DESCRIPTION CLINIQUE
L'étude clinique de l’actinomycose du côlon constitue le chapitre principal. Il est en effet indispensable de bien montrer les différentes formes sous lesquelles peut se présenter cette grave maladie. Seul un diagnostic précoce suivi s’il est possible d’un traitement chirurgical, peut en améliorer le pronostic.
Des travaux importants sur la question ont été publiés à la fin du siècle dernier, d’abord semble-t-il en Allemagne, avec la monographie d'Israël, en 1878. La thèse de Grill a pu réunir 52 observations.
Poncet et Bérard ont publié, en 1898, leur /Traité clinique de lactinomycose humaine. On trouve dans cet ouvrage très documenté une description détaillée de lactinomycose intestinale, Celle-ci est encore aujourd’hui le modèle des descriptions cliniques de cette maladie dans les traités classiques. Elle n’a rien perdu de sa valeur.
Depuis cette époque, des observations nouvelles sont venues s'ajouter aux anciennes. Certains points ont été précisés. De nombreuses erreurs de diagnostic ont été commises, car l’actinomycose était une maladie très peu connue. Beaucoup d’examens kistologiques ont été pratiqués, apportant des preuves nou-
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velles. Enfin et surtout, le développement de la chirurgie au cours de ces trente dernières années nous a valu quelques interventions précoces pour certains cas d’actinomycose intestinale ; que le diagnostic exact ait été posé ou non, elles ont permis d'observer des lésions encore jeunes en même temps que de les traiter.
Nous avons pu grouper un petit nombre de ces observations. Par leur étude, nous nous sommes efforcé de préciser le mode de début de cette maladie. Il est à déplorer cependant que ces observations soient souvent trop brèves, ou que les preuves du diagnostic y soient insuffisantes.
Poncet et Bérard disaient : « Les malades n’arrivent guère à l’observation du médecin que lorsque le parasite a déjà atteint les plans superficiels ct produit des désordres plus avancés dans les différents viscères. On ne connaît donc du début habituel de l’affection que les données un peu suspectes fournies par l’interrogatoire des malades. Car si, par hasard, la lésion initiale de l'intestin se traduit par des symptômes fonctionnels graves : diarrhée dysentériforme, douleurs colliquatives, poussécs de péritonite, il ne vient pas à l’esprit d’incriminer l’actinomycose ».
Les observations que nous possédons nous font entrevoir une symptomatologie polymorphe. Les formes de début de la maladie sont multiples. Malheureusement, il est parfois difficile de les décrire avec
précision. Les documents sont peu nombreux, ils sont souvent insuffisants. Nous nous en excusons, ne cherchant pas à rédiger un chapitre de pathologie, mais seulement à exposer quelques faits qui nous ont paru intéressants.
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La forme la plus connue de l’actinomycose intestinale est celle qui intéresse le cæcum et l’appendice. On la trouve fort bien décrite dans les ouvrages classiques. C’est même en pratique la seule forme décrite, les autres localisations ne font pas en général l’objet d’un long développement. C’est l’actinomycose cæcoappendiculaire, l’appendicite actinomycosique de Hinglais, la pérityphlite actinomycosique de Lanz.
Grill en a rapporté dans sa thèse un certain nombre d’observations, et lui a décrit une évolution en trois périodes :
— une période de douleurs, — une période de tumeur, — une période de fistules.
Nous n’adopterons pas cette description ; mais restant strictement sur le plan des formes de début, nous distinguerons des actinomycoses cæco-appendiculaires et des actinomycoses des autres segments du côlon.
Les premières peuvent se présenter sous trois aspects :
— l’aspect d’une appendicite aiguë ou chronique,
— l'aspect d’un abcès de la fosse iliaque droite,
— l'aspect d’une tumeur de la fosse iliaque droite.
Les actinomycoses des autres segments du côlon sont différentes par leurs caractères et leur mode d'évolution des actinomycoses cæcales ; c’est pourquoi, dans une certaine mesure, nous tenterons de les opposer. Qu'’elles se localisent à l’angle droit, au transverse ou au côlon gauche, elles sont plus proliférantes que destructives, elles sont plus sténosantes, elles ont moins de tendance à la fistulisation. Nous verrons qu’elles peuvent se présenter sous deux aspects :
— une tumeur, — une occlusion intestinale.