‹ Formes Mortelles du BotulismeChapitre 11 sur 49 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Observation n° II de la thèse de M. VITTOZ

Marcelle V.., épouse du précédent, 43 ans, présente le 23 juillet 1943, au moment où son mari commençait les troubles digestifs précédemment décrits, des troubles oculaires manifestes. Comme lui, elle ne peut plus lire.

Très vite d’ailleurs et presque simultanément, de violentes douleurs abdominales apparaissent. Il s’agit de crises paroxystiques ayant arraché des cris à la malade au début de leur apparition. Pour les mêmes raisons que son mari, on l’hospitalise à Pasteur le 26 juillet.

A son entrée à l’hôpital, la malade est profondément prostrée, le faciès est blafard. Elle ne s'exprime qu'avec une grande difficulté ; la chute des paupières sur le globe oculaire est compiète et aussi marquée à droite qu'à gauche. L'aspect de la malade à la simple inspection est d'emblée plus inquiétant que celui de son mari.

A l’examen on constate une mydriase importante, le réflexe photomoteur a disparu et malgré tous les efforts de la malade, elle ne peut pas lire. La lumière semble également la gêner.

Toute déglutition est rigoureusement impossible. La malade n’a absorbé aucun aliment solide, ou liquide depuis de nombreuSes heures et il lui est impossible de tirer la langue hors de la bouche. Les muqueuses sont luisantes. Elle présente une polypnée assez marquée accompagnée de gène semblant provenir des voies aériennes supérieures. La température est normale,

A l'examen cardiaque le pouls est petit et filant,.

À l’auscultation cardiaque, les bruits un peu assourdis, l'examen pulmonaire est négatif.

Les réflexes ostéotendineux sont faibles. L’abdomen

Rare

est ballonné, la constipation marquée depuis deux jours, le globe vésical distendu par une rétention d'urine importante. Désormais la malade ne peut plus rien absorber.

Malgré le même traitement que son mari, malgré les toni-cardiaques à haute dose, la dyspnée s’accuse’ dans la nuit du 26 au 27 et le 27 au matin, la cyanose du visage s’accentue, la dyspnée s’intensifie et la malade s'éteint rapidement.

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