‹ Force et matièreChapitre 2 sur 66 · PARIS “LIBRAIRIE C. REIN WALD SCHLEICHER FRÈRES, ÉDITEURS · texte numérisé non relu

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LOUIS BÜCHNER

La loi biologique de l’hérédité, telle qu’a cherché à l'établir la science moderne, se vérifie parlois d’une façon tout à fait remarquable dans certaines failles privilégiées, Celle du professeur Louis Büchner a incontestablemeut été de ce nombre. Le père, Ernest Büchner, né à Reinheim en 1182, médecin du grand-duc de Hesse, et plus tard niembre du Conseil supérieur de médecine, était parvenu, à force de travail et de volonté, à se faire une place honorable parmi ses confrères. Avant de se fixer dans la capitale du grandduché, il avait suivi, pendant cinq ans, en qualité de chirurgien, les armées de Napoléon, auquel il avait voué un véritable culte. Il séjourna longtemps, avec les troupes de l'empereur, à Gouda, en Hollande, puis, dans les environs de Paris. De retour en Allemagne, il fut nommé médecin de l’asile d’aliénés de Hofheim, sur le Rhin. C’est là qu’en 1812, il rencontra Caroline Reuss, jeune fille de dix-huit ans, d’une grande beauté, d'un esprit remarquable, et qui était en même temps une ardente patriote allemande, qu’enflammaient les strophes belliqueuses de Schiller, de Théodore Koerner et des autres poètes excitant les populations à la guerre sainte contre l'envahisseur. Quoiqu'il fut, en politique, très éloigné de toute idée libérale, à plus forte raison démocratique, il épousa la fille du conseiller de gouvernement Reuss et cette union fut particulièrement heureuse. Il se retira avec elle à Darmstadt où il exerça la médecine jusque dans un âge très avancé.

Le docteur Büchner eut six enfants. Deux d’entre eux,

v j LOUIS BÜCHNER

Mathilde st Guillaume ne se sont pas adonnés spéc'alement à la littérature ou à la science. Celui-ci, propriétaire et directeur d'une importante fabrique de bleu d'outremer à

füngstadt, dans le grand-duché de Hesse, fut élu, en 1877,

éputé au Reichstag pour la circonscription de Darmstadt- Grosgtruu. Alexandre, un frère cadet, chassé de sa patrie à vingt ans, à la suite des événements de 1848, demanda asile à la France et a occupé pendant plus d’un quart de siècle la chaire de littérature étrangère à la Faculté des lettres de Caen. C’est un voltairien d’une rare culture et d’une érudition très étendue, un fin lettré à qui l’on doit de nombreux travaux philologiques, et des mémoires littéraires et historiques d'une valeur considérable. Louise, une sœur aînée du professeur, a consacré toute sa vie à l'éducation des femmes et à leur émancipation morale et matérielle. A part un certain nombre de romans, de nouvelles, de contes de Noël, de poésies remarquables, d'un sentiment très élevé, elle a publié plusieurs ouvrages fort estimés sur le rôle social de la femme, sur la possibilité, pour elle, de vivre dibre et indépendante, du produit de son travail, et des dissertations savamment documentées sur la question du féminisme en Allemagne et en Europe. Georges Büchner, de poète de la famille, l’auteur célèbre de « la Mort de Danton », s’engagea, sur les traces de Weidig, dans le mouvement révolutionnaire et mourut en exil à Zurich, où “ malgré sa jeunesse, il était déjà privat-docent à l’Université. Le parti social-démocratique en Allemagne l’exalte au jourd’hui encore comme un de ses principaux reprösenants. On a vu en lui le saint Jean qui a précédé le messie ‚Lassalle. Mais le précurseur l’a emporté en noblesse d'âme, en désintéressement, en dignité morale sur celui dont il annonçait la venue. Ce que le bel et orgueilleux israélite de Breslau a fait avant tout par ambition, par soif de domination, par amour du luxe et des jouissances, le jeune étudiant de Giessen l’a fait par tendresse profonde pour les malheureux et les opprimés, par commisération intense pour la classe populaire, de tout temps maltraitée dans sa hair et refoulée dans ses aspirations les plus légitimes. Son pamphlet fameux, le Messager hessois, dont le reten- Âissement fut immense et qui, après plus d’un demi-siècle,

LOUIS BÜCHNER vu

occupe encore une bonne place dans la littérature söcialiste allemande, suffirait à le prouver (1).

Frédéric-Charles-Chrétien-Louis Büchner naquit à Darmstadt le 29 mars 1824. Après avoir suivi les cours du lycée de sa ville natale, et y avoir fait des études très complètes de littérature, de poésie et d’histoire, il entra à l’école professionnelle supérieure, où il s’adonna, sans quitter l'étude. des belles-lettres, à la physique, à la chimie, à la botanique. et à la minéralogie. On conserve encore dans la famille une édilion in-12 des œuvres de Schiller où le jeune étudiant a tracé de sa main de nombreuses annotations d’histoire, de philologie et de linguistique. Au printemps de 1843, faisant sa philosophie à l’Université de Giessen, le D’ Georges Zimmermann exerça pendant quelque temps sur lui une très grande influence, qu’il parvint cependant et fort heureusement à briser, car sans cela il serait probablement resté pour longtemps, pour toujours peut-être, parmi les éLigones de l’hégélianisme. Au bout d’un an, son père: qui tenait absolument à ce que son fils fût médecin et qui avait toujours conservé une grande prédilection pour la France, l'envoya à Strasbourg, où les Büchner, du reste, avaient des parents du côté maternel. Il demeura dans là famille de l’exégète protestant Théodore Reuss et eut avec lui mainte discussion théologique, prélude des- polémiques violentes et acharnées qu’il allait soutenir par la suite contre les spiritualistes et les métaphysiciens. Il revint passer ses: examens à Giessen, au commencement de 1848 et les subit tous avec grande distinction, magna cum laude. Pendant l'été de cette année orageuse et révolutionnaira, et tout en continuant d'étudier la philologie et lesthétique avec des maîtres tels qu’Hillebrand, Adrian, Carrière et Krönlein, à publia sa dissertation inaugurale : « Contribution à la doc« trine de Hall sur l'existence d'un système nerveux excita» À

{{) « Cs pamphlet vient annoncer la vérité au pays hessois, mis. qui dit la vérité sera pendu à, ainsi débute Büchner qui bravait la persécation. Le Messager hessois avait été à l’origine quelque peu tripatouillé par Weidig, par l'addition d’une légère couche de vernis religieux, rappelant l'Athanase da fougueux teutomane catholique Goërres ou les d'un croyant de Lamennais, et qui contrastent avec l'kpreté implacabie et voulue du fond de son œuvre, qui n'a d’égale que la virulence sarcestique de la forme. Aujourd'hui, le travail a été rendu à son, originetié tremière par un érudit très informé, M. Ed. Fuchs, de Münich.

vin LOUIS BÜCHNER

moteur ». Ensuite il alla exercer la médecine dans sa ville natale. |

Giessen a été de tout temps un foyer ardent de sociétés révolutionnaires plus ou moins secrètes, selon les circonstances ; aussi Louis Büchner se mêla de bonne heure au mouvement politique de cette époque et prit une part im-

ortante et active aux tentatives de réforme qui se faisaient jour alors dans les Universités allemandes. Il fut lun des fondateurs et devint bientôt l’un des chefs de l’Allemania, ‘société d'étudiants à tendances très avancées, qui compta plusieurs centaines de membres, et où sa grande et vigoureuse éloquence le faisait aimer de tous. Lorsqu’arriva 1848 et la révolution de sévrier, qui mit en ébullition les univer- sités. tous les jeunes gens des écoles étaient républicains, voire même socialistes. Un ami de Georges Büchner, Auguste Becker, revenu de Suisse dans sa ville natale, Giessen, y rédigea un journal intitulé : ‘Der jüngste Tag (le Jugement dernier) où Louis Büchner Ecrivit des articles olitiques violents et prépara, avec son frère Alexandre, l'élection de Carl Vogt au Parlement de Francfort. 11 alla ensuite, en compagnie du rouge Becker, — der rothe Becker, — à Francfort, d’où il envoya le compte-rendu des séances de l’Assemblée qu’Alexandre. publiait dans Der jüngste Tag. Ces jeunes démocrates organisèrent même une espèce de garde nationale, armée de vieux fusils de chasse et de piques rouillées, dont Louis Büchner fut le commandant. Le capitaine improvisé collabora aussi à la Neue deutsche Zeitung qui paraissait à Darmstadt sous la direction du D’ Otto Luning et fit partie de toutes les manifestations politiques, jusqu'à ce que la défaite de l’insurrection dans le duché de Bade eût mis fin, pour longtemps en Allemagne, à toute agitation révolutionnaire, Il échappa toutefois aux persécutions qui atteignirent ses amis parce que, vers la même époque, il entreprit un voyage à Wurzbourg et à Vienne pour compléter ses études médicales. Vingt ans après, se souvenant des luttes de son orageuse jeunesse, il rentra une fois encore dans l'arène politique et devint membre de l’Association internationale des Travailleurs. Il prit part, en qualité de délégué des ouvriers de Darmstadt, au congrès de Lausanne de cette association,

LOUIS BÜCHNER . IR

en septembre 1867, et ce fut sur sa proposition, appuyée par MM Chemalé, De Paepe, Eccarius, Tolain, Coullery et quelques autres que le congrès décida à l’unanimité d’adhérer pleinement et entièrement au congrès de la Paix (réuni à la même époque à Genève), de le soutenir énergie quement et de participer à tout ce qu'il pourrai entreprendre pour réaliser l’abolition des armées permanentes et le maintien de la paix, dans le but d'arriver le plus promptement possible à l'émancipation de la classe ouvrière et à son affranchissement du pouvoir et de l'influence du capital, ainsi qu’à la formation d’une confédération d'Etats libres dans toute l’Europe.

A Würzbourg, Büchner s’attacha spécialement à Virchow, dont la réputation scientifique était déjà grande et dont l'influence détermina la marche que le jeune savant allait suivre dans ses études médico-philosophiques. A son retour de Vienne, où les célébrités médicales de l'Autriche l'avaient reçu avec la plus grande bienveillance, il se livra à la pratique de son art sous la direction de son père, qui le fit travailler dans son laboratoire, riche en préparations anatomiques, jusqu'à ce qu'il fut nommé médecin-adjoint et privat-docent à la clinique médicale de Tubingue dirigée pa l'illustre Rapp. Il y resta trois ans et publia, en dehors de mémoires relatifs à ses occupations professions nelles, de nombreux travaux, spécialement de médecine légale. Il se préparait ainsi peu à peu au professorat universitaire, et ıl eüt certainement brill& d’un vif éclat dans la carrière de l’enseignement supérieur, lorsque le célèbre ouvrage de Moleschott : La circulation de la vie lui donna l'idée de son livre : Force et matière, études de philosophie naturelle et expérimentaie, Ce livre, qui bat impitoyablement en brèche la conception théologico-métaphysique du système du monde, valut à son auteur une célébrité euro-

éenne, mais provoqua en même temps une telle levée de ouclie.3 de la part de la réaction que les autorités académiques enlevèrent à l’audacieux iconoclaste le droit d’en« seigner à l’avenir. Il fallait une audace peu ordinaire, a dit plus tard le D' Büchner lui-même (1), pour se présenter

(1) Aus Natur und Wissenschaft, p. 409

x LOUIS BÜCHNER

en quelque sorte comme un ordonnateur et un juge, et en reintroduisant une methode d’observation philosophique dans les sciences naturelles, arriver à des résultats importants et conciliants. La contradiction des savants spécialistes, le mépris et les sarcasmes des marchands de détail scientifiques ne pouvaient pas tarder à venir ; mais le temps a triomphé de ces résistances et rendu pleinement justice à cette audace. Comme délivré d'un lien, l'esprit philosophique reprit de nouveau son vol et reparut peu à peu dans presque tous les domaines des sciences empiriques et sous ce rapport le succès est actuellement un succès com-

let. En s’appuyant sur la théorie du développement si

ongtemps oubliée et méprisée, les sciences naturelles ‘avancent dès maintenant dans la direction d’une voie nouvelle et brillante et vers leur véritable destinée, qui est d’être les libératrices spirituelles de l'humanité.

Certes, l’auteur de Force et Matière n'élève pas la moindre prétention à avoir amené cet important résultat à lui tout seul ; d’autres circonstances et des travaux scientifiques de la plus grande valeur ont fourni leur part de collaboration. Mais dans tous les cas, c’est lui qui le premier a donné une impulsion vigoureuse et systématique. Tout ce qui a été produit avant lui dans cette direction, c’&taient plutôt des assertions isolées et occasionnelles, ou bien des allusions, des indications fournies par quelques savants isolés, qui provoquaient parfois une sensation considérable, mais passagère. La voie ne fut aplanie que par Force et Matière; la lutte fut alors ouverte:ds tells façon que l'on y vit prendre part le monde savant et le monde profane et qu'elle ne pouvait plus cesser sans avoir produit un résultat positif. Aussi est-ce dans ce sens que l'on peut et que l’on doit appeler Force et Matière un ouvrage qui réellement fait époque ; ce livre devra être et sera cité et ” discuté dans l’histoire des sciences, aussi longtemps qu'en général il existera une telle histoire. |

Le matérialisme de Büchner fut longtemps présenté au monde, par la réaction philosophique, sous les plus sombres Couleurs. L'homme, disait-on, ne valait pas plus que son œuvre. On dut finir cependant par rendre justice à l’un et à l’autre. « Cette négation accentuée, dit

LOUIS BÜCHNER x

Lange (1), n'est aucunement le produit d'une intelligence sèche et purement critique : elle procède bien plutôt d’um: enthousiasme fanatique pour le progrès de l’humanité,; our la victoire du vrai et du beau. Büchner est né idéaiste. IL appartient à une famille richement douée du côté de la poésie. Lui-même, comparable en cela à La Mettrie,, se distingua comme élève par ses études littéraires, philosophiques, poétiques, et par l'éclat de son style. Plus sérieux et plus solide que La Mettrie, il appliqua ensuite son talent riche et multiple soit à dos recherches scientifiques, soit à la vulgarisation, par la parole et par les écrits, des résultats acquis de nos jours par les sciences physiques. Dans tout le cours de son activité, il ne perdit Jamais de vue les rapports de ses études avec les grands problèmes que l’humauité, dans sa marche progressive, a le devoir de résoudre ».

La fonction sociale de Büchner a bien été réellement celle d'un émancipateur spirituel de l’humanité. Partout où il a exercé sa prestigieuse autorité, dans les nombreux ouvrages qu'il a publiés, dans les conférences publiques qu'il a faites en Europe et en Amérique, dans les associations de libre-pensée qu'il a fondées ou dirigées, et dans les congrès du socialisme international aux travaux desquels il a pris part, il a toujours vaillamment fait son devoir d’apötre du progrès et des idées nouvelles. Mais de semblables dévouements, surtout aux heures tristes de réaction, se paient chèrement. Aussi, Louis Büchner n'eut plus jawais de chaire universitaire, et son titre de proiesseur ne fut qu'une distinction purement honorifique que lui conféra, sur le tard, la cour de Saxe-Cobourg-Gotha. I n’enseigna pas officiellement, mais Force et Matière n’en ft pas moins le tour du monde. L'ouvrage a été traduit en treize langues différentes, en anglais, en français, en italien, eh espagnol, en hongrois, en polonais, en suédois, en hollandais, en grec, en russe, en danois, en arménien, en roumain, et toutes ces traductions ont eu de nombreux tirages. et des millions de lecteurs. Beaucoup de ses autres livres, pour n'avoir pas eu une semblable bonne fortane,

(1) A. Lanan. Histoire du matérialisme, t. II, p. 113.

zu LOUIS BÜCHNER

ont été traduits également dans plusieurs langues et répandus à un très grand nombre d'exemplaires,

‘Le professeur Büchner épousa, en 1860, M'* Sophie Thomas, fille d’un écrivain et savant de Francfort. Ellemême fort instruite, elle avait un sens très affiné pour tout ce qui est beau dans la vie. Elle sut faire de sa maison hospitalière le rendez-vous aimé de tous les esprits libres, indépendants et cultivés qui venaient, de partout, rendre hommage à la science de son illustre époux. Il mourut, chargé d’ans et d’honneurs, en 1899, ainsi qu'il avait vécu, en philosophe affranchi de toutes les vieilles superstitions, laissant à ses enfants, avee un nom glorieusement porté, l'exemple de toutes les vertus humaines. e ©

Nous donnons ci-dessous une nomenclature aussi complète que possible des ouvrages de Büchner.

Beiträge zur Hall’schen Lehre von einem exoito-motorischen Nerven-System. Inaugural Abhandlung.

In-8°, 36 p., Giessen, 1848.

Nachgelassene Schriften von Georg Büchner. -Biographie G.B’s von Ludwig Büchner.

In-16, 310 p., Frankfurt am Mein, J.-D. Sauerländer, 1850.

Das Od. Eine wissenschaftliche Skizze.

In-8°, 48 p., Darmstadt, Diehl, 1854.

Kraft und Stoff. Empirisch-philosophische Studien. Ia a mein-verständlicher Darstellung. u + In-8°, zvı-269 p., Frankfurt am Mein, Meidinger, 1855.

Kraft und Stoff. Empirisch-philosophische Studien. In allgemein-verständlicher Darstellung. 2t Auflage.

. In-8°, vıu-296 p., Frankfurt am Mein, Meidinger, 1886.

Natar und Geist. Gespräche zweier Freunde über den Materia- Jismus und über die real-philosophischen Fragen der Gegenwart. 4ster Band (Makrokosmos).

“ In-8°, xıv-300 p., Frankfurt am Mein, Meidinger, 1851.

„ Kraft und Stoff. Empirisch-philosophische Studien. In allgemeinverständlicher Darstellung. 3% verm. und mit einem 3a Vorwort

vers. Aufl. ‘' :

In-8°, Lxxıvı-267 p., Frankfurt am Mein, Meidinger, 1887.

LOUIS BÜCHNER zur

Physiologisch6 Bilder. 4. Band.

In-8°, vıı-&44 p., Leipzig, Thomas, 1861.

Aus Natur und Wissenschaft. Studien, Kritiken, und Abhandlungen. ' In-8°, vır364 p., Leipzig, Thomas, 1862.

Kraft und Stoff. 7% verm. und verb. und mit zahlreichen Anmerkungen verseh. Aufl. | In-8°, Lv-282 p., Leipzig, Thomas, 1862.

Force et Matière, Etudes philosophiques et empiriques de sciences naturelles, mises à la portée de tout le monde. Ouvrage traduit de Pallem. d’après la 7° &dit., avec l'approbation de l'auteur, par L.-F. Gamper. |

In-8°, 21-26 p., Leipzig, Thomas, 1863.

Kraft und Stoff. 8%, verm. und verb., mit einem vierten Vorwort und einen Anhang verseb. Aufl.; mit Bildniss und Biographie des Verfassers. |

In-8°, ıxxıx-267 p., Leipzig, Thomas, 1864.

Force et Matière. Etudes populaires d'histoire et de philosophie naturelles. Trad. de l’allem., avec l’approbation de l’auteur. 2° édit, revue par A. Grosclaude,

Leipzig, Thomas, 1965.

Natur dnd Geist. Gespräche zweier Freunde über den Materialismus und über die real-philosophischen Fragen der Gegenwart. In allgemein-verständlicher Form. 2% verb. Aufl.

In-8°, xn-302 p., Hamm, Grote, 1865.

Soience et Nature. Essais de philosophie et de science naturelle, Traduit de l’sllemand par Auguste Delondre, In-18, Paris, @. Baillière, 1866.

Kraft und Stoff, Empirisch-philosophische Studien. 9» Auf. xa- 207 p., Leipzig, Thomas, 1867.

Bechs Vorlesungen äber die Derwin'sche Theorie von der Verwandiung der Arten und die erste Entstehung der Organismenwelt, sowie über die Anwendung der Umwandlungstheorie auf den Yensohen, das Verhältniss dieser Theorie sur Lehre vom Fortschritt a. én Zusayumonhang derselben mit der matorialistischen Plile-

uiv LOUIS BÜCHNER

sophie der Vergangenheit u. Gegenwart. In allgemein verständliche Darstellung. 1. u. 2. Aufl.

vı-400 p., Leipzig, Thomas, 1868. n

Aus Natur and Wissenschaft. Studien, Kritiken, Abhandlungen. - 2te verm. und verb. Aufl.

In-8°, vııı-427 p., Leipzig, Thomas, 1869.

Force ot Matière. 3° édit., revue et augmentée d'après la 9e Edit, all. Traduction nouvelle. , In-8°, 363 p., Leipzig, Thomas, 1869.

Conférences sur la théorie darwinienne de la transmutation der espèces et de l'apparition du monde organique. Application de cette théorie à l'homme. Ses rapports avec la théorie du progrès et avec la philosophie matérialiste du présent et du passé. Traduit de l’alle mand d'après la 2° édition par Aug. Jacquot. .

In-8°, xvı-281 p., Leipzig, Thomas; Paris, C. Reinwald, 1869.

Kraft und Stoff. Empirisch-philosophische Stadien. 10te Aufl. In-#, cvn-278 p., Leipzig, Thomas, 1869. |

Die Stellung der Menschen in der Natur, in Vergangenheit, G+genwart und Zukunft, oder : Woher kommen wir? Wer sind wir! Wohin gehen wir? Allgemein verständlicher Text mit zahlreichen

wissenschaftlichen Erlaüterungen und Anmerkungen (3 Liefgn.).

In-8°, xıı-160; xvı-178; xvi-xx-172 p. Leipzig, Thomas, 1870.

Kraft und Stoff. Empirisch-philosophische Studien 11te verm. und verb., mit sechs Vorworten verseh. Aufl.; Bildniss und Biographie des Verfassers.

In-8°, cxv-279 p., Leipzig, Thomas, 1870.

L’homme selon la science. Son passé, son présent, son avenir, ou : D'où venons-nous? Qui sommes-nous ? Où allons-nous? Expost trös simple, suivi d’un grand nombre d’eclaircissements et de re - marques scientifiques. Traduit de l'allemand par le D' Ch. Letourneau.

In-8°, 438 p. et Ag., Paris, C. Reinwald, 1870-1872.

Sechs Vorlesungen über die Darwin'sche'Theorie. 3 vermehrte Aul

In-8°, vıır-414 p., Leipzig, Thomas, 1872.

Physiologische Blätter. I. Band. 2t verm. und verb. Auf.

In-8°, v-428 p., Leipzig, Thomas, 1812,

LOUIS BÜCHNER AY

Der Mensch und seine Stellung. 2te verm. Aufl. In-8°, xıı-&70 p., Leipzig, Thomas, 1872.

Ans Natur und Wissenschaft. 3te verm. und verb. Auf, In-8°, ıx-486 p., Leipzig, Thomas, 187%.

Natur und Geist. 3te verb. Aufl.

In-8°, vın-306 p., Halle, Gesenius, 1874.

Kraft und Stoff. 13te verm. und verb. mit sechs Vorworten verseh. Aufl.

In-8°, cxx-200 p., Leipzig, Thomas, 1874.

Der Gottes-begriff und dessen Bedeutung in! der Gegenwart. — Ein allgem.-verständlicher Vortag. 2te sehr vorm. Aufl. In-8°, 60 p. Leipzig, Thomas, 187%.

Physiologische Blätter. II. Band.

In-8°, 444 P-» Leipzig, Thomas, 1875.

Force et Matière. Etudes populaires d’histoire et de philosophie naturelles. 5° édit., revue et augmentée par l'auteur même d'après la 13° édit. all. Avec portrait et biographie de l’auteur.

In-8°, xu-385 p., Leipzig, Thomas, 1876.

Kraft und Stoff. i4te sehr verm. und mit Hülfe der neuesten Forschungen ergänzte Auflage. Mit Bildniss u. Biographie des Verfassers.

In-8°, cxxı- 357 P., Leipzig, Thomas, 1876.

Die Darwing’ sche Theorie von der Entstehung und Umwandlung der Lebe-Welt. Ihre Anwendung auf den Menschen, ihr Verhältniss zur Lehre vom Fortschritt und ihr Zusammenhang mit der materialistischen oder Einheits-philosophie der Vergangenheit u. Gegenwart. In sechs Vorlesungen, allgem.-verständlich dargestellt. 4 verb. und mit Hülfe der neuesten Forschungen ergänzte Aufl.

In-8°, viu-448 p., Leipzig, Thomas, 1876.

Aus dem Geistesleben der Thiere oder Staaten und Thaten der Kleinen. 3to bedeutend verm. Aufl.

In-8°, xıv-403 p., Leipzig, Thomas, 1880.

La vie psychique des bötes. Ouvrage traduit de l'allemand par le Dr Ch. Letourneau.

M-8°, xvi-500 p., Paris, C. Reinwald, 1881.

avi LOUIS BÜCHNER

Liebe und Liebes-Leben in der Thierwelt. In Allgemeiner Venin für d. Literatur.

6t° Serie, 4. Band. Berlin, A. Hoffmann, 1881-1882.

Die Macht der Vererbung und ihr Einfluss auf den moralisehen ui geistigen Fortschritt der Menschheit.

In-8°, ıv-106, Leipzig, KE. Gunther, 1882.

Lioht und Leben. Drei allgemein verständliche naturwissenschaft liche Vorträge, als Beitrag zur Theorie der natürlichen Weitord nung. In-8°, xu-376 p., Leipzig, Thomas, 1882.

Lumière et Vie. Trois leçons populaires d’histoire naturelle sur le soleil dans ses rapports avec la vie, sur la circulation des force et la fin du monde, sur la philosophie de la génération. Traduit de l'allemand par Ch. Letourneau.

In-8°, xı-327 p. u. ızıp., Leipzig, Thomas; Paris, C. Reinwald, 188.

Nature et Soienoe. Etudes, critiques et mémoircs. Traduit sur la 3° édition allemande par le D’ Gustave Lauth (de Strasbourg). In-8°, vin-624 p., Paris, G. Bailliere, 1882.

Nature et Science. Etudes, critiques et mémoires, mis à la por tée de tous.’ Deuxième volume. Traduit de l'allemand par le D'Gur tave Lauth (de Strasbourg). | |

In-8°, 412 p., Paris, C. Reinwald, 1883.

Kraft und Stoff. Erapirisch-philosophische Studien.15te vollständig amgearbeitete und durch fünf neue Capitel vermehrte Auflage. Mi (stahlstich) Bildniss und Biographie des Verfassers.

In-8° xxxıx-539 p., Leipzig, Thomas, 1883.

Fünf Vorreden zu « Kraft und Stoff ». Separat-Abdrück. In-8°, 407 p. Leipzig, Thomas, 1883.

Aus Natur und Wissenschaft und Entgegnungen. 2, Band, In-8°, x-434 p., Leipzig, Thomas, 1884.

Force et matière. 18° édit. allem., entièrement refondue et atg mentée de cinq nouveaux chapitres, trad. avec l’approb. de l’aw teur, par A. Regnard. 6° édit. fr. avec un portrait et une biogrphie de l’auteur et une introduction du traducteur.

.In- 8, zaı- -b40 p., Leipzig, Thomas, 1884.

Force and Matter, or Principles of the naturel order of the ui verse, with a system of morality based thereon. A popular exposi-

LOUIS BÜCHNER kvu

ion. Newiy translated from the 15th german edition, enlarged and revised by the author. With portrait (steel-engraving) and biography.

sh english edition, in-8°, xxx-512 p., Leipzig, Thomas, 1884.

Der Fortschritt in Natur u. Geschichte im Liohte der Darwin'schen Theorie. Ein Vortrag.

In-8°, vı-38 p., Sutigart, Schweizerbart, 1884.

Der noue Hamlet. Poësie und Prosa aus den Papieren eines vertorbenen Pessimisten.

In-8e, xv-196 p., Giessen, E. Roth, 1883.

Liebe und Liebes-Leben in der Thierwelt. 2te sehr vermehrte Auflage, In-8°, vni-400 p., Leipzig, Thomas, 1885.

Physiologische Bilder. 1. Band, 3te Aufl.

In-8°, 11-432 p., Leipzig, Thomas, 1886.

Uber religiöse und wissenschaftliche Weltanschauung. Ein histoisch-kritischer Versuch.

In-8°, in-75 p., Leipzig, Thomas, 1887.

Thatsachen und Theorien aus dem naturwissenschaftlichen Leben ler Gegenwart. ite und 2te Aufl.

In-8°, v-361 p., Berlin, Allg. Verein für d. Literatur, 1887.

Kraft und Stoff. Empirisch-philosophische Studien. 16% vers mebrte Aufl.

In-8° xxv-512 p., Leipzig, Thomas, 1888.

Der Mensoh und seine Stellung. 3te umgearb. Aufl.

In-8°, xrı-276 p., und Anmerkungen, 178 p., Leipzig, Thomas, 1889)

Das künftige Leben und die moderne Wissenschaft, — Zehm Briefe an einer Freundin. 1. und 2. Aufl.

In-8°, m-451 p., Leipzig, Spohr, 1889.

Die Darwin’sche Theorie von der Entstehung. 5% verm. Auf

In-8, vmi-392 p., Leipzig Thomas, 1890.

Zwei gekrönte Freidenker. Ein Bild aus der Vergangenheit ds Spiegel für die Gegenwart,

In-8° 410 p., Leipzig, Thomas, 1890.

Fremdes und Eigenes aus dera geistigen Leben der Smart, In-8°, 1v-397 p., Leipzig, Spohr, 1890.

xvin LOUIS BÜCHNER

Das goldene Zeitalter oder das Leben vor der Geschiohle nebst einen Anhang : das Kultur-metall der Zukunft. 2te Aufl,

In-8°, x-352 p., Berlin, Verein für d. Lit., 1891.

Kraft und Stoff. 17t° verm. und verb. Aufl.

In-8°, xix-805 p., Leipzig, Thomas, 1892.

Das Buch vom langem Leben oder die Lehre von der Dauer und Erhaltung des 'Lebens (Makrobiotik). Nach den wissenschaftlichen Prinzipien der Neuzeit allgemein-verständlich dargestellt.

In-8°, xvı-288 p., Leipzig, Spohr, 1892.

Fremdes und Eigenes aus dem geistigen Leben der Gegenwart, 2te Aufl., ı-397 p., Leipzig (Spohr), E. Fiedler, 1893.

Kraft und Stoff. 48% billige, vollständig neugearb. Volksausgabe.

In-8°, xv-301 p., Leipzig, Thomas, 1894.

Darwinismus und Sozialismus oder der Kampf um das Dasein und die moderne Gesellschaft.

In-8°, 72 p., Leipzig, E. Gunther, 1894.

Keine Begegnung mit Ferdinand Lassalle. Ein Beitrag zur Geschichte der sozialdemokratischen Bewegung i in Deutschland. Nebst fünf Briefe Lassalle's.

In-8°, ıv-38 p., Berlin, A. Hertz u. H. Sussenguth, 1894.

Aus dem Geistesleben der Thiere oder Staaten und Thaten der Kleinen. 4te verb. Aufl.

In-8°, xvı-408 p., Leipzig, Thomas, 1895.

Théorie de l’ondulation universelle. Essais sur l’évolution, par Basile Conta. Avec une lettre-préface par le D' Louis Büchner.

In-8°, 210 p., Paris, 1895. -.

Licht und Leben. 2t Aufl. ar

In-8°, vıı-306 p., u. Lxx p., Leipzig, Thomas, 1895.

Gott und die Wissenschaft. 3te ganz umgearb. Aufl. der Schrift;

der Gottesbegriff und dessen Bedeutung in der Gegenwart. - In-8e, 81 p., Leipzig, Thomas, 1897.

Am Sterbelager des Jahrhunderts. Blicke eines freien Denkers aus der Zeit in die Zeit Mit Portrait und Facsimile des Verfassers.

In-8°, ı1-372 p., Giessen, E. Roth, 1898.

Kraft und Stoff. 19t d. Aufl. en

In-8°, xxıx-511 p., Leipzig, Thomas, 1898, :—.

LOUIS BÜCHNER xIx

Im Dienste der Wahrheit. Ausgewählte Aufsätze aus Natur und Wissenschaft, mit Biographie des Verf. von Alexander Büchner, und einer Handschrift-Facsimile.

In-8° xxxır-468 p., Giessen E. Roth, 1899.

Das Tagebuch eines zum Tode verurtheilten. Mit einer Einleitung über die Todesstrafe von Ludwig Büchner.

In-8°, ıv-153 p., Beriin, G. Düncker, 1898.

Die soziale Frage. ; In-8°, 16 p., Berlin, H. Walther, 1899.

Am Sterbelager des Jahrhunderts. 2 vom Verf. durchgeseh. und ergänzte Aufl.

In-8°, 111-370 P Giessen, E. Roth, 1900,

À l'aurore du siècle. Coup d'œil d’un penseur sur le passé et l'avenir. Version française par le D’ L. Laloy. In 8e, 155 p., Paris, Schleicher frères, 1901.

Kaleidoscop. Skizzen und Aufsätze aus Natur und Menschenle- %en. Mit Vorwort zur Geschichte der volksthümliche Naturforschung von W. Bölsche.

In-8e, ıv-.xxxır-07 p., Giessen, E. Roth, 1901.

Kraft und Stoff. Empirish-philosophische Studien, 2te wohlfeile Aufl.

In-8°, xv-290 p., Leipzig, Thomas, 1902.

Force et Matière. 8 édition franchise traduite sur la 47° édition allemande. Notice bio-bibliographique par Victor Dave. In-8°, xx-328 p., Paris, Schleicher frères, 1905.

Cette Bibliographie, arrangée chronologiquement, ne mentionne que les ouvrages publiés en Allemagne et en France. L’indication des traductions, dans les autres langues, aurait pris une place trop considérable. Les éditions successives des mêmes ouvrages n'ont été données que pour autant que l'auteur leur a fait subir des modifications importantes.

| Vıoror DAVE.

Paris, avril 1905, |

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