‹ Forbin de Solliés; ou, Le testament du roi René; pièce en deux actes, un épilogue, et en versChapitre 6 sur 52 · FRONTISPICE XIX · texte numérisé non relu

FRONTISPICE XIX

drement blottie contre l'église, contre la Grande Maison des idéals anciens, des plus doux idéals humains.

Dans la petite maison, il y a maintenant de vieilles pierres, de vieux meubles, de vieilles images, de vieux livres : on dirait le commencement d'un musée du souvenir. La petite cour est une vraie courette de cloître, toute songeuse, juste au-dessous des vitraux de l'église. Là, on travaille, au murmure, parfois, de prières rythmées par des voix de femmes, voix assourdies qui semblent venir du fond des âges. Le campanile sonne; et, à cette vibration qui la pénètre, la petit<e maison, blottie à sa base, tressaille toute, comme vivante.

Et me voilà retrouvant dans les vieux livres le passé de Solliès-Ville.

Voici que ce passé s'empare de moi : au xvi* siècle, un fils de SoUiès, le poète macaronique Antonius Arena, a bravé les bandes de Charles-Quint contre lesquelles il défendit sa ville natale.

Au xv^ siècle, un seigneur de Solliès, Palamède de Forbin, conseiller du roi René et de Charles III, rallia les deux princes à son vœu ardent de voir la I^ovence devenir française. C'est à lui, littéralement, que la France doit la Provence.

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