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II. NÉVRALGIES FACIALES D ORIGINE RADICULO- GANGLIONNAIRE

Ce second groupe est moins cohérent que celui des névralgies d’origine périphérique : on peut y ranger deux catégories de faits au premier abord dissemblables et qui sont :

1° Les névralgies symptomatiques de lésions organiques inflammatoires ou néoplasiques du ganglion de Gasser ou de la racine sensitive du trijumeau.

2° Les névralgies répondant au type clinique de la névralgie épileptiforme de Trousseau, névralgies dont le déterminisme

anatomique n’est pas encore connu, mais dont on sait d’une façon certaine que la cause organique doit en être cherchée au-delà des extrémités et probablement au-delà des troncs nerveux eux-mêmes.

$ I Névralgies symptomatiques de lésions néoplasiques ou inflammatoires du ganglion de Gasser et de la racine sensitive du trijumeau.

A. NÉVRALGIES DES NÉOPLASMES

Nous avons eu l’occasion d’observer nous-mêmes un cas de névralgie faciale relevant d’un cancer primitif du ganglion de Gasser (1). De la comparaison faite entre notre observation d’une part et celles rapportées par d’autres auteurs (2), on peut tirer les éléments synthétiques qui suffisent à déterminer un type clinique spécial. Ce sont :

1° Le caractère continu des phénomènes névralgiques. Le malade continue à souffrir dans l’intervalle des paroxysmes ; la douleur continue est représentée le plus souvent par une sensation paresthésique de froid : les exacerbations, qui étaient qualifiées d' « agonisantes » dans une observation, peuvent s'accompagner de secousses convulsives dans les muscles de la face; elles sont diurnes et nocturnes.

2° L’exacerbation des douleurs parles excitations périphériques (friction, mastication, déglutition).

3° L’extension de la névralgie dans les domaines des trois branches du trijumeau.

4° L’hypoesthésie très marquée de toute la moitié correspondante de la face.

5° Accessoirement, la paralysie unilatérale des muscles masticateurs.

(1) H. Verger et Grenier de Cardenal. Loc. cit.

(2) Litti.e. Intrucranial tumour glioma oj the Jifth tierce. Dublin, Journal oj médical science, 1ÎS73, p. 94-96.

Krepupka. - Primares sarcom des ganglions (rasseri . Alonatschr p. Ohrenh. Berlin 1898, xxxii, 78-81.

Hagelstam/ — Deutsche Zeitschrifft Jïir Nervenheilkunde , vol. xtn,

Trénel. — Tumeur de lu dure-mère et du ganglion de Gasser. Société anatomique de Paris , 1899, p. 826.

Dercum, Iveen and Spiller. — J. of Américan médic. association. Chicago 1900, vol. xxxiv, p. 1025.

Ces caractères généraux des névralgies symptomatiques des néoplasmes du ganglion se retrouvent dans les névralgies symptomatiques d’une compression radiculo-ganglionnaire par des tumeurs méningées Nous en avons nous-même publié deux observations dans notre mémoire de 1904. On peut y joindre un cas de compression du ganglion par un endothéliome rapporté par Homen (1).

Quelques auteurs, en particulier Gaumerais, ont nié la névralgie d’origine gassérienne en s’appuyant sur deux cas de Gunsbourg et de Lancereaux où il existait des lésions destructives étendues du ganglion de Gasser sans névralgie. Il paraît vraisemblable que les lésions d’emblée destructives ne soient pas productrices de névralgies. D’autre part, si la lésion est progressivement destructive, il n’est pas impossible que les phénomènes névralgiques ne puissent, à un moment donné, disparaître. Nous avons publié une observations dans laquelle une paralysie atrophique des masticateurs avec anesthésie totale de la moitié correspondante de la face avait été précédée de phénomènes névralgiques (2). C’est seulement, du reste, dans ces cas d’anesthésie complète sans névralgie qu’on voit apparaître la kératite neuro-paralytique. Celle-ci n’existait pas, en effet, dans les observations de névralgies citées plus haut. Dans celle de Liltle, le malade présentait seulement un ulcère de la cornée.

Ce type de névralgie, dont Lévy ne parle pas dans sa thèse, mérite d etre bien connu parce que sa constatation crée dans une certaine mesure une contre-indication pour l’intervention chirurgicale. La gassérectomie, en pareil cas, se heurterait à des difficultés considérables, et l’extension des lésions dans le voisinage exposerait même, en cas de succès opératoire, à un insuccès thérapeutique. La malade de Dercum Keen et Spiller subit deux interventions sur la loge gassérienne sans aucun résultat.

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