LA MONTÉE AUX CHANTIERS
Il y a de cela déjà longtemps : les fêles étaient passées ; l'Eglise avait redit ses No'éls si beaux et si touchants ; les jeunes gens de la paroisse avaient, au jour de l'an, fait la quête des pauvres par les maisons, en chantant La Ignolée, (1) que
(I) Ce mot La Ignolèe désigne à la fois une coutume et une chanson : apportées de France par nos ancêtres, elles sont aujourd'hui presqu'entièrement tombées dans l'oubli.
Cette coutume consistait à faire par les maisons, la veille du jour de l'an, une quête pour les pauvres (dans quelques endroits on recueillait de la cire pour les cierges des autels), en chantant un refrain qui variait selon les localités, refrain dans lequel entrait le mot La Ignolée, guillonée, la guillona, aguilonleu, suivant les dialectes des diverses provinces de France où cette coutume s'était conservée des anciennes mœurs gauloises.
M. Ampère, rapporteur du Coniilé de la langue de l'histoire et des arts de la France, etc., a dit, au sujet de cette chanson : <■ Un refrain peut-être la seule trace de souvenirs qui remontent ^' à l'époque druidique."
Il ne peut y avoir de doute sur le fait que cette coutume et ce refrain aient pour coutume première la cueillette du gui.
j'entendis alors probablement pour la dernière fois ; les sonbaits de bonne année étaient terminés ;... la besogne ne m'accablait pas, je résolus d'aller visiter les cbantiers à bois d'une de nos grandes rivières du bas du fleuve.
Je me joignis donc à des conducteurs de voitures, chargés d'aller porter des approvisionnements à l'un de ces établissements. Notre petite caravane se composait d'une vingtaine de traîneaux, portant des balles de foin pressé, des barils de lard, de farine, de mêlasse, de poisson» des sacs d'avoine, du sucre, du tbé et d'autres articles de consommation qu'on expédie, pendant
sur les chênes des forêts sacrées, et le cri de réjouissance que poussaient les prêtres de la Gaule Druidique': Au gui Van neuf, quand la plante bénie tombait sous la faucille d'or des druides.
Dans nos campagnes c'était toujours une quête pour le» pauvres qu'on faisait, dans laquelle la pièce de choix était un morceau de l'échiné du porc, avec la queue y tenant, qu'on appelait Véchignée ou la chignée. Les enfants criaient à l'avance^ en précédant le cortège : La Jgnolée qui vient 1 On préparait alors sur une table une collation pour ceux qui voulaient ea proliter et les dons pour les pauvres.
Les Ignoleux, arrivés à une maison, battaient devant la porte avec de longs bâtons la mesure en chantant : jamais ils ne pénétraient dans le logis avant que le maître ou la maîtresse de la maison, ou leurs représentants, ne vinssent en grande cérémonie leur ouvrir la porte et les inviter à entrer. On prenait quelque chose, on recevait les dons, dans une poche qu'on allait vider ensuite dans une voilure qui suivait la troupe ; puis on s'acheminait vers une autre maison, escortés de tous les enfants et de tous les chiens du voisinage, tant la joie était grande.... et générale I
Voici la chanson de La Ignolée, telle qu'on la chantait encorei
tout l'hiver, pour les hommes et les chevaux employés dans cette industrie.
Le départ avait lieu dans l'après-midi ; car nous allions coucher dans les dernières concessions de la paroisse, sur les confins de la forêt, afin de pouvoir arriver, dans la journée du lendemain, au but de notre destination.
Plusieurs jeunes gens des chantiers, qui
en Canada, il y a quelques années, dans les paroisses du bas 'du fleuve :
Bonjour le maître et la maîtresse Et tous les gens de la maison, Nous avons fait une promesse De v'nir vous voir une fois l'an.
Une fois l'an ce n'est pas grand'chose Qu'un petit morceau de chignée.
Un petit morceau de chignée,
Si vous voulez.
Si vous voulez rien nous donner,
Dites nous lé.
Nous prendrons la fille aînée, Nous y ferons chauffer les pieds 1
La Ignolée 1 La Ignoloche !
Pour mettre du lard dans ma poche I
Nous ne demandons pas grand'chose
Pour l'arrivée.
Vingt-cinq ou trente pieds de chignée,
Si vous voulez.
Nous sommes cinq ou six bons drôles.
Et si notre chant n'vons plait pas Nous ferons du feu dans les bois,
Etant à l'ombre.
On entendra chanter l'coucou
Et la Goulombe !
Le christianisme avait accepté la coutume druidique en la
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n'avaient pas voulu passer les fêtes dans les bois, devaient nous rejoindre de grand matin, pour faire route avec nous et charmer ainsi les heures et les fatigues du voyage.
Nous nous distribuâmes dans les maisons voisines de l'entrée du chemin des bois, nous arrangeant de notre mieux pour passer la nuit sans trop gêner nos hôtes, dont l'hospitalité était telle qu'on se fût volontiers privé de tout pour ajouter à notre bien-être.
A l'heure convenue du lendemain, nous vîmes arriver nos jeunes compagnons de route. Ils venaient piquant au plus court, à travers la neige des champs, montés sur leurs raquettes. Ils chantaient, sur un air aussi dégagé que leur allure de voltige, le gai refrain des bûcherons canadiens :
Voici l'hiver arrivé,
Les rivières sont gelées,
C'est le temps d'aller au bois
Manger du lard et des pois !
Dans les chantiers nous hivernerons !
Dans les chantiers nous hivernerons !
Je serais bien empêché, ami lecteur, de vous
sanctifiant par la charité, comme il avait laissé subsister les menhirs en les couronnant d une croix. Il est probable que ces vers étranges,
Nous prendrons la fille ainée, Nous y ferons chauffer les pieds !
sont un reste d'allusions aux sacrifices humains de l'ancien culte gaulois. Cela rappelle le chant de Velléda dans les Martyrs de Chateaubriand :— " Tentâtes veut du sang... au premier «'jour du siècle Il a parlé dans le chêne des druides I"
donner les antres couplets de cette chanson, attendu que, sauf ce prélude obligé et le couplet de fin finale que je vais incessamment vous faire connaître, tout le reste s'improvise pour répondre aux besoins des circonstances.
Il est cependant une stance qu'on chante presque toujours pour clôture de la saison des chantiers ; mais celle-ci sur un ton quelque peu ennuyé, avec une apparence affectée de fatigue ; la voici :
Quand ça vient sur le printemps,
Chacun craint le mauvais temps ;
On est fatigué du pain,
Pour du lard on n'en a point.
Dans les chantiers, ah 1 n'hivernons plus ! Dans les chantiers, ah 1 n'hivernons plus 1
Le chemin dans lequel nous allions nous engager était bien battu, comme le sont forcément tous les chemins de chantiers (1) en activité. Il y avait, au départ, une longue suite de montées assez raides, que les chevaux chargés ne franchissaient qu'en tirant à plein collier et par reposades.
Il faisait beau : les jeunes gens et moi, qui n'avions pas de voitures à conduire, déposâmes nos capots et nos raquettes sur les charges des traîneaux et prîmes les devants.
(1) Le mot chantier a diverses acceptions : c'est ainsi qu'il signifie quelquefois l'ensemble d'un établissement, ou l'industrie de l'exploitation des bois elle-même ; quelquefois le logement des ouvriers. C'est de cette dernière acception que les anglais font usage dans le mot'shanty (corruption de chantier), par lequel ils désignent une butte de colon.
J'avais du plaisir à écouter les lazzis de mes ^compagnons de route, et à prendre ma part de leur bonne et franche gaieté. Je notais de plus, avec intérêt, toutes les empreintes laissées sur la neige, aux bords du chemin, par les habitants de ces bois giboyeux.
C'est quelque chose de vraiment curieux que d'étudier toutes ces pistes, et de suivre, par l'imagination, dans leurs courses, leurs chasses et leurs ébats, ces animaux petits et grands de la forêt.
Ici les lièvres peureux ont sauté toute la nuit ; là une perdrix a dormi dans la neige ; il vous semble la voir s'y blottir, s'arranger dans sa couverture blanche, pour ne laisser sortir que sa tête de son lit mollet. Ailleurs se montre la piste régulière d'un coquin de renard, puis celle d'un vagabond de loup-cervier.
Et ainsi de suite, à mesure que vous avancez : — une glissée de loutre dans le voisinage d'un petit lac ; la trace profonde d'un orignal, ou l'empreinte plus large mais plus superficielle d'un caribou ; autour des arbres le trotte menu timide des souris des bois, ou la marque de la patte soyeuse mais perfide d'une marte.
Enfin toute une histoire, tantôt joyeuse, tantôt lugubre : des fêtes, des festins, des embûches, des luttes sanglanf.'^.s : un drame réel est écrit sur les blanches pages qui se déroulent devant vous !
Ce lisant ainsi sur la neige, nous arrivâmes au haut des montées, où nous fîmes halte et d'où
les voitures ne tardèrent pas longtemps à se faire voir, gravissant la dernière côte au bruit joyeux des nombreux grelots fixés aux attelages.
Comme les caravanes des déserts de l'Afrique, comme celles des prairies de l'Ouest de l'Amérique, ces conduites de voitures de chantiers ont leur physionomie pittoresque et leurs allures propres, quand elles glissent sur cette longue traînée que forme un chemin d'hiver à travers la forêt primitive.
Lorsque les charretiers nous rejoignirent, un. grand feu, allumé par nos jeunes gens, brûlait au bord du chemin. On ne s'arrête guère dans les bois sans allumer du feu, et personne n'est plus ami du feu que le Canadien, qui a pour proverbe : Bon feu, bonne mine, c est la moitié de la vie !
Pendant que les chevaux reprenaient haleine, les hommes babillaient et fumaient autour du brasier.
Devant nous le terrain s'inclinait par une pente longue et douce, c'était la contre-partie des côtes que nous venions de gravir ; les chevaux descendaient cette rampe au trot, presque sans efforts, et pouvaient, par conséquent, souffrir le poids des hommes en sus de leur charge ; aussi, devions-nous tous monter sur les traîneaux, ou, pour être dans le vrai, embarquer sur les charges, comme me dirent nos gens, dignes descendants des marins embarqués à Saint-Malo, : à LaRochelle ou à Dieppe, pour venir en Canada. >;
Quand le chef de brigade donna le signal du
départ, chacun endossa son capot, pour ne pas refroidir, et nous jetant en travers des balles de foin et des sacs d'avoine, deux par deux, tant qu'il y en eut, nous commençâmes à glisser sur le plan incliné de notre chemin.
Puis, tantôt marchant, tantôt traînant, nous allions, qui chantant, qui songeant, qui conversant à tue-tête d'un bout à l'autre du convoi, et admirant comment est grande et belle la Forêt Canadienne !
Oh ! vous qui ne l'avez pas vue, allez voir la forêt. Allez la voir surtout quand elle est drapée dans son manteau de neige. Allez voir s'élever, à travers les arbres séculaires, la fumée du campement et prendre, à la suite d'une journée de fatigues et de plaisir, votre part d'un bon lit de sapin !
Sur le midi nous arrivâmes à un carap (1) où nous devions nous arrêter, pour prendre un repas que la meilleure des sauces, l'appétit, allait assaisonner.
Je profiterai de cette halte pour faire, au profit des lecteurs qui n'ont point pratiqué la forêt, une courte description d'un chantier dans les bois. Tous se ressemblent et,à part quelques différences de détails, la description générale qui convient à l'un convient également à tous les autres.
(1) On appelle camp (le p se prononce ici), dans le langage des forestiers et des voyageurs canadiens, l'habitation, toujours plus ou moins temporaire, qu'on élève dans le bois. La signification s'étend aussi aux dépendances ^ulogement, s'ilea existe, et, par extension figurée, au personnel qui l'habite.
LE CAMP d'un chantier.
Le site du camp occupe un petit plateau, pas assez élevé pour être trop exposé, mais assez pour n'être pas incommodé par l'eau dans les dégels : dans le voisinage immédiat coulent les eaux saines et abondantes d'une rivière ou d'un ruisseau.
L'emplacement nécessaire a été soigneusement débarrassé : sur le sol de cette petite trouée faite au milieu de la forêt s'élèvent les édifices de l'établissement. C'est d'abord le camp proprement dit, maison, case ou cabane, destiné au logement du personnel, puis une écurie pour les chevaux, et enfin des abris, faits pour recevoir et protéger des objets de consommation, des ustensiles, &c., &c.
Autour de ces constructions sont épars des barils vides, des tas de bois ; auxquels s'ajoutent, quand les hommes sont entrés le soir et les jours de dimanches et fêtes, des traîneaux renversés sur le côté, des raquettes et autres instruments, plantés dans la neige ou disposés près de la porte du camp et de l'écurie.
Les édifices d'un chantier sont construits de troncs d'arbres non équarris ; ces morceaux de bois ronds sont ajustés aux angles au moyen d'entailles, pratiquées aux faces supérieure et
inférieure des deux extrémités de chaque pièce : d'où vient à cette espèce de construction le nom de charpentes à têtes. Les interstices entre les pièces sont calfeutrées avec de la mousse ou de l'écorce de cèdre. Le toit est formé de planches fendues et dressées à la hache, lesquelles, dans le vocabulaire de nos forestiers, portent le nom d'éclats. Les planchers de haut et de bas sont faits de petites pièces grossièrement équarries.
L'intérieur du logement des hommes de chantiers se compose d'ordinaire d'une seule pièce. Tout autour de cette pièce règne une rangée de lits ou couchettes, dont les ais sont fixés aux lambris. Le plancher des couchettes est formé de petits barrotins, recouverts d'une couche plus ou moins épaisse et plus ou moins bien arrangée de branches de sapin, selon le sybarisme de roccupant : un oreiller, dont ni la matière ni la forme ne sont prescrites par le règlement, et des •couvertures de laine complètent la literie des hommes de chantier.
Un poêle, dont le tuyau traverse le toit, occupe d'ordinaire le centre du logis, entouré le soir de mitasses, de chaussettes, de mitaines qu'on fait sécher pour le lendemain. Dans les chantiers de l'Ottawa, le poêle est remplacé par un âtre de sable encaissé, qu'on élève au centre du logis : la fumée s'échappe par une ouverture carrée ménagée dans le toit. Une table à tréteaux, quelques sièges rustiques, des ustensiles de cuisine et de table, quelques outils, une meule et des pierres à aiguiser, un miroir, quel-
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ques montres, un ou deux fusils et le modeste nécessaire de toilette de chacun complètent tout l'ameublement du camp.
J'ai parlé des sièges : il en est une espèce particulière aux chantiers, laquelle prête aux formes les plus variées et les plus pittoresques : je connais certains ébénistes forestiers qui possèdent un talent remarquable dans ce genre de travail. Ces sièges sont confectionnés sans tour, et sans avoir recours au système coûteux et peu sûr des mortaises, clous, chevilles, vis et colle forte. Les branches d'un sapin en forment les pieds (quelquefois les bras et le dossier) ; partie du tronc de l'arbre, façonné selon le goût et la patience de l'ouvrier, en constitue le siège. La chronique rapporte que le premier siège» style chantier, qui fut produit, avait quatre pieds ; il était ainsi fait que quelqu'un, entrant le soir dans le camp, le prit tout bonnement pour la chienne du contre-maître : de là vient qu'oi^ nomme ce siège une chienne, et qu'il est, par conséquent, fort comme il faut de dire dans les chantiers, à celui qui se trouve de service à l'arrivée d'un étranger : — " Présente donc une chienne à monsieur ", — ou à l'étranger luimême : — " Monsieur, veuillez vous asseoir sur cette chienne. "
Disons un mot, maintenant, du personnel des chantiers et de l'organisation sociale et hiérarchique de cette société des bois. Naturellement, le chiffre de la population varie selon l'importance de l'exploitation et la richesse de la por-
tien de forêt soumise à cette exploitation ; mais si la population d'un chantier, quel que fût son chiffre, défilait devant vous dans l'ordre des préséances, voici le rang relatif que chacune de ses diverses classes occuperait : lo le Contre-maître ; 2o les bûcheurs ; 3o les charretiers ; 4o les claireurs ; 5o le Couque.
Le contre-maître et le couque sont des fonctionnaires uniques dans leurs attributions ; les autres sont des travailleurs, dont le nombre proportionnel varie selon les circonstances de temps et de lieux.
Le Contre-maître est le dépositaire absolu, par la volonté du Bourgeois propriétaire, de l'autorité sociale de la communauté : il pose et résout les questions, donne des ordres, tranche et agit selon son bon plaisir, et ne doit compte de son administration qu'à celui qui l'a envoyé.
Le Couque, bien que venant en dernier lieu dans l'ordre hiérarchique, sert véritablement sans préjudice à ses fonctions de cuisinier, de ministre de l'intérieur au contre-maître.
Les bûcheurs abattent les arbres propres à l'exploitation, et séparent du reste les parties qui ne conviennent pas comme bois de commerce. Dans les chantiers où l'on manufacture du bois carré, les bûcheurs se partagent en trois catégories ; ceux qui abattent les arbres, ceux qui les dégrossissent, qu'on appelle piqueurs, et ceux qui finissent l'équarrissage, lesquels reçoivent le nom de doleurs ou de grand' haches.
Les charretiers chargent les pièces de bois sur
leurs traîneaux, de forme particulière, et les conduisent à la jetée, sur le bord de la rivière flottable la plus voisine. La jetée est ainsi appelée, parce que les pièces de bois, amassées dans cet endroit, sont précipitées toutes ensemble dans la rivière au printemps, quand la fonte des glaces et de la neig-e permet de commencer la descente vers le moulin à scie, ou le lieu de départ pour le port d'embarquement.
Les ctaireurs débarrassent les endroits de hâlage des arbres et branches qui font obstacle ; ils établissent les chemins, les foulent avec les pieds, les arrangent avec la pelle et les entretiennent ainsi, tout l'hiver, dans le plus parfait •ordre.
Les devoirs et les attributions de ces divers états, les droits et les prérogatives qui en découlent sont réglés et définis par les Us et couiumes des chantiers, sans constitution écrite et toujours sous le bon plaisir législatif, administratif et judiciaire du Contre-maître.
Tous les détails, que je viens de résumer en peu de mots, je les avais étudiés au camp où nous avions fait étape, avec l'aide de notre excellent hôte, le contre-maître, pendant que le couque nous préparait un de ses meilleurs ■dîners, avec un zèle que je dois à la justice de reconnaître.
Je constate que nous dînâmes, que le dîner, fait en conscience et libéralement offert, fat .accepté et mangé de même.
Ce dîner fut suivi d'un petit quart-d'heure
de Técréation, après lequel notre caravane se remit en route.
Je ne cheminai pas longtemps dans la société de mes compagnons ; car notre destination n'était pas la même. Tout le convoi prit bientôt une fourche de chemin qui devait le conduire à un camp, où l'on devait arriver tard le soir ; et moi je continuai seul ma route, vers un établissement que j'avais de bonnes raisons de préférer aux autres.