‹ Formes Mortelles du BotulismeChapitre 10 sur 49 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Observetion n° I de la thèse de M. VITTroZ)

© V.., 56 ans, industriel, présente dans la nuit au 22 au 23 juillet 1943, de violentes douleurs abdominales avec paroxysmes ,accompagnées de vomissements. Presque au même moment apparaissent des troubles oculaires ; le malade est dans l'impossibilité de lire ; néanmoins, il conserve pendant assez longtemps une vision satisfaisante pour les objets éloignés. Dans la journée du 25 au 26, les troubles intestinaux persistent aussi intenses et les troubles oculaires s’accentuent, on décide lhospitalisation à l'Hôpital Pasteur.

A son entrée à l’hôpital, on est en face d’un malade apyrétique, très abattu, présentant un ptosis palpébral bilatéral très net, plus marqué à droite qu’à gauche, ne s'exprimant qu'avec difficulté, nasonnant mais parfaitement lucide. Il boit avec peine, le premier temps de la déglutition ne fait que s’ébaucher et les liquides ressortent par le nez.

A l’examen oculaire, on constate que les pupilles sont en mydriase, le réflexe à la lumière a disparu et le malade est nettement photophobique.

Toute salivation est tarie, la bouche est sèche et ver-

nissée, la langue fulligineuse est difficilement tirée hors de la bouche. -

L'abdomen est légèrement météorisé et la constipation opiniâtre depuis trois jours.

Les urines sont peu abondantes mais il ne semble pas y avoir de dysurie.

Les réflexes tendineux, achilléens, rotuliens sont difficilement obtenus.

ACL Ne CRE

L'examen cardiaque et pulmonaire est négatif. La tem- 5 4 pérature est normale.

A cette date le malade a reçu 80 cc. d'unités de sérum antibotulique et 1 cc. d’anatoxine À + B. On lutte contre la déshydratation et la défaillance cardiaque.

Le 26 juillet : l’état du malade reste stationnaire, il ne peut déglutir une seule gorgée de liquide, il reçoit 1.000 cc. de sérum physiologique et des toni-cardiaques.

Le malade conserve encore toute sa lucidité, La température reste normale. Tous les signes déjà notés persistent, quelques nausées dans la journée sans vomissements véritables,

Le 27 juillet : même état. La diurèse est meilleure, on.

continue le même traitement. Constipation toujours aussi intense.

Le 28 juillet au matin : pour la première fois, le malade présente une certaine gêne respiratoire, Le rythme est légèrement accéléré, peu ample, les lèvres cyanosées. Le pouls reste bon, l’examen carüiaqt@e ne donne aucun élément alarmant ; on continue réhydratation, toni-car-

diaques et on fait 2 cc. de Lobeline; diurèse satisfai-

sante ; pas de selle. Signes nerveux inchangés. La température reste à 37°.

Le 29 juillet : Au matin, la température est à 38°3. L’angoisse est plus marquée. La gêne respiratoire s’accentue. La cyanose progresse. A l'examen pulmonaire, on constate l’existence dé foyers broncho-pneumoniques disséminés dans les deux champs pulmonaires. Dans la nuit la dyspnée s’accentue, l’angoisse est intense et ie malade succombe au matin du 30 juillet.

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