‹ Formes cliniques et diagnostic des névralgiesChapitre 11 sur 28 · A. DESCRIPTION DU PAROXYSME · texte numérisé non relu

A. DESCRIPTION DU PAROXYSME

La douleur du tic douloureux apparait brusquement et atteint d’emblée sa plus haute intensité. Elle naît, en général, d’un point assez limité qui s’est trouvé dans presque toutes nos observations au voisinage de la commissure labiale, dans les parties molles de la face. Lévy signale comme point de départ dans certains cas les maxillaires, et suivant que la névralgie atteint les parties molles ou les parties osseuses ensemble ou séparément, il distingue trois variétés qui seraient par ailleurs en rapport étiologique avec des tempéraments spéciaux. C’est ainsi qu’il décrit ;

a) La névralgie des artfv itiques, affectant surtout les parties osseuses;

(1) Dana. Natural history of tic douloureux with remarks on treatment. J. of american med. association March 1900, p. 1100.

b) La névralgie des neuro-arthritiques , affectant simultanément les parties molles et les parties osseuses ; c’est le type le plus fréquemment observé chez les migraineux ;

c) La néoralgie des nerveux, qui est surtout une névralgie des parties molles.

La distinction de ces variétés est évidemment subtile, surtout en ce qui concerne leur caractéristique étiologique. Nous n’avons pas eu du tout l’occasion de la vérifier.

Quoiqu’il en soit, la douleur irradie à peu près dans toute la face, atteignant souvent l’œil et la langue, sans suivre particulièrement le trajet d’un rameau connu. Pendant la période paroxystique on voit apparaître des phénomènes accessoires qui, s’ils ne sont pas absolument propres à cette variété de névralgie, s’y rencontrent du moins avec une fréquence incomparablement plus grande que dans toutes les autres, les spasmes du visage qui ont valu à l’affection le nom de tic douloureux. Ces spasmes peuvent être toniques ; la face se fige dans une expression toujours la même tant que dure la crise, et chose curieuse, cette expression de physionomie est plus souvent celle de l’étonnement que celle ce la douleur, en ce sens que la face reste immobile, les yeux grands ouverts. Le plus souvent il s’agit de spasmes cloniques, mouvements de mâchonnement lent, ou grimaces plus ou moins marquées. Dans les deux cas, du reste, le malade qui pousse de petits gémissements étouffés porte les mains sur la moitié du visage qui est le siège de la douleur, se contentant parfois de comprimer la face, la frottant d’autres fois avec énergie au point d’amener à la longue un véritable état psoriariforme de la peau. La salivation, l’epiphora, la rougeur de la moitié douloureuse du visage peuvent s’observer plus rarement. Pendant l’accès paroxystique, les pupiles ne se dilatent pas.

La durée d’un paroxysme est courte Nous l’avons trouvée oscillant entre un minimum de dix secondes et i n maximum de trois minutes. La douleur cesse brusquement, le malade écarte ses mains, relève la tête et affirme qu’il ne ressent plus rien. — Il ne souffrira plus jusqu’au paroxysme suivant.

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