RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Les recherches que nous venons d'exposer comportent deux sortes de conclusions. Les unes, envisageant exclusivement les fibres élastiques qui ont été le principal but de ces recherches, nous semblent mettre nettement en évidence les phénomènes qui président à la formation de ces éléments. Les autres, qui s'adressent à des questions d'ordre beaucoup plus général : l’origine des substances fondamentales ou intercellulaires et les phénomènes de sécrétion, n’ont d'autre prétention jusqu'ici que d'apporter des faits nouveaux que nous sommes heureux de voir concorder avec les dernières recherches faites dans cette direction.
1. Les LIGAMENTS ÉLASTIQUES sont primitivement formés de cellules nues, accolées les unes aux autres, formant ainsi des masses plasmodiales continues, sans territoire cellulaire distinct.
2. Des élaborations particulières se produisent de place en place, transforment ces masses plasmodiales en cellules étoilées à longs prolongements anastomosés, que nous nommerons élastogènes et en cellules fusiformes à prolongements indivis que nous nommerons élastoblastes. |
3. Les cellules élastogènes forment des fibrilles aux dépens de leurs prolongements et de leur périphérie, puis elles s'isolent sous forme d’un fuseau protoplasmique, contenu dans un manchon fibrillaire réticulé. À cet état, elles ont une grande ressemblance avec les élastoblastes.
4. La plupart de ces fibrilles, une fois isolées des cellules qui leur ont donné naissance, deviennent granuleuses et acquièrent peu à
nn | peu les caractères des fibrilles et des grains élastiques. Un certain nombre de fibrilles restent à l’état d'éléments conjonctifs.
9. D’autres grains élastiques proviennent de portions de protoplasma détachées et isolées au milieu du réseau fibrillaire. Leur rôle semble se borner, dans les ligaments, à l'accroissement des fibrilles élastiques.
6. L’atrophie progressive des vaisseaux dans les organes élastiques est corrélative de la production d’élastine. Il est probable que le moindre apport d'oxygène est un des facteurs qui amènent une transformation complète de certaines ceilules en substance élastique, comme cela a lieu pour les élastoblastes.
7. La production de l’élastine est donc due à des phénomènes de dégénérescence sur la nature chimique desquels nous n’avons pas de données, mais dont les conditions physiques sont les suivantes :
a. Isolement du corps cellulaire au milieu d’un manchon fibrillaire d'origine protoplasmique,
b. Effritement de prolongements cellulaires,
c. Asphyxie progressive des organes élastiques,
8. L'accroissement des fibres élastiques se fait d’abord par les grains, puis par la transformation en substance élastique des éléments conjonctifs qui persistent jusqu'à l’état adulte entre les fibres élastiques. Cette transformation est Le résultat de l’atrophie vasculaire continue.
9. Dans les ligaments élastiques adultes, on trouve encore des tractus conjonctifs qui renferment des cellules élastogènes atrophiées, ou du moins à vie excessivement ralentie, comme l'indique la structure de leur corps protoplasmique.
10. Le développement des éléments élastiques, dans les caRTI- LAGES RÉTICULÉS, se fait de la même facon que dans les ligaments. Ce sont encore, au début, des masses plasmodiales qui se résolvent en cellules étoilées, s’anastomosant entre elles. Comme pour les ligaments, ces prolongements deviennent fibrillaires, puis apparaît bientôt la cartilagéine qui englue entièrement ces fibrilles, les isole peu à peu du corps protoplasmique et détermine ainsi des modifications chimiques qui en font des éléments élastiques.
Ce qui caractérise surtout le développement des cartilages réticulés, c’est la très grande production de grains d’élastine qui concourent directement, ici, à la formation des fibres élastiques. Ces grains se forment sur le trajet des prolongements cellulaires et se
trouvent plongés ainsi dans la substance cartilagineuse ou bien ils envahissent entièrement certaines cellules (les Faserkugeln de Gerlach), qui sont comparables aux élastoblastes des ligaments élastiques.
41. Les substances dites fondamentales ont leur origine dans des élaborations qui se font, dès le début de l’âge embryonnaire, au sein de masses plasmodiales. Elles s’accroissent ensuite aux dépens de portions de protoplasma détachées du corps cellulaire.
12. Dans certains cas, les phénomènes d’effritement cellulaire (clasmatose de Ranvier) sont des phénomènes de sécrétion servant à former ou à accroître les substances dites fondamentales.