ces deux SoUiésins? Mon ami Paulin Bertrand les modèle avec amour, et me les offre. Je les ferai couler en bronze, et placer sur les ruines historiques du château des Forbin, sur la plus haute des terrasses de Solliès, la plus vaste, et qui porte ce beau nom : la Montjoye.
Un maître maçon du pays élève — avec q.uel soin digne des artisans d'autrefois ! — une construction destinée à recevoir l'image d'Arena. Les SoUiésins viennent voir, s'informent. — « Quoi ! notre pays croulant est ainsi aimé! » Et, avec des paroles qui m'ôtent toute possibilité de prolonger mes refus, le maire de Solliès Ville vient m'offrir son écharpe. — « Eh bien soit, mes chers amis ; et le jour où sera inauguré le monument communal de vos douze morts de la grande guerre, nous ferons trois inaugurations au lieu d'une, toutes trois éveillant des émotions de même nature. » Et l'idée vient alors au poète, qui a relu les vieilles chroniques, d'écrire une œuvre dramatique en l'honneur du « grand Palamède » et de René, le fraternel ami de Jeanne d'Arc. Un comité est formé. Le doyen de la Comédie-Française, M. Silvain, avec un généreux élan, s'engage à venir, le 7 Août 19iO, jour des trois inaugurations, représenter la pièce : Forbin de Solliès, devant les ruines
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de la Monljoye. La petite cité croulante vivra, ce jour-là, d'une vie intense, car toute la Provence voudra proclamer, au lendemain delà grande guerre, son orgueil d'être « France. »
Voilà pourquoi le Comité des Qualre-SoUiès{^o\Uès- Ville, Solliès-Pont, Solliès-Farlède, Solliès-Toucas) a répété avec moi cet appel :
— « Au moment où la France vient de retrouver, avec son Alsace et sa Lorraine, l'intégralité de son territoire, elle tournera un instant sa pensée vers l'époque de formation où elle reçut en don précieux une de ses plus belles provinces, porte de l'Orient, clef de la Méditerranée; et elle remerciera le profond politique qui, pacifiquement, l'accrut de ce royal et inestimable domaine, v
Et encore : « La partie littéraire de nos fôtes n'est pour nous que le moyen de mettre en lumière la pensée essentiellement française des trois inaugurations. Dans FoRBiN de Solliès ou le Testament du ROI René, le roi (rôle de Silvain) évoque le souvenir de Jeanne d'Arc qu'il avait lui-même présentée à Charles VII, et près de laquelle il combattit fidèlement pour faire — avec elle — une France. Ainsi, dans le personnage du roi René, se rapprochent, historiquement et symboliquement, France, Lorraine, Provence.