‹ Force ennemieChapitre 5 sur 13 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

E délire a dû me reprendre, suivi d*une période de coma.

Quand je sors de mon anéantissement, je me retrouve couché, enfoui dans les couvertures qui me montent jusqu*au nez; je ne suis pas seul. Assis près de mon lit, — éclairé par la lueur dansante d'une bougie, Léonard est occupé à nettoyer un fort chapeau-melon, — d'un gris si pâle qu'il en devient blanc, — et semblable à un dôme de mosquée. Une véhémente odeur de benzine parfume (?) toute la chambre.

Mon gardien a une figure si sage et si appliquée d'élève toto parachevant l'un de ces devoirs idiots à force de scolastique perfection, dont les braves professeurs d'antan manquaient rarement d'enrichir les recueils d'âncries connus sous le nom de «cahiers d'honneur», une figure si niaisement satisfaite et préoccupée, les yeux clignés, la langue tirée, que je suis tout près d'éclater de rire.

Mais le souvenir de ma stupide conduite me revient tout à coup et me donne un terrible coup au cœur. Ah î

j'ai bien su profiter des bonnes dispositions du docteur Froin ! C'est au moment précis où l'excellent homme commençait à me croire guéri que m'a envahi ma grotesque hantise et que j'ai inauguré la série de mes nouveaux exercices ! Triple brute que je suis ! Ne pou vais- je me sentir atteint de ce genre inattendu de folie, en souffrir, en être épouvanté, sans pour cela devenir imbécile et perdre tout pouvoir de dissimulation !

Mais c'est toujours la même histoire ! Je le vois bien

— et par les observations du docteur Magne et par d'autres que j'ai faites moi-même. Le fou raisonnant ou demi-raisonnant, qui n'a que des crises passagères, se sentira parfaitement sur le point de commettre quelque sottise irréparable, se tiendra à quatre pour « s'empêcher » d'agir... ou de déblatérer et se verra commettre la sottise, s'entendra dire la chose à ne pas dire... Il n'y pourra rien. Il sera victime de cette « force ennemie » dont parlait Mabire.

Je suis douloureusement curieux de connaître l'impression que j'ai pu produire sur le docteur Froin. Je tousse, je remue, j'écarte avec une brusquerie voulue la couverture qui m'étouffe, — bruits avertisseurs, — puis j'appelle

— pas bien fort :

— Léonard !

Mon gardien qui passait, avec des précautions infinies, un chiffon de laine imbibé de benzine sur le sommet de la blanchâtre coupole de feutre, grogne et se retourne de mon côté :

— Léonard ! qu'a dit le docteur Froin? Il ne me croit pas bon à doucher après un accès pareil?

— Que non ! que non ! Il a raconté comme ça que vous vous étiez trop émotionné pour un homme dans

votre état, que vous aviez eu une sorte de... Félicie... de Lucie Nation — (j'sais-t-y moi !), mais que ça ne durerait pas; que celle-là était trop raide (non ! y s'est pas ^^:^primé comme ça), il a dit que c'était trop « phj'/oménal » pour '^^ irriguer en système dans une cer\^elle; qu'il avait jamais vu des idées « monides » comme celle-là, qu'il en avait entendu parler mais que c'était tout; que le calme allait revenir et que je pourrais « partir en mission » demain ; que le premier venu, François par exemple, serait capable de vous soigner jusqu'à mon retour, tant vous seriez paisible après ça. Voilà pourquoi ^ç, fourbis mon melon.

J'en suis fâché pour la perspicacité du docteur Froin; mais l'hallucination, si c'est une hallucination, ne veut pas me quitter. Je sens à ne m'y tromper que je ne suis plus « seul en moi ». Comment expliquer ce que j'éprouve sans dire des choses ridicules? Je suis obsédé par une présence insupportable — même quand Ylitrc ne me tourmente pas violemment comme il le fît lors de la visite du docteur Froin. Cet être semble assagi depuis quelques heures, mais il me parle à présent. Puis-je dire qu'il me parle? Il n'a pas de voix ! Mais il me suggère des mots parfois assez... bizarres qui traduisent sa... pensée. En ce moment, je saisis très bien qu'il ordonne^ — en me communiquant ce qui suit :

— Demande donc à ce c.Uon, à cet idiot, où on l'envoie en mission?

Et machinalement j'interroge mon gardien :

— Et où allez- vous, Léonard?

— Je suis chargé de prendre livraison de la Mère Charlemaine, comme je m'v attendais.

— A Cany, alors?

— Non, la brave femme s'est chiquée avec des voisins qui ne se sont pas montrés des plus charitables dans la bataille. La peur l'a mordue^ c'te femme, et ^lle s'est ^//sauvée à pied jusqu'à Villiéville où aile a un parent. Aile est 2ittYv6t plutôt en chemise, car faut pas compter un morceau de jupon qui dansait sur ses fesses comme un pan de redingote. Aile a fait une scène impossible à ce parent qui a écrit ici tout de suite pour s'en débarrasser, n'osant pas r^rconduire lui-même.

— Et vous partez quand?

— Demain matin à cinq heures. Et puis v'ia mon galurin propre. Il est près de minuit. Vous devez avoir sommeil. Et moi aussi. Bonsoir, m'sieur Veuly. Je vous amènerai François avant de partir pour que vous ne restiez pas sans quelqu'un si vous avez besoin de quoi que ce souaîlle. Voulez-vous que je vous quitte de la lumière ?

— Non, merci. Bonsoir, Léonard.

Sans quelqu'un ! Il ignore, Léonard, que j'ai de la. compagnie. J'en préférerais peut-être une autre, maisil faut savoir se contenter de ce que l'on a.

J'ai mal fait de refuser une bougie. Tout à couppuéril, je me figure que j'aurais moins peur dans une chambre éclairée que dans l'abîme de poix où mon gardien m'a laissé. Peur? oui 1 — peur de l'Etre qui me hante et qui va peut-être me parler encore.

A peine, en effet, ai-je fermé les yeux que j'entrevois au dedans de moi quelque chose de hideux, — d'indescriptible, de vague, — mais de hideux, — et que Y envahisseur me suggère de nouveau des mots et des phrases :

— Pour surpris, tu l'es, hein? Tu n'avais jamais vu cela, un homme habité comme un fruit véreux? Tu en

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as, de ces expressions 1 Je parie que tu vas me prendre pour un diable et te faire exorciser ! Buffle î crétin 1 triste veau 1 Ce n'est pas cela qui me délogera, va ! Je lui demande mentalement :

— Eh bien, qui es-tu et que fais-tu en moi?

— Je t'expliquerai cela quand tu seras en état de me prêter quelque attention. Me comprendras-tu? Voilà la question. Mais ce soir tu es fatigué et malade. Dors ! Sans cela tu vas \^ amuser à souffrir. Oh ! ce n'est pas que je sois sensible. Je me moque un peu du bien-être ou des douleurs que tu peux éprouver. Mais tu m'exaspéreras de tes plaintes bêtes, et ce qui est bien pis, je risque de partager tes souffrances I Nous n'avons qu'un système nerveux pour deux.

— Tu m'empêcheras de dormir. Je te sens hostile et tu me gênes.

— Hostile, moi ? Parce que je te parle comme tu le mérites ? Pourquoi veux-tu que je sois ton ennemi puisque tu peux me servir à quelque chose? Dors ! je ne me mêlerai pas de tes rêves. Ils m'intéressent médiocrement.

Très pondéré, à présent, très bourgeois de ton (?) — r... Esprit dont je suis... possédé (?). — On le prendrait pour un grave professeur, mettons : un professeur de sciences psychiques, désireux simplement de faire une expérience sur un sujet. Ceci l'intéresse, cela ne l'intéresse pas ; je puis lui servir à quelque chose, — comme tournisscur de documents, parbleu ! — à cet immatériel gentleman en villégiature chez moi, — trop chez moi î

Il m'interrompt dans mes réflexions :

— Allons ! tu ratiocineras un autre jour ou une autre nuit. Dors 1 tu es abruti, ce soir. Si tu crois me divertir.

tu te trompes. Tu as bien pour l'instant la cervelle la plus em...bêtante qu'on puisse imaginer !

Il n'a pas été longtemps convenable, VEfre ! Il se montre de nouveau très mauvais genre comme dit un décrotteur de ma connaissance qui ne pourrait ajouter selon son habitude : « Il a de sales mots dans la g... bouche », puisqu'il s'agit d'un... impur esprit.

En tout cas, je ne suis plus effrayé du tout. Ce qui me semblait si horrible tout à l'heure ne m'apparaît plus que comme une légère brume, presque claire dans ces ténèbres. Je ne vois plus ces lueurs vertes et rouges qui étaient certainement des regards de... fantôme (?) perceptibles pour moi seul. UEtre s'est fatigué du trop ennuyeux spectacle de ma vie mentale et se repose à sa guise. Je vais certainement m'assoupir quand...

...un abominable vacarme éclate dans la sombre nuit lourde et chargée d'effluves électriques.

D'infernaux hurlements partent d'un point peu éloigné de notre pavillon^ — peut-être, — oui, sans doute, — du bâtiment des femmes !

Ce sont des ululements pleins d'une désespérance infinie, d'effroyables rauquements suivis de strideurs qui me vrillent les oreilles et même les os^ — qui m'entrent dans les moelles, — des miaulements qui rugissent !

Cela s'interrompt parfois, mais pour une seconde, à peine, puis cela reprend plus féroce, plus douloureux, plus endiablé. J'en ai le cœur déchiré; une sueur froide me glace; j'ai les membres comme paralysés; je crois que mes dents vont se briser les unes contre les autres, — je vais hurler, moi aussi !... quand claque sèchement le guichet par où j'aperçus pour la première fois la figure de Léonard. Un jet de lumière jaune topaze pailletée de

gemmes sanglantes éclabousse la paroi luisante qui me fait face et la voix de mon gardien s'élève, très calme et très claire dans le hour\'ari sinistre :

— Faut pas vous impressionner, m'sieur Veuly ! C'esf ces « dames d'en face » qui sentent Torage... Si j'avais pas la voiture, je donnerais pas deux sous de mon « melon », — demain ! C'qui va y avoir une rincée !

Je le savais trop, Léonard, que c'étaient ces « dames d'en face » et m.ême, depuis une minute, je croyais bien reconnaître au milieu de tous ces glapissements discordants, un petit cri plus « fin », plus « joli » que les autres, mais peut-être encore plus enragé, plus féroce, qui devait jaillir... du gosier de l'adorable « princesse ». — C'est fini, je ne pourrai plus dormir cette nuit, après ce/a : Elle aussi une hurleuse !

— Toutes, toutes sont des hurleuses ! me répond charitablement Y Etre installé en moi. Je la connais, ta bonne femme !

— Brute !

— Pas d'injures. Sais-tu comment je l'ai connue ? Peinte dans ta cervelle, mon ami, et délicieusement peinte; — d'aucune autre façon.

— Dis donc ! puisque tu as jugé à propos de reprendre l'entretien sans que je t'en sollicite, cette fois, tu vas me faire le plaisir de m'expliquer pourquoi tu m'as choisi plutôt qu'un autre pour m'assommer de tes mauvaises plaisanteries. Je serais heureux de savoir qui tu es et d'où tu viens. Tu peux me raconter cela très succinctement puisque je suis si abruti, cette nuit 1

— Oh ! la peur que tu viens de ressentir ne t'a pas rendu plus lucide, — loin de là !

— Enfin, me diras- tu ?

— Je te répète que tu n'y comprendras rien... Mais puisque tu insistes, je vais te faire une « petite conférence » très courte. Tu as besoin de te reposer, ne fût-ce que dans mon propre intérêt, — car je te l'ai déjà dit, — je risque de pâtir des maux qui peuvent affliger ta mauvaise carcasse.

— Il était fort simple de la laisser en paix, cette mauvaise carcasse !

— Ce n'est pas absolument par choix que je t'ai gratifié de ma société... Enfin, tu veux des explications?

— Je n'attends que cela.

— Ecoute alors : je serai bref. Plus tard, je te donnerai des détails ; pour le moment rien qu'une sorte de sommaire.

— Mais va donc !

— Bien. Tu sais, peut-être que ta planète de boue n'est pas le seul astre habité. Il y a des mondes supérieurs au tien, — en assez grand nombre ; d'inférieurs aussi ; — et ceux-là sont presque innombrables. Il y en a de plus heureux et de plus malheureux ; mais tout cela n'est pas arrangé d'après les idées humaines, terrestres, — comme tu voudras 1 Ainsi Tkoukra, l'étoile d'où je viens, moi, une planète plutôt, qui dépend du « système solaire » de l'astre rouge que vous nommez Aldébaran, — (oui, tu l'appelles bien Aldébaran, je vois cela en toi aussi nettement que l'idée stupide que tu t'en fais), ma planète, donc, contient une population jusqu'à un certain point semblable aux races de votre globe. Eh bien, quoique les intelligences y soient, d'une façon générale, plus avancées que sur la Terre, les gens y sont plus méchants, comme vous diriez, — les conditions de vie étant beaucoup plus tristes, rudimentaires et sauvages. Par exemple, beaucoup d'entre

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nous possèdent le don de « seconde vue », non pas inné, mais acquis par une volonté réfléchie de connaître sûrement l'avenir, du moins pour le temps de notre incarnation sur Tkoukra; en revanche, il nous est impossible de nous défendre des intempéries et de nous assurer une nourriture suflRsante, si ce n'est à certains moments épouvantables dont je me réserve de te parler quand tu seras plus habitué à moi; à présent tu me prendrais en horreur; — tu n'es pas déjà si charmé de partager avec moi ton corps ! Quoi qu'il en soit, comme — sans avoir le droit de me croire l'un des esprits les plus élevés de ma planète, j'étais suffisamment instruit, — (cette instruction pourra te paraître assez difficile à acquérir quand tu connaîtras la vie de mes anciens semblables) — suffisamment instruit, dis-je, et habile à voir à travers les espaces, — comme, d'autre part, je me méfiais des intentions du Créateur au sujet de mon Futur, car il pouvait juger bon de me faire expérimenter une autre existence encore plus misérable en même temps que plus intellectuelle, je me promis de conquérir ou de filouter un peu de bonheur relatif et transitoire, mais immédiat : ...Je connaissais télépathiquement la Terre... Il y avait, certes, bien des mondes plus beaux et meilleurs, mais quel espoir de m'y voir toléré?... Dans ces mondes, les âmes étaient trop sercinement fortes ou trop brutalement méchantes pour moi. La terre me convenait. Après mille peines, mille recherches, je parvins à dégager mon « corps astral », suivant l'expression de vos Mages, et à m'enfuir à travers l'Ether, abandonnant ma dépouille matérielle Inerte aux bises glaciales et au dur sol ingrat de mon étoile. Puisse un esprit de quelque séjour encore plus tristement affreux s'en emparer et y souffrir moins qu'en son ancienne

forme demeurée dans un astre plus inclément. — C'est le premier vœu charitable de r« Etre » de Tkoukra !

— Arrivé sur la Terre, ou pour mieux dire, quand je flottai dans l'atmosphère de votre planète, je cherchai assez longuement ce que je désirais trouver : un corps à voler — eh oui ! à voler I — car j'aurais préféré disposer à moi seul d'un organisme humain, m'y étant introduit à la faveur d'une syncope ou d'un volontaire vagabondage d'âme du possesseur. C'est ainsi que s'y prennent les esprits inférieurs que vous nommez les Élémentaires. Malheureusement, à part quelques enveloppes charnelles de très hauts brahmes ou de mages occidentaux qui m'auraient expulsé au bout de peu d'heures dès leur retour^ je ne découvris en fait d'habitacles vacants que « de la saleté »! Je suis grossier, mais juste. Me vois-tu sous la forme d'une vieille femme hystérique, anémiée, douloureuse, geignarde, vivant tout juste par habitude ou par entêtement, d'un névropathe dont le corps ne serait qu'un clavier à souffrances ou d'un valétudinaire, demain candidat à la concession perpétuelle?

« Je me résignai à partager. Or, d'un pôle à l'autre, je ne puis rencontrer, même parmi les « mabouls » comme toi, aucune âme aussi dénuée d'énergie, aussi molle, aussi loque que la tienne...

— Tu me flattes, mais tu exagères...

— Un peu. Mes recherches n'ont peut être pas duré autant que je le dis; mais au point de vue de la débilité mentale tu étais à point. Par contre, tu n'étais pas dépourvu de tout ressort physique; loin de là. Malade imaginaire, soit, mais pas invalide pour un sou. (Jolie expression financière, — entre parenthèse, — que je déniche dans tes magasins cérébraux.) Je te crois assez bon garçon et

me figure que nous pourrons nous arranger ensemble. D'ailleurs, tu es si torpide, si veule, (ton nom de Veuly, certes, est peignant et te sied bien !) — que je serai volontiers moins méchant envers toi qu'envers un autre. En voilà assez pour ce soir, n'est-ce pas? Tu sais qui je suis, d'où je viens, pourquoi j'ai /o:œ une chambre chez toi. J'ajoute que je tâcherai de déménager dès que je croirai trouver mieux. Je veux étudier la vie terrestre et en jouir le plus possible; aussi le logement que tu m'offres n'cst-il qu'un pis-aller, rien d'autre ! — Il y a donc de l'espoir pour toi. — ...Ah ! tu ne connais pas mon nom, — pourrai-je te le dire?... Oui, — en voici les « éléments sonores » dans ta boîte à musique : je m'appelle Kmôhoûn. Je t'ai déjà appris que ma planète sub-aldébaranicnne, invisible aux télescopes de ton globe, se nommait Tkoukra. — Maintenant, bonne nuit ! »

Chose incroyable, j'ai pu m'endormir en dépit des clameurs aiguës qui démolissaient, en quelque sone, les murs du « bâtiment d'en face », le transformaient en une immense cage toute hurlante dans les ténèbres. — L'affreux concert a duré longtemps, car j'ai l'impression que sa lugubre cacophonie venait me tourmenter jusqu'au fond des gouffres du sommeil.

Puis, tout à coup, c'est le matin, le petit jour gris-bleu et Léonard entre dans ma chambre, précédant François, mon gardien temporaire.

ALGRÉ les menaces d'orage d'hier soir, voici que vers sept heures, il fait un si joli temps saphir et or que j'ai envie d'aller revoir les jardins.

Je passerai devant la fenêtre de ma « princesse ». Si je puis lui dire deux mots au départ, j'en aurai le cœur fleuri pour tout le temps de ma promenade; sinon je patienterai un peu et les verdures, les parterres, les paysages du grand parc et les champs prisonniers de murailles s'embelliront de l'espoir que j'aurai de lui parler au retour.

J'ai dû rêver, cette nuit. Il n'y a pas de Kmôhoûn de Tkoukra; il ne s'est élevé aucun cri du bâtiment des femmes ou si quelques malades très fortement atteintes ont jugé à propos de donner un concert, ( — hélas oui ! j'ai encore leurs inhumaines clameurs dans les oreilles ! — ) 1:11c, du moins, n'a pas crié. J'aurai, simplement, été un peu plus fou que de coutume et me serai complu à me terroriser, à m'horrifier moi-même. Belle besogne de dément ! Et Kmôhoûn de Tkoukra ! Elle est bien bonne.

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