‹ Formation des Annexes Embryonnaires et du PlacentaChapitre 29 sur 33 · NID · texte numérisé non relu

NID

elles font disparaître la couche épithéliale dégénérée : l’adhérence est alors intime entre le blastoderme et le placenta maternel.

En effet, si à ce moment, on enlève l’ovule, il faut le décoller de force au niveau des cotylédons et, si on examine le blastoderme, on remarque de chaque côté de l'embryon un croissant déchiqueté où l'ectoderme est absent, tandis que, tout autour, sur les parties ectodermiques restées intactes,la surface apparaît mamelonnée de saillies ectodermiques qui correspondent à des culsde-sac dé la muqueuse utérine. [/adhérence était donc complète entre les cotylédons et le bladstoderme.

Mais les sailliés ectodermiques continuent à pénétrer plus profondément dans le chorion cotylédonaire Elles atteignent bientôt les capillaires maternels les plus proches; non encore entourés de leur tuni ue adventice, les cernent de toutes parts et détruisent leurs parois endothéliales, sans envahir toutefois leurs cavités, Aussi dans l’épaisseur des cellules ectodermiques se voient, à la coupe, des lacunes découpées à l’emportepièces, dans l'intérieur desquelles, sur les préparations colorées par l'éosine, on peut reconnaître des globules sanguins. Ces lacunes, ainsi que l’établissent les recherches de Mathias Duval, appartiennent aux vaisseaux maternels, ce sont les lacunes sangui-maternelles,

Telle est la formation du plicenta ectodermique ou ectoplacenta.

A l'examen microscopique, cet ectoplacenta semble divisé en deux couthes.

La plus externé en contact avec le chorion dénudé utérin est désignée sous le nom de couche plasmodiale de l’ectoplacenta. Ses cellules superfieielles se fusionnent en une couche protoplasmique pourvue.de nom breux noyaux.

DT,” Nos

La couche interne ou profonde est désignée sous le nom de couche cellulaire de l’ectoplacenta. Ses cellules polyédriques sont bien limitées et se multiplient par kariokynèse.

Nous sommes ainsi arrivés, dit Duval, à un point culminant de l’évolution de l’ectoplacenta. Nous venons en effet de voir ce que nous avons appelé sa période de formation.

Son évolution ultérieure va, par suite de l’arrivée des vaisseaux fœtaux allantoïdiens, eonsister en un remaniement particulier qui, en même temps qu’il augmentera ses dimensions, modifiera complètement son aspect (période de remaniement).

Le placenta maternel a subi de nouvelles modifications peudant le cours de la période de formation de l'ectoplacenta. |

Le territoire le plus externe du placenta maternel, après avoir perdu son revêtement épithélial dégénéré, a été détruit par l’'envahissement de l’ectoplacenta. Les veines capillaires maternelles qui leparcouraient avant la formation de l’ectoplacenta sont remplacées maintenant par les lacunes sangui-maternelles.

Le territoire situé immédiatement au-dessus est désioné sous le nom de région intermédiaire de Duval. Le chorion qu'il renferme a changé d'aspect. Ses cellules étoilées ont proliféré et se sont transformées en cellules vésiculeuses à contours arrondis, à noyaux multiples.

Ses vaisseaux capillaires sont également modifiés, leur paroi endothéliale remplacée par une couche de cellules semblables à celles qui appartiennent à la région plasmodiale de l'ectoplacenta.

Au-dessus encore on découvredans l'épaisseur du pla-

— 0] D dues

centa maternel un troisième territoire où les capillaires du chorion considérablement développés sont entourés d’une tunique adventice épaisse composée de cellules globuleuses ; ce sont les sinus utérins et la genèse à été précédemment expliquée. Le chorion à presque disparu en totalité et les capillaires materneis semblent se toucher par leur paroi adventice.

Enfin le territoire le plus interne du placenta maternel, celui qui confine immédiatement à la musculature, n’a pas suivi les précédents dans leur évolution placentaire. Il renfermait d’abord un abondant tissu cellulaire lâche qui a disparu en partie par suite de l’empiètement des sinus utérins. Ses capillaires, après s'être di- latés ont repris leur calibre normal, et ses cellules étoilées ont donné naissance à une couche abondante de cellules qui paraissent identiques à celles des parois des sinus utérins voisins. Ce sont des cellules vésiculeuses vaso adventice, et la couche qui les renferme a reçu de Duval le nom de couche vésiculeuse permanente ou protectrice.

Ainsi donc au niveau du territoire le plus externe du placenta maternel envahi par l’ectoplacenta, la couche plasmodiale endo-vasculaire, après avoir enveloppé les vaisseaux maternels, a détruit leur paroi endothéliale. Puis cette même couche s’infiltre en quelque sorte jusque dans le territoire sus-jacent, dans la région intermédiaire de Duval, à travers la cavité des capillaires maternels, des sinus utérins autrement dit, et se substituent aux cellules endothéliales qui leur formaient une paroi. Dès maintenant la prise de possession des vaisseaux maternels par l’ectoplacenta est accomplie.

Mais déjà l'allantoïde est arrivée au contact de l'ectoplacenta, les vaisseaux fœtaux vont pénétrer avec elle

dr à Re dans l'épaisseur de l’ectoplacenta ; la période de remaniement de l’ectoplacenta commence.

Période de remaniement de l'ectoplacenta.— Le travail de remaniement de l’ectoplacenta, dit le professeur Duval, commence vers le dixième jour chez la lapine et nous fait assister à la formation d’un organe correspondant bien à la signification physiologique du mot placenta, c’est-à-dire d’un organe où des ramifications vasculaires fœtales sont en contact plus ou moins direct avec le sang maternel.

Cette période de remaniement del’ectoplacenta subit trois phases :

1° La première aboutit à la subdivision de l’ectoplacenta en lobes et à l’état colonnaire de ces lobes.

2° Dans la deuxième les lobes colonnaires passent à l’état de complexus tubulaires.

3° Dans la “troisième les tubes se divisent en canalicules qui, par leur réunion, constituent les complexus canaliculaires.

A. Subdivision de l’ectoplacenta en lobes et transformation colonnaire de ces lobes. — L'ectoplacenta, au moment où l’allantoïde vient adhérer à sa surface inférieure fœtale, est une épaisse incrustation ectodermique qui plonge dans le placenta maternel et est percée de place en place de lacunes sangui-maternelles régulièrement étagées en séries. |

Entre elles pénètrent les lames mésodermiques de de l'allantoïde accompagnées par les vaisseaux fœtaux.

Ainsi l’ectoplacenta est divisé par des sortes de cloisonnements allatoïdiens revêtus de couches cellulaires plasmodiales multiples quisont évidées au centre par les

Page 1