EVOLUTION ET PRONOSTIC
Il est éncore difficile de se prononcer à l'heure actuelle sur le pronostic de l’actinomycose colique.
Les anciennes statistiques étaient presque toujours concordantes, disons tout de suite franchement pessimistes : 60 à 70 % de mortalité.
Il est certain que, abandonnée sans traitement, lactinomycose colique s’étend, envahit la paroi, se fistulise, suppure, et se propage à distance. La guérison spontanée signalée par les anciens auteurs reste une curiosité. On observe parfois la guérison du foyer primitif, alors que d’autres foyers continuent d'évoluer.
Le processus peut s'étendre à tout l'abdomen, aux organes pelviens, à la région lombaire, au thorax, à la cuisse.
Mais la complication la plus habituelle est l’actinomycose du foie. :
Elle a été décrite il y a longtemps dans la thèse d’Aribaud, et Auvray lui à consacré un excellent article. Nous renvoyons pour sa description à ces auteurs, rappelant seulement que cette complication, toujours mortelle, ne diffère pas essentiellement dans ses symptômes des autres abcès du foie. L’organe est
ON
envahi par des abcès généralement multiples, contenant du pus à grains jaunes. Ex
Nous signalerons l'extension au thorax, aux poumons, toujours mortelle.
S'agit-il de propagation directe ou de métastase ? Les deux processus sont possibles. :
Le plus souvent, il faut incriminer la propagation directe ; elle se fait par les trajets fistuleux profonds, qui peuvent cicatriser et ne laisser comme trace qu'une mince traînée fibreuse.
Mais les métastases sont possibles par voie sanguine. Il existe des formes pyohémiques, avec foyers métastatiques du foie, des poumons et même du cerveau.
Les autopsies ont prouvé la possibilité de propagation vasculaire, mettant en évidence le parasite dans les vaisseaux (Israel, Nathan). Par contre, la voie lymphatique semble impossible ; il n’y a jamais d’adénite, sauf en cas d’infection secondaire.
L'évolution spontanée de l’actinomycose colique est pratiquement mortelle, malgré les observations classiques de guérison spontanée. Elle dure des mois, quelquefois des années, entrecoupée de poussées et de rémissions. Les malades succombent à la cachexie, ou par le fait d’une infection hépatique ou pulmonaire.
Ce fait ne doit retenir notre attention que pour insister sur la nécessité d’un diagnostic précoce.
Bevan, qui a vu beaucoup d’actinomycoses, donne
PAU (Es
le chiffre de 70 % de cas mortels contre 30 % de guérisons. :
Il pense qu’on devrait pouvoir aujourd’hui inverser cette proportion.
Brogden et J. Chester, dans une statistique de 14 cas vus à la Mayo Clinic (1922), trouvent 6 morts, 3 guérisons, 2 malades en traitement (état stationnaire), 3 malades perdus de vue.
Mac Kenty (1913) publiait 13 cas d’actinomycose d’origine appendiculaire. On y trouve 9 morts, 3 gué-’ risons, 1 malade perdu de vue.
Nous possédons 42 observations d’actinomycose colique. Nous trouvons au contraire des chiffres différents : 24 guérisons, 13 morts, 5 cas où l’évolution n’a pas été précisée.
Sur les 24 cas guéris, 19 ont subi un traitement chirurgical. Chez 12 d’entre eux, on a pu pratiquer une exérèse complète et efficace de la tumeur actinomycosique.
Parmi les cas défavorables, 9 ont subi un traitement chirurgical. Chez deux d’entre eux, on a pu faire une exérèse de tumeur actinomycosique, et la mort peut être imputée à une faute de technique opératoire. Chez les autres, on n’a fait qu’un traitement plus limité : curettage et drainage.
La plupart des cas guéris ont été traités précocement. Rares sont les tumeurs étendues et fistulisées qui ont pu être guéries (Masini, Frazer et Berkmann, Sattler).
Si nous considérons le pronostic par rapport aux