ARS
trace de sel dans le liquide céphalo-rachidien lors d’une seconde ponction.
Le liquide retiré est moins trouble. Les leucocytes polynucléaires existent toujours en très grande quantité.
Point cryoscopique : 0.54.
26 mars. Troisième ponction. Liquide absolument clair à l'œil nu. Polynucléaires pourtant assez nombreux après centrifugation. Quelques mononucléaires ont fait leur apparition.
Point cryoscopique : 0,54.
2 avril. Quatrième ponction. Formule histologique exclusivement polynucléaire. |
Point cryoscopique : 0,60.
15 avril. Cinquième ponction. Mononucléaires encore assez abondants.
Point cryoscopique : 0.00.
Le malade sort le 16 avril.
MM. Sicard et Brecy font suivre leur observation des considérations suivantes :
Notre observation se rapporte donc à un cas de mé: ningite cérébro-spinale. Peut-être l'ensemencement du liquide céphalo-rachidien, pratiqué dès les premiers jours de la maladie, aurait-il pu nous révéler la nature de l'agent étiologique. En tout cas, l'examen cytologique a suffi à lui seul pour affirmer le diagnostic. Grâce à la présence de polynucléaires nombreux, nous. avons pu écarter immédiatement l'hypothèse d’une méningite tuberculeuse. Et c’est bien d'une forme ambulaloire de méningite cérébro-spinale qu'il s'agit. Durant les six semaines d'évolution, le malade n'a
NV gardé le lit qu'un jour ou deux, et peut-être même, pour expliquer cette légère poussée fébrile, peut-on incriminer une bronchite surajoutée.
Il est encore quelques points intéressants bien mis en lumière par cette observation, ajoutent encore MM. Sicard et Brecy.
M. Chauffard a posé tout récemment devant cette Société la question des suites éloignées des méningites cérébro-spinales.
MM. Netter, Vincent, Labbé et Castaigne ont pris la parole à ce sujet.
Les examens cytologiques répétés du liquide céphalorachidien montrent dans notre cas comment on peut étudier les suites rapprochées de la maladie et suivre pour ainsi dire pas à pas l'évolution du processus méningé vers la guérison. Comme dans l'observation de MAN. Labbé et Castaigne, nous avons vu une formule presque exclusivement lymphocytaire succéder à une formule polynucléaire. Nous avons montré déjà avec MM. Widal et Ravaut que la présence du leucocyte polynucléaire dans le liquide céphalo-rachidien est le témoin d’une atteinte plus vive de la méninge, le lymphocyte étant au contraire l'élément par excellence d'un processus méningé subaigu ou chronique.
Il était encore intéressant de signaler l'élévation progressive du point cryoscopique (de — 0,54 à — 0,60) au fur et à mesure de la réparation des lésions méningées. La tension du liquide céphalo-rachidien normal est, on le sait, toujours supérieure à — 0,56 (Widal, Sicard et Ravaut).
Enfin, l’imperméabilité des méninges à l'iodure de potassium semble être la règle dans la méningite cérébro-spinale. Notre cas est à ce point de vue à ajouter à ceux déjà signalés par M. Griffon. On sait qu'on peut observer au contraire au cours de la méningite tuberculeuse la perméabilité des méninges à ce même sel (Widal, Sicard et Monod).
L'avenir nous renseignera, grâce à la ponction lombaire et surtout à l'examen cytologique du liquide céphalo-rachidien, sur la plus ou moins grande fré quence de ces formes ambulatoires curables de méningite cérébro-spinale, qui, à l'examen clinique seul, peuvent facilement n'être pas reconnues.
OBSERVATION II. — Type ambulatoire curable. — (Babinski et Nageotte). Sociélé médicale des Hôpitaux. (24 mai 1901,
Un homme de 40 ans, vient à la Pitié consulter pour des céphalalgies très pénibles, dont le début remonte au 1$ décembre dernier, c'est-à-dire à cinq mois: cet homme n'a pas de fièvre mais il est manifestement affaibli, on sent qu'il est sérieusement malade, pourtant il a continué jusqu'à ce jour à remplir ses fonctions d'inspecteur de police, il présente une paralysie de la sixième paire à droite et un peu de congestion papillaire et d’exophtalmie ; à part ces signes, l'examen objectif est absolument négatif et en particulier, il n'existe aucune
ébauche du signe de Kernig. Quel diagnostic porter ?
ne
La ponction lombaire donne issue à un jet de liquide louche dans lequel, sans aucune centrifugation, on constate la présence de polynucléaires en très grande abondance, et ducoup s'impose le diagnostic de méningite cérébro-spinale à forme ambulatoire. Cette observation ajoutent MM. Babinski et Nageotte, est remarquable par la longue durée des accidents.
Elle sera d’ailleurs l'objet d’un travail spécial.
OBsERVATION 111. — Type laleni foudroyant. — Observation d'Ollivier (d'Angers). Considéralions médico-légales sur les morts subites. (Archives génér. de méd. 1838.)
Un ouvrier se lève comme d'habitude, dès le matin, pour se rendre à son travail. Il demeurait dans le quartier de l'Hôtel de Ville, et arriva presque en même temps rue Saint-Lazare, où il était employé. Il se met à l'ouvrage mais, les forces lui manquant et son malaise augmentant, il quitte les travaux et part pour regagner son domicile Vers 9 à 10 heures du soir, les camarades, en rentrant, le trouvent mort.
Aulopsie. — Je trouvai une exsudation puriforme dans le tissu cellulaire sous arachnoïdien, recouvrant la plus grande