‹ Formes de Début Non Fistuleuses de l'Actinomycose ColiqueChapitre 15 sur 63 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les lésions de l’actinomycose colique ne semblent pas essentielement différentes des lésions des autres organes.

On connaissait depuis longtemps l’actinomycose des maxillaires des bovidés ; Leblanc, dès 1826, en avait fait une étude détaillée. |

Poncet et Bérard distinguent deux grandes formes anatomo-cliniques :

— la forme néoplasique, plus particulière aux animaux (« sarcome » du maxillaire, langue de bois) ;

— la forme inflammatoire, beaucoup plus fréquente chez l’homme.

. Lecène et Moulonguet décrivent ainsi les deux types :

1° Inflammation chronique sans suppuration (type : tumeur du maxillaire du bœuf), type néoplasique de Poncet, caractérisée par une abcndante prolifération de tissu conjonctif jeune sans nécrose ni suppuration.

« Même au microscope, sans la présence du parasite, le diagnostic avec le sarcome à cellules rondes serait très difficile ».

2° Abcès à évolution subaiguë, toujours accom-

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‘ pagnés d’une zone de réaction plus où moins étendue.

Plus fréquent en clinique humaine, provenant de l’évolution du nodule infectieux actinomycosique de Poncet et Bérard, ou mycétome élémentaire, formé :

— au centre, par le parasite à l’état de mycelium, recouvert ou non de massues ;

— puis par une couche d’épaisseur variable de leucocytes et de cellules conjonctives (cellules plasmatiques de Unna, cellules géantes mononucléaires, lymphocytes) ;

— enfin à la périphérie, on trouve du tissu de granulation : tissu conjonctif embryonnaire, vaisseaux néoformés, leucocytes.

La fonte purulente des nodules primitifs donne naissance aux abcès, dont le pus séreux, mal lié, contient l’élément caractéristique, le grain jaune, quelquefois même des débris de corps étranger vecteur du parasite.

Les lésions se fistulisent ; il en résulte une suppuration interminable. Tous les tissus peuvent être envahis : aponévroses, muscles, viscères, os. Dans le tissu cellulaire, on voit des abcès chroniques fistuleux rappelant beaucoup ceux de la tuberculose, remplis de masses fongueuses. Dans les viscères, la réaction conjonctive autour de l’abcès est toujours très abondante, et provoque parfois la formation de tumeurs inflammatoires volumineuses (région iléocæcale).

Les auteurs concluent que l’actinomycose est une

« maladie locale à tendance extensive. Son mode de propagation le plus habituel est l'extension directe ».

Elle ne se propage jamais par voie lymphatique (sauf infection secondaire).

La voie sanguine est possible. Elle peut aboutir à une pyohémie chronique avec abcès métastiques dans tous les organes (deux cas d'Israël).

Telles sont les lésions habituelles de l’actinomycose. On la retrouve dans l’actinomycose colique. Dans l’ensemble :

— les actinomycoses appendiculo-cæcales répondent au type inflammatoire ;

— les actinomycoses du transverse et du côlon gauche donnent des tumeurs un peu spéciales, inflammatoires, chroniques, sans nécrose ni suppuration, qui se rapprochent dans certains cas du type néoplasique.

1° Actinomycoses de l'appendice et du cæcum

Les lésions primitives de cette forme ont été décrites depuis longtemps. Chiari avait pu observer à la faveur d’une autopsie des lésions actinomycosiques de la muqueuse cæcale : « Le parasite avait cultivé en surface. La muqueuse était parsemée de taches blanchâtres, les unes arrondies, les autres allongées, atteignant jusqu’à 1 cm. 1/2 de large et 5 mm. de profondeur. Soulevées en nodules presque tous ulcérés ou fissurés, parsemées de petits grains actinomycosiques miliaires, jaunes ou bruns. Leur ablation

FiGure I.

Photographie de la pièce après l’intervention. On voit ici la tumeur nettement séparée de la paroi intestinale (en haut et à droite).

FiGurEe II.

La même pièce ; vue du côté de l'intestin qui est ouvert remarquer l'intégrité de la muqueuse,

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FiGurE III

Coupe histologique de la tumeur à la limite des parois intestinales La musculeuse est traversée par un diverticule de la muqueuse.

Ficure IV

Le grain actinomycosique, entouré de massues, vu à un fort grossissement,

laissait une perte de substance. De consistance résistante, elles donnaient au doigt l’impression de sable mouillé. La muqueuse présentait un état catarrhal de toute son étendue » (in Poncet et Bérard).

Cette observation unique ne semble avoir jamais été confirmée ni contestée.

En général, les pièces opératoires qui ont fourni d’autres descriptions portent des lésions plus étendues.

Un certain nombre de malades ont été opérés d’appendicite et il semble incontestable que l’actinomycose ait pris son origine dans l’appendice. Malheureusement, les observations sont pauvres en détails ; bien souvent il n’y a pas eu d'examen histologique, Jappendice enlevé n’a pas été conservé. Les lésions macroscopiques de ces appendicites semblent banales dans les descriptions : ce sont des lésions d’appendicite chronique, un appendice un peu gros, souvent adhérent au voisinage, sans que rien puisse faire prévoir une infection spécifique. Dans d’autres cas, c’est une appendicite aiguë ; il n’est pas rare que lappendice soit perforé, ayant déterminé une péritonite : « appendice perforé, gangrené, très adhérent », ou bien tuméfié, rouge, violacé, présentant à sa surface quelques ulcérations ou une perforation. Parfois, on note un aspect d'infiltration spéciale des tissus environnants (Werder).

Mais nous ne possédons pas d’examen histologique démonstratif de l’actinomycose de l’appendice. Les lésions généralement étudiées comportent des dé-

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sordres plus étendus. C’est en premier lieu : le foyer primitif profond de Koranyi. :

Îl est constitué par des nodules, de la grosseur d’une lentille, situés dans la sous-muqueuse, saillant un peu dans la lumière intestinale, recouverts par une muqueuse fortement pigmentée. « Les nodules plus anciens sont ramollis au centre, puis ulcérés en leur point proéminent, par où ils évacuent leur contenu ; ils diminuent alors de volume et deviennent comparables à des ulcérations tuberculeuses (mais sans disposition vasculaire), avec leurs bords usés, leur fond serpigineux. Par leur influence et leur envahissement excentrique, les lésions gagnent en largeur et en profondeur. Elles sont parsemées de détritus granuleux et de grains parasitaires foncés. Autour, la muqueuse est fortement congestionnée » (Poncet et Bérard).

Les lésions de la muqueuse seraient capables de rétrocéder complètement. C’est là un fait fort remarquable. Si la lésion est vue plus tard, il arrive que la muqueuse ne porte plus qu’une zone cicatricielle à contours irréguliers et sclérosés. Elle peut même être intacte, la lésion s’est complètement réparée, comme Grill a pu le constater dans cinq observations. Nous verrons que ce fait n’est pas exceptionnel.

Le processus inflammatoire va cheminer de dedans en dehors ; il traverse les parois intestinales. Il existe des cas de perforation en péritoine libre, généralement appendiculaires, ayant provoqué une péritonite

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