‹ Formes de Début Non Fistuleuses de l'Actinomycose ColiqueChapitre 46 sur 63 · TRAITEMENT MEDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MEDICAL

Les médicaments employés sont les iodures. Le plus habituel est l’iodure de potassium, considéré par certains comme spécifique des mycoses. Il semble avoir été préconisé pour la première fois en 1885 par un vétérinaire d’Utrecht, Thomassen, qui obtint sur l’actinomycose des bovidés des résultats remarquables.

Quelques années plus tard, Nocard lintroduisit en France. Employé chez l’homme par Van Iterson, Salzer, puis en France par Meunier, Gaube, Darier et Gauthier, il eut une vogue considérable, car ses premiers résultats publiés furent très brillants.

Cependant, des échecs ne tardèrent pas à survenir. Aussi Poncet et Bérard sont-ils plus modérés, et déclarent que l « iodure de potassium ne saurait être considéré comme le médicament spécifique de lacti- | nomycose ». Courtois, dans sa thèse, quelques années plus tard, lui dénie presque toute valeur.

Certes, il semble bien que l’iodure de potassium ne soit pas d’une efficacité constante et certaine. Il n’agit pas comme antiseptique. Nocard avait déjà vu que l’actinomyces pouvait se développer in vitro dans un milieu contenant 1 % d’iodure de potassium.

Cependant, il a donné dans bien des cas de bons résultats, surtout dans l’actinomycose cervico-faciale.

Quelle est sa valeur thérapeutique dans l'actinomycose intestinale ?

À vrai dire, il semble qu’à son actif on enregistre quelques succès.

Albert, de Liège, présente deux cas d’actinomycose intestinale, tous deux guéris par l’iodure. Il dit avoir pu traiter avec succès une vingtaine de cas d’actinomycose avec les localisations les plus diverses, exclusivement par l’iodure de potassium : « Tous, sans exception, ont guéri ». « Je n’ai jamais observé de récidives ». Dans un cas de tumeur du transverse, au bout d’un mois elle avait diminué de moitié. Malheureusement, il n’apporte pas la preuve bien nette qu’il s'agissait d’une actinomycose. Une réaction de Wassermann avait été négative ; il n’a pas pu faire d’agglutination. |

Un malade de Masini, traité par Vigne et Lauzun, a guéri malgré l'extension des lésions, par un traitement ioduré intensif, où furent associés l’iodure par la bouche et le lugol intraveineux.

Sinclair, Cl. Nario ont publié des cas heureux, mais il faut reconnaître que les bons résultats obtenus par l’iodure seul sont Pexception.

Beaucoup d’échecs sont à enregistrer. De nombreux cas mortels ont été publiés par Mac Kenty, Brogden et Chester, Albert, Hardy et Harrisson, en Amérique. Les auteurs allemands ne semblent lui accorder qu'une faible valeur, et ne l’employer que comme adjuvant. | Malgré les résultats très encourageants obtenus par les injections intraveineuses de lugol préconisées par Ravaut, on ne peut conclure à l'efficacité absolue et certaine des iodures. Ils présentent néanmoins l'avantage de pouvoir être associés à d’autres thérapeutiques, en particulier la chirurgie.

De quelle manière faut-il les employer ?

Ils ont été préconisés par trois voies : buccale, intraveineuse, locale.

a) Voie buccale. — De beaucoup la plus employée. Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître la nécessité des fortes doses ; 4 à 6 gr. sont insuffisants, il faut donner par jour jusqu’à 10 gr.

Albert conseille les doses progressives, en commençant par 6 gr. par jour pour atteindre en quelques jours 10 gr. Cette dose élevée doit être maintenue jusqu’à la guérison. Ensuite, il faut continuer

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le traitement pour éviter les récidives par une dose d'entretien de 3 gr. par jour pendant deux mois. En cas d’insuccès, il ne faut pas hésiter à pousser les doses jusqu’à 15 gr.

Lortat-Jacob et Garnier ont insisté de même sur la nécessité de doses élevées : 10 gr. par jour. On pourrait craindre par l’administration de doses aussi massives, d’avoir des accidents d’iodisme. En réalité, on les trouve signalés exceptionnellement. L’iodure de potassium, dangereux pour l’animal, est très bien supporté par l’homme.

La solution de lugol peut être mieux tolérée que l’iodure pur :

iode métalloïdique ... RUE 6 gr.

iodure de potassium ........ 3 gr.

eau distilléétss cire messe .qs. pour 300 cc.

à prendre par cuillerée à soupe dans du lait froid au milieu des repas.

b) Voie veineuse. — Préconisée par Ravaut qui employait la solution de lugol. On peut utiliser la : même solution, à raison de 3 à 8 cc. dilués dans des proportions convenables de sérum. On peut employer des solutions de lugol neutralisées par l’hyposuifite de soude, qui ne diminuerait pas son efficacité contre la mycose. On emploiera une solution d’hyposulfite mélangée avec une quantité égale de solution de lugol. Des doses de 5 à 30 cc. sont couramment tolérées par voie veineuse et n’altèrent pas l’endothélium vasculaire (Bocage).

Les auteurs allemands semblent préférer actuelle-

ment le yatren (105 Bayer), préconisé en 1922, par Eckert.

L'emploi de ce médicament riche en iode se fait de trois façons :

1° Intraveineuse à doses croissantes, de 5 à 100 cc. de solution à 3 % ;

2° Rectale, en lavements de 100 à 300 cc. ;

3° Localement, par les drains, en utilisant la même solution ‘

Werder (de Saint-Gall) l’a employé récemment dans un cas de tumeur :actinomycosique après l’intervention.

c) Voie locale. — Préconisée par Rydygier, plus tard par Thiéry (1905), dans les actinomycoses cervico-faciales, en injections interstitielles d’eau iodée au 1/10° dans le foyer d’actinomycose.

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