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pénétration de ce corps étranger vecteur de germes était la cause habituelle de la maladie.
Régnier, Illich, Ammentrop opéraiént des abcès péri-appendiculaires de nature actinomycosique et recueillaient un fragment d’épi d'orge au milieu du pus. D’autres observations confirmaient cette découverte.
Ainsi la question se posait simplement : l’actinomycose sous forme de spores se trouve dans la nature, sur les graines de céréales, les herbes, la paille. La contamination se fait nécessairement par pénétration dans l’organisme d’un corps étranger porteur de germes.
Le même fait s’observait chez les animaux domestiques ; de plus les animaux contaminés sont habituellement des herbivores.
Les actinomycoses buccales et péribuccales sont de très loin les plus fréquentes.
Maïs déjà, à cette époque, Israël, Ponfick, Partsch insistaient sur le fait que les malades atteints d’actinomycose ont fréquemment des dents cariées, et situent leurs premiers accidents après des phénomènes douloureux dentaires.
Murphy, en 1885, avait pu faire pénétrer par l’alvéole d'une dent extraite une sonde dans un foyer d’actinomycose intramaxillaire.
Des travaux plus récents de Lord, Pinoy, Magrou, Colebrook, L’'Hirondel reprennent l'étude de ces faits, et attribuent à l’actinomycose humaine une étiologie bucco-dentaire saprophytique.
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Lord (de Boston) rapportait en 1910 le résultat de ses expériences personnelles. Il trouve dans les cryptes amygdaliennes et les dents cariées de personnes exemptes d’actinomycose des filaments prenant le Gram et ressemblant à l’actinomyces. Il en fait des cultures et réussit à les inoculer à des cobayes par voie intra-péritonéale. Il obtient dans trois cas des lésions nodulaires indurées, dans lesquelles il peut mettre en évidence des colonies d’actinomyces avec ou sans massues.
D’autre part, Mac Williams rapporte un cas d’actinomycose par morsure; Warwick, un cas d’actinomycose pulmonaire après introduction d'une dent cariée dans les voies respiratoires.
Wright rejette la théorie de Bostrôm et pense que lactinomyces bovis est un saprophyte de la cavité buccale et de l’appareil gastro-intestinal de l’homme et des animaux. Il pense que le développement de l’actinomycose, consécutif à l'introduction dans la muqueuse d’une graine ou d’un fragment de paille, n'implique pas nécessairement que l’organisme causant l'infection ait été apporté par ce corps étranger. On peut concevoir, dit-il, que le traumatisme favorise simplement l'infection causée par un organisme qui était préexistant comme saprophyte dans la bouche ou toute autre partie du tube digestif.
Enfin, nous avons vu précédemment que la classification des actinomyces parasites était encore discutée. Les souches du type Bostrôm sont difficiles à identifier. Au contraire, on incrimine le plus souvent,
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dans les actinomycoses humaines, l’actinomyces Israeli, organisme très délicat, anaérobie préférent, et qui semble bien ne pas former de Spores.
Beaucoup de malades atteints d’actinomycose n’ont jamais habité la campagne, et dans la plupart des observations le mode de contagion reste très obscur.
Cependant, la théorie saprophytique n’est pas admise par tous les auteurs. Mattson, Brickner, Mac Kenty pensent avec raison qu’on ne peut rejeter aussi facilement la théorie de Bostrôm. La théorie saprophytique n’est pas suffisamment prouvée. On a trouvé dans certaines lésions des fragments de céréales, des corps étrangers divers. Des exemples récents en font foi. |
Boyksen rapporte deux observations curieuses d’actinomycose développée sur des blessures de guerre contaminées par de la paille. Ce mode de contamination a été noté par Lecène dans une observation parue dans la thèse de Bonnerot. Une observation de M. Moulonguet rapporte un cas d’actinomycose de la langue avec une fort belle figure histologique : on voit dans l’organe un fragment de bois, autour duquel se développent les actinomyces.
- Nous ne saurions avoir sur ce sujet une opinion personnelle.
Reste la possibilité de contagion directe de l'animal à l’homme. Elle présuppose l'identité des parasites. La question est controversée. On a cité depuis longtemps des exemples démonstratifs (Guermonprez et Bécue, Œchsler, Stelzner, Hacher).
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Poncet et Bérard mettent en doute cette opinion : « L’actinomyces ne se localise pas sur les organes livrés à la boucherie ; il résiste mal aux agents de destruction ; il ne se trouve pas sur les animaux dans des conditions favorables ».
On peut admettre cependant la contagion directe chez des sujets qui sont en contact permanent avec les bovidés. Les exemples n’en sont pas rares, mais ne concernent qu’une faible partie des cas. Les auteurs américains, Mattson, Mac Kenty, pensent que Pinfection d’origine animale est beaucoup plus fréquente que ne l’admettaient les premiers auteurs.
Quoi qu’il en soit, l’actinomycose colique, qui seule nous intéresse ici, reconnaît toujours une infection par voie descendante, endo-intestinale. Les cas de contamination du péritoine par une actinomycose de la paroi, d’origine extérieure, “oivent être mis à part.
L’infection suppose pour se développer une moindre résistance de la muqueuse ; c’est pourquoi sans doute on la rencontre avec prédilection dans les segments de stase stercorale : cæcum et appendice, côlon sigmoïde.
L’effraction de la muqueuse par un corps étranger dur est-elle nécessaire ? Oui, si l’on admet la théorie de Bostrôm. Sinon on peut supposer que le parasite se développe en surface, provoquant par lui-même l'érosion de la muqueuse, puis ces ulcérations qui ont été décrites comme lésions initiales de l’actinomycose cæcale. L'étude anatomo-pathologique des lésions peut, seule, expliquer ces faits.