‹ Formation des Annexes Embryonnaires et du PlacentaChapitre 28 sur 33 · EAU · texte numérisé non relu

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ture, on avait pris des- vaisseaux pour des glandes et, au point de vue de son rôle physiologique, on avait pensé qu'il secrétait un lait utérin.

Les travaux de Mathias Duval sur le placenta des rongeurs démontrent que ce sont là des erreurs. Les travaux prochains de l’éminent professeur achèveront d'ailleurs d'enlever tous les doutes sur la formation, la structure, et la physiologie du placenta humain.

Nous ne pouvions donc mieux faire que de présenter un résumé clair et suceinet des études que Duval a consacrées au placenta des rongeurs.

Chez les rongeurs, ainsi que d’ailleurs chez tous les mammifères, on observe, dans le développement du placenta, le processus suivant:

1° Au contact de l’ovule la muqueuse utérine s'excite et bourgeonne, et l’ovule est emprisonné entre des bourgeonnements ;

2° Une fois emprisonné, l’ovule contracte des adhérences avec la muqueuse utérine aux dépens du feuillet ectodermique du blastoderme (ecto-placenta).

3° L'allantoïde arrive au contact de l’ecto-placenta et le pénètre avec ses vaisseaux (période de remaniement de l’ectoplacenta. |

1° Modification de la muqueuse ulérine au contact de l’ovule. — La muqueuse utérine, à l’état normal, est tapissée d’un épithélium formé d’une seule couche de cellules cylindriques dépourvues, chez les rongeurs, de cils vibratifs, Le chorion sous-jacent de la muqueuse est constitué par du tissu conjonctif pauvre en fibrilles, riche, au contraire, en cellules étoilées ; des vaisseaux capillaires le traversent, reconnaissables, à la coupe, par la couche imbriquée des cellules endothéliales qui composent sa paroi.

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Dès que l’ovule entre en contact avec la muqueuse utérine, celle-ci se modifie, shypertrophie. Les cellules de l’épithélium se troublent, leur noyau pâlit au centre, et peu à peu ces cellules deviennent méconnaissables, l’'épithélium n'est bientôt plus qu’une couche amorphe où l’on ne distingne plus d'éléments cellulaires.

L'hypertrophie du chorion aboutit ainsi à la formation de volumineuses masses cotylédonaires. Ses capillaires, dans l'épaisseur des cotylédons, s’entourent d’une tunique cellulaire adventice, et, comme Mathias Duval l’a démontré précisément d’une façon irrréfutable les cellules de cette tunique sont issues par pro lifération K... des cellules étoilées du chorion. Elles prennent, en effet, un aspect vésiculeux au voisinage des vaisseaux capillaires, puis elles se groupent autour d'eux avec ordre.

La transformation des cellules étoilées en cellules vésiculeuses à lieu par gradations insensibles, de telle sorte qu'au début, la tunique adventice des capillaires utérins ne se délimite pas franchement du chorion. Plus tard, au contraire, sa séparation du chorion est parfaitement nette.

La paroi endothéliale des vaisseaux capillaires se trouve donc doublée d’une tunique adventice, et comme la genèse de cette tunique a été bien mise en évidence par Duval, il est impossible désormais de confondre ces vaisseaux capillaires, malgré leur aspect singulier, avec des glandes. £

Si nous examinons maintenant une coupe perpendiculaire au grand axe d’une des cornes cylindriques utérines, renfermant, chez une lapine, un ovule en voie développement et complètement emprisonné, nous remarquons tout d’abord que la muqueuse utérine est

2540 De restéenormale dansl’hémisphère inférieur qu’elle décrit autour del’ovule,tandis que dans l'hémisphère supérieur se voient deux volumineux cotylédons, séparés par un profond sillon intercotylédonaire correspondant exactement au ligament mésométral de la corne utérine. Les villosités de la muqueuse utérine ne sont hypertrophiées qu'au niveau des masses cotylédonaires. L’ovule, dans sa pression utérine, est orienté de telle manière, que le grand axe du futur embryon sera parallèle au sillon intercotylédonaire.

En résumé, dit le professeur Duval, au septièrne jour de la gestation, la muqueuse utérine offre déjà des modifications par lesquelles se dessine le placenta maternel. Ce sont, comme aspect macroscopique, la formation de deux saillies dites lobes cotylédonaires, séparées par un long et profond sillon intercotylédonaire. Ce sont, d'autre part, au point de vue histologique, au niveau de ces lobes, la transformation de l’épithélium utérin en une couche homogène etle développement des capillaires de la muqueuse en des sortes de sinus à parois renforcées par plusieurs assises de cellules globuleuses.

2 Formation de l'ectoplacenta. — L’ovule, nous le savons, est orienté dans l’utérus des lapines de telle sorte qu'il est parallèle au grand axe dusillon intercotylédoanire. Les deux lobes cotylédonaires, ébauche du placenta maternel, se rapprochent de l’ovule ; le blastoderme, après s'être étendu autour de l’ovule pour former la paroi dela vésicule ombilicale, s'épaissit au voisinage de la gouttière médullaire; ses assises cellulaires se multiplient, pénètrent au niveau des cotylédons, dans les villosités qui hérissent la muqueuse utérine dont

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