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CONCLUSIONS

1° La conception de la névralgie, maladie autonome des nerfs, n’est plus en harmonie avec nos connaissances actuelles. On doit considérer que la douleur névralgique, entendant par là la douleur spontanée qui reste localisée à un territoire d’innervation et qui est indépendante d’une cause locale traumatique, inflammatoire ou néoplasique, constitue un syndrômequi traduit pathogéniquement l’irritation des conducteurs sensitifs en un point de leur trajet depuis les ultimes terminaisons périphériques jusqu’aux racines postérieures inclusivement.

2° L’étude analytique des névralgies de la face, du thorax et des membres dont l’origine peut être connue d’une façon certaine quant à la localisation de la cause algésiogène, permet de distinguer des types cliniques distincts correspondant d’une part aux névralgies d’origine périphérique, et d’autre part, aux névralgies d’origine radiculo -médullaire.

3° Les névralgies d’origine périphérique qui comprennent les névralgies d’origine extra fasciculaire et fasciculaire et les névralgies rellexes, diffèrent entre elles suivant les territoires nerveux considérés, mais dans tous les cas elles restent reconnaissables aux caractères suivants :

a) La douleur est continue avec des paroxysmes.

b) Le trajet des nerfs et les points d’émergence des filets périphériques sont souvent douloureux à la pression.

c) La friction ou la pression intense des zones spontanément douloureuses fai) éclater les paroxysmes.

d) La cocaïne injectée loco-dolente sur le trajet des troncs nerveux ou au niveau du point de départ reflexe des excitations algésiogènes supprime momentanément la douleur.

e) Les troubles de la sensibilité objective sont inconstants; quand ils existent, ils affectent une topographie irrégulière qui ne présente pas les dispositions des zones d’innervation radiculaire.

4° Les névralgies d’origine radiculo-médullaire sont celles dont les caractères restent le plus constamment identiques dans les différents territoires, Ce sont les suivants :

a) La douleur spontanée est particulièrement intense ; elle peut être continue avec des paroxysmes ou essentiellement paroxystique avec des intervalles complètement indolores.

b) La douleur n’est pas localisée sur le trajet des troncs nerveux, mais bien dans des territoires qui correspondent à la disposition topographique des zones d’innervation radiculaire.

c) Les signes classiques de la douleur provoquée par la pression des troncs nerveux ou des points d’émergence des filets périphériques sont peu marqués et souvent manquent complètement.

d) Les excitations périphériques ne font pas éclater les paroxysmes.

e) La cocaïne loco-dolente ou sur le trajet des troncs nerveux ne produit aucune action sédative momentanée.

f) Les troubles de la sensibilité objective sont très fréquents ; ils affectent une topographie nettement radiculaire.

5° Le diagnostic de ces deux variétés pathogéniques revêt une importance pratique considérable. Sa connaissance conduit en effet les médecins à la recherche d’une thérapeutique étiologique et pathogénique, au lieu que la notion classique de la névralgie-maladie en attirant toute leur attention sur le nerf lui-même les a trop souvent conduit à des déboires.

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