OBSERVATIONS
Nous avons réuni un certain nombre d'observations qui Jusüfient la classification que nous avons adoptée pour les formes frustes de la méningite cérébro-spinale.
Nous aurions pu multiplier les observations qui ont trait à certaines de ces formes. Nous avons préféré ne choisir que les plus saillantes, celles qui retracent le mieux les tableaux cliniques que nous avions en vue.
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OBSERVATION [. — Type ambulatoire curable — (Observation de MM. A. Sicard et Brecy). Sociélé médicale des Hôpitaux. (9 avril 1901.) (Service de M. le Professeur Brissaud).
Gren. M...
l'Hôtel-Dieu. A la consultation externe, où nous sommes
18 ans, vient à pied demander son admission à
chargé de l'examiner, comme suppléant de M. Legry, nous portons le diagnostic de grippe.
« Il veut un lit, nous dit-il, parce qu'il a mal à la gorge, qu'il a pris froid depuis deux ou trois jours, qu’il tousse, qu'il souffre de la tête et de la nuque. »
Il est admis à la salle Saint-Charles, dans le service de M. le professeur Brissaud.
Histoire de la maladie. — Quoique abandonné par ses parents, Gren... n'a jamais été malade. Pas de fièvres éruptives, pas de blennorrhagie, pas de syphilis. Il présente une double luxation congénitale de la hanche qui n’a jamais entravé du reste, sa profession pénible d’aide déballeur aux Halles.
L'intelligence est développée. Le malade sait analyser ses sensations et répond nettement aux questions qu'on lui pose.
Il y a un mois environ, la nuit, vers 4 heures du matin, aux Halles, il est pris de légers frissons, de mal de tête et de malaise général. Il entre chez un marchand de vin, boit un verre de vin chaud, puis s'endort sur sa chaise. Au réveil, quoique mieux, il déjeune mal, sans appétit. Il peut reprendre quand même son travail la nuit suivante. Dès 1e lendemain cependant, il ressent une certaine gène dans la nuque.
« Comme je ne pouvais, dit-il, pencher facilement ma tête,
soit en arrière, soit en avant, il me fut bientôt impossible de
porter, comme d'ordinaire, les fardeaux sur mon cou, et l’on ne tarda pas à me congédier. »
Il cherche, dès lors, À s'employer pour de petites courses chez les marchands de vin, balaye les salles et les caves, est mal nourri et couche la nuit sous la table et sur le parquet. (Nous avons pu confirmer ces renseignements sur place.)
Durant près de quatre semaines, il mène cette vie de travail et de privations, conservant de temps à autre, nous dit-il, une légère raideur de la nuque et des maux de tête qui reviennent assez tenaces tous les soirs, pour disparaître le matin. L’appétit est toujours resté bon, sans vomissements, et les garderobes régulières.
Mais le malade, trois jours avant son entrée à l'hôpital, ressent de nouveau quelques frissons, a mal à la gorge, tousse, et ne tarde pas à cracher, et, devant ces symptômes nouveaux,
vient demander à pied son admission.
Etat actuel le 18 mars 1901. — L'état général est bon. Pas d’amaigrissement. Le malade d'abord couché sur le dos dans les premières heures, se pelotonne bientôt en chien de fusil et dort dans cette position durant près de vingt-quatre heures.
Il ne veut pas se laisser interroger, répondant de très mauvaise humeur qu'il a sommeil.
La température rectale est de 39°2. La respiration de 18 à la minute. Le pouls bat à 76. |
Les amygdales sont rouges et l'on perçoit quelques râles de bronchite disséminés aux deux bases,
L'urine est normale, sans sucre ni albumine: La langue est humide. Le ventre n'est pas rétracté. Le malade est allé le
matin même à la garde-robe. La pression oculaire est légère-
=, ni —
ment douloureuse, il existe un peu d’hyperesthésie généralisée et une légère contracture de la nuque.
La luxation congénitale double de la hanche empèche la recherche du signe de Kernig. Les réflexes tendineux et cutanés sont normaux.
Devant ce tableau clinique, le diagnostic hésite entre des phénomènes de grippe. de fièvre typhoïde ou de méningite.
20-mars 1901. La température est moins élevée, à 38 degrés. Le malade est très éveillé, a dormi d'un sommeil très calme, et demande surtout à manger. Il est assis sur son lit.
Le pouls est bon, plein, à 70. La respiration est calme.
On tente cependant l'épreuve de la réaction de Widal, qui se montre négative, et, comme il existe toujours une certaine gène dans les mouvements de la tête, on pratique une ponction lombaire.
Le liquide s'écoule lentement, et, à notre grand étonnement, il apparaît aussitôt lactescent.
Il est ensemencé et centrifugé. Les cultures sont restées stériles, mais l'examen histologique a permis de déceler exclusivement les leucocytes polynucléaires en très grande quantité. L'exsudat du tube centrifugé était constitué par de vraies gouttelettes de liquide purulent.
Le diagnostic de méningite cérébro-spinale est alors posé.
21 mars 1901. Température normale à 3705. Le malade mange de bon appétit, et, malgré notre défense. se lève et va fumer dans les galeries extérieures. Depuis, il n'a jamais voulu garder le lit; l'appétit est resté bon, et il demande chaque jour son exeat.
22 mars. Epreuve de la perméabilité méningée, 4 grammes
de KI sont donnés durant deux jours, On ne retrouve aucune