partie à Langeron
__ Nous avons dit que ban ou plutôt les actinomyces appartenaient au groupe des microsiphonés (ordre des hyphomycètes), champignons formés de filaments très fins auxquels Vuillemin a donné le nom de microsiphons. Ce sont « des tubes continus, sans cloisons visibles, de calibre inférieur à 1 micron. Ramifiés latéralement, à contenu homogène au moins au début, sans noyaux distincts, souvent dissociés, articles bactérioïdes ou coccoïdes ».
Leur aspect varie suivant qu’on les observe dans le pus ou dans des cultures.
Dans le pus ou les tissus enflammés, il apparaît sous forme de grains jaunes.
Ce sont des granulations de la grosseur d’un grain de sable ou d’une tête d’épingle, « assez volumineux pour frapper l’œil le moins exercé, et assez jaunes pour donner l’impression de grains d’iodoforme finement pulvérisés » (Poncet). Quelquefois cependant,
ils peuvent avoir une couleur gris perle ou brunfauve.
Examinés au microscope (voir fig. 4), il est facile de leur reconnaître deux zones :
— une zone centrale, formée de filaments très fins, ramifiés et enchevêtrés dans tous les sens ; c’est le mycelium, les microsiphons de Vuillemin ;
— une zone périphérique, formée par des corpuscules en forme de massue à grosse extrémité externe, à petite extrémité, regardant le mycelium central et se continuant avec lui (Bostrôm).
Ces massues représenteraient des réserves protoplasmiques destinées à l’accroissement du mycelium (Brumpt).
La coloration en est facile : la zone centrale prend le Gram et apparaît en violet foncé. Les massues ne prennent pas le Gram, mais retiennent fortement l’éosine. Elles prennent une teinte rouge plus ou moins vive.
On peut examiner directement les grains jaunes sans coloration. Pour cela, il suffit d’étaler le pus sur une lame de verre, et d’y rechercher les grains, à l’œil nu ou à la loupe. Le grain recueilli est reçu dans une goutte de solution physiologique, et comprimé légèrement entre lame et lamelle (il ne faut pas l’écraser). Au microscope, on peut reconnaître les massues qui donnent à la surface du grain un aspect tomenteux ou velouté.
La recherche des grains jaunes est plus souvent couronnée de succès dans les tissus que dans le pus.
RENDOR
« La pratique des biopsies est donc très utile pour le diagnostic et la coloration de Mann convient parfaitement pour la recherche de J’actinomyces sur les coupes histologiques » (Moulonguet). Rappelons seu- : lement que la coloration de Mann est à base d’érythrosine et de bleu de toluidine.
Les cultures sont de deux sortes, aérobies et anaérobies. Les cultures aérobies ont été réalisées d’abord par Bostrôm. Le champignon obtenu se développe facilement sur tous les milieux ; mais il est généralement incapable de reproduire la maladie expérimentalement. |
Les cultures anaérobies ont été obtenues d’abord par Wolff et Israël (1891) par ensemencement sur des œufs de poule. Ces cultures poussent difficilement, même sur gélose profonde de Veillon. Les milieux de choix sont ceux qui contiennent du sang ou du sérum. Le parasite se présente sous forme de bacilles courts, il ne produit pas de spores. Par contre, on observe souvent des massues (Wright). Ces cultures ont été reproduites très souvent avec des parasites d’actinomycose humaine (Lignières et Spitz, Wright, Pinoy, Magnusson, Henrici, Naeslund).
Fait important, elles permettent d’obtenir facilement l’actinomycose expérimentale. Leur inoculation aux animaux (cobaye, lapin) est très souvent positive et donne des lésions typiques, où le parasite peut être retrouvé.
Les inoculations aux animaux sont indispensables pour éliminer certaines causes d'erreur. Magrou et
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