‹ Formes cliniques et diagnostic des névralgiesChapitre 8 sur 28 · E. SIGNES INCONSTANTS · texte numérisé non relu

E. SIGNES INCONSTANTS

Dans la moitié de nos observations nous avons noté au niveau des zônes douloureuses de l’hypoesthésie à la piqûre. D’autre part, il est important de noter l’absence habituelle de phénomènes spasmodiques du visage, dont on peut cependant retrouver une ébauche dans quelques mouvements de mâchonnement au moment des paroxysmes et l’intégrité des réactions pupillaires.

Donc, en somme, les névralgies chroniques périphériques se présentent avec les caractéristiques suivantes :

1° L’existence d’un endolorissement continu entre les paroxysmes névralgiques, endolorissement siégeant dans une zône plus limitée que le territoire de distribution du nerf correspondant.

2° La possibilité de faire éclater les paroxysmes par :

<>) La mastication, la parole, le bâillement.

b) Les excitations énergiques de la zône douloureuse.

3° L’existence constante de la douleur provoquée par la pression profonde de cette zône.

4° L’existence fréquente de la douleur provoquée par la pression aux points de Valleix.

5° La disparition temporaire de la douleur continue et des paroxysmes consécutive à l’injection de cocaïne loco-dolente.

D. CARACTÈRES EVOLUTIFS, PRONOSTIC

Les névralgies dont nous venons d’esquisser les caractères à leur période d’état sont, nous l’avons dit plus haut, des névralgies chroniques sans tendance à la guérison spontanée, ou tout au moins à évolution très longue. Dans plus de la moitié des cas que nous avons observé le début remontait à plusieurs années. La maladie avait évolué de façon continue sans rémissions complètes, mais avec des alternatives d’agravation et d’amélioration. Le pronostic est donc somme toute assez sombre, encore que la maladie soit infiniment moins grave que le tic douloureux vrai. En effet, elle ne constitue pas l’horrible torture perpétuelle qu’est ce dernier; elle n’oblige pas habituellement les malades à cesser complètement leurs occupations ordinaires. Lu gravité du pronostic provient autant de la résistance de l’affection à la thérapeutique ; celle-ci n’est efficace qu’à la condition d’être réellement pathogénique en s’attaquant directement à la lésion algésiogène pour la modifier ou la supprimer radicalement.

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