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ques mois. Par sa persistance, elle peut amener le malade à consulter un médecin. Les troubles digestifs qui l’accompagnent sont, semble-t-il, peu importants : de la constipation, jamais de vomissements. Ferrarini a cependant noté chez son malade une période.initiale de diarrhée incoercible.
Lorsque le médecin examine le malade, il peut être surpris de découvrir une tumeur volumineuse que ces symptômes ne laissaient pas prévoir (Goyena, Frazer et Berkmann). AE
Dans d’autres cas, au contraire, les troubles que ressent le malade sont plus intenses. Les douleurs vives surviennent par crises. Elles sont calmées par le repos, exagérées par la marche (Lepoutre) ou par l'alimentation. Déjà en rapport avec un rétrécissement de la lumière intestinale, elles peuvent prendre l'aspect d’une véritable crise colique. Le malade de Bustos et Veppo éprouvait depuis un an de petites douleurs à type de coliques, localisées à la région para-ombilicale ; quelques heures après les repas, survenaient des troubles digestifs supplémentaires ; une légère tuméfaction apparaissait au même niveau, à droite de la ligne médiane.
La constipation est habituelle ; il arrive que les matières soient enrobées de sang (Goyena) ; de petites hémorragies intestinales ne sont pas rares dans l’actinomycose colique. La crise peut être plus violente encore : le malade est pris brusquement de douleurs abdominales violentes à type de coliques, s’accompagnant de vomissements, de constipation opiniâtre :
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si elle se prolonge plusieurs jours, c’est le tableau d’une occlusion.
L'état général du malade, vu au début des accidents, n’est pas encore atteint. Tout au plus se sent-il légèrement asthénique. Un malade de Lepoutre souffrant depuis deux mois de douleurs sourdes dans le flanc gauche, a conservé malgré cela un état général excellent. D’autres, au contraire, maïgrissent rapidement ; ils ont un peu de fièvre, 38° à 38°5, dès les premières semaines de maladie.
L'examen du malade porte avant tout sur la tumeur. Elle peut être si évidente que le malade lait remarquée et qu’il en ait conçu quelque inquiétude. Elle peut faire saillie sous la paroi abdominale. Le plus souvent, au début, elle n’est perçue qu’à la palpation. Qu’elle soit droite, transverse ou gauche, il importe peu pour en fixer les caractères. Suivant son volume et le stade de son développement, on a pu la comparer à un poing, à deux poings, à une tête de fœtus.
C’est au début une masse arrondie, assez bien limitée. Généralement très dure, de consistance ligneuse, exceptionnellement élastique, elle est mate à la percussion. Cette matité peut être coupée par une zone de sonorité, si la tumeur chevauche le tube intestinal.
La palpation n’est pas absolument indolore. Elle reste à cette période assez mobile ; la paroi ne semble pas lui adhérer ; elle peut être mobile sur le plan profond si elle siège sur un segment libre. Sur
Fons le
l'angle droit, elle peut être mobile avec les mouvements respiratoires. ; FT
Mais la plupart des observations nous la montrent à un stade plus actif : « Une large masse dans l’hypogastre au-dessous de l’ombilic, approximativement sur la ligne médiane, tendue ferme et presque mobilisable. Elle semble reliée à l'utérus » (Garlock).
Lepoutre trouve « dans le flanc gauche, profondément, .une masse très dure, plongeant dans la fosse iliaque, mais sans rapport avec les organes pelviens ».
Le malade est alors plus ou moins amaigri, son teint est pâle, quelquefois un peu terreux. Il n’a plus d’appétit. Souvent il est fébrile. Cependant quelques malades restent longtemps bien portants.
C’est encore la période chirurgicale, celle où l’exérèse garde des chances d’être efficace.
Il faut penser à l’actinomycose, éliminer l’idée d’un cancer, ou de tout autre diagnostic, essayer d’en faire la preuve : la radiographie, la séro-agglutination de Widal et Abrami, l’intradermo-réaction sont les moyens dont nous disposons.
Faute de preuves, faute de penser à l’actinomycose, devant ces tumeurs rares, on fait l’erreur de diagnostic : sarcome, cancer inopérable ; l’erreur thérapeutique : l’abstention opératoire. C’est moins grave si, malgré tout, le malade est opéré et l’exérèse pratiquée. Mais si la pièce opératoire n’est pas examinée, si des coupes histologiques assez nombreuses ne sont pas faites, le diagnostic peut n’être jamais fait. La