PRÉAMBULE
Il importe au début de cette étude, de préciser les limites de notre travail. Notre but n’est pas de décrire la méningite cérébro-spinale épidémique dans sa forme classique. La symptomatologie clinique a été établie il y a longtemps déjà par les descriptions de Rüillet et Barthez, et surtout par les travaux récents de nombreux auteurs, et pour ne citer que ceux qui se sont surtout occupés en France de la question, de Netter, Rendu, Troisier, Chauffard, Dieulafoy, Widal et ses élèves, Sicard et Ravaut. Mais, si le tableau classique de la méningite cérébro-spinale épidémique est bien établi, tant au point de vue clinique qu'au point de vue anatomopathologique et même bactériologique, 11 n'en est pas de même des formes de cette maladie. On les trouve, a vrai dire, esquissées dans lestravaux d’en-
semble, mais elles sont basées surtout sur la durée de la maladie, son évolution curable ou mortelle, la prédominance des phénomènes spinaux ou des phénomènes cérébraux, le caractère épidémique ou non épidémique de la maladie.
Or, nous avons eu surtout pour but dans notre thèse de mettre en lumière les formes frustes, larvées, atténuées de la maladie, si atténuées même qu'elles peuvent passer inaperçues pour le clinicien, et ne sont décelables à coup sûr que par certaines techniques nouvellement venues que nous décrirons dans un chapitre spécial.
Certes, jusqu'ici ces formes avaient été entrevues, elles avaient même été groupées sous le nom de formes latentes, mais leur description est à peine ébauchée. On ne connaissait d'elles, que les formes latentes, mortelles, celles qui constituaient une trouvaille d'autopsie, celles reconnues seulement « sur la table d'amphithéâtre, et pour lesquelle on posaitun diagnostic rétrospectit. Et cela se comprenait aisément. Le clinicien mettait plus volontiers sur le compte d'une infection légère, embarras gastrique, grippe. angine, ces symptômes de lassitude, de fatigue, de douleurs névralgiques multiples, de cephalée légère de température peu élevée, S'accompagnant d'un état général médiocre, il est vrai, mais qui rapidement s'améliorait, et dont Ja guérison S'affirmait bientôt.
Aujourd'hui, grâce à la ponction lombaire, et au cyto diagnostic du liquide céphalo-rachidien, le doute ne sera plus possible, et beaucoup de cas curables
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qui autrefois auraient passé inaperçus, seront reconnus au lit du malade. C'est là une constatation qui n'a pas seulement un intérêt scientifique pur, elle est d'une grande portée pratique. Le froid, la fatigue, le surmenage peuvent en effet aggraver singulièrement la lésion méningée et transformer une affection relativement bénigne en une maladie très sérieuse. On ne saurait trop insister sur l'importance en pareil cas d'un diagnostic précoce qui conduit à une thérapeutique rationnelle et à des soins poursuivis longtemps.
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