‹ Formes Rhumatismales De La GrippeChapitre 3 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au cours de la dernière épidémie de grippe, nous avons eu l'occasion d'observer quelques cas dont le caractère insolite nous a frapppé. Dans une petite agglomération, où, comme ailleurs, la grippe sévissait généralement et de façon bénigne, prenant plus volontiers la forme nerveuse (céphalée, abattement), nous avons vu chez plusieurs personnes ces symptômes de début faire place à des arthralgies assez intenses ettoujours multiples. En dehors des douleurs spontanées etprovoquées, les articulations ne présentaient à l'examen aucune réaction inflammatoire appréciable. Parfois les déterminations articulaires ne survenaient qu’au déclin d’une grippe bien caractérisée. De toute façon

elles ne duraient que quelques jours (trois ou quatre jours

tt Ve

dix jours au plus). La fièvre légère du début etles douleurs cédaient rapidement à l'administration de salicylate de soude ; jamais il ne subsistait de raideur on d’endolorissement articulaire. Ajoutons que pas un de nos malades ne présentait dans ses antécédents familiaux ou personnels de rhumatisme aigu ou chronique.

Aussi, chez des sujets non rhumatisants, la grippe nous paraissait affecter volontiers la forme rhumatismale ou arthralgique, et provoquer des déterminations articulaires bénignes qui cédaient au traitement spécifique du rhumatisme aigu franc.

Nos manuels classiques nous donnaient peu d'indications sur les faits de ce genre. Aussi nous a-t-il paru intéressant d'étudier spécialement cette question et de lui consacrer le présent travail. Les recherches que nous avons dû faire nous ont appris que les formes rhumatismales de la grippe avaient été signalées à plusieurs reprises, mais nous n'avons trouvé aucune étude d'ensemble sur ce sujet.

Les questions à résoudre sont les suivantes : Les manifeslations semblables à celles que nous avons observées sont-elles des accidents d'origine grippale (grippe anormale, pseudo-rhumalisme grippal) ; s'agit-il, au contraire, d’une attaque de rhumatisme aigu franc, provoqué ou réveillé par une grippe récente ?

Aussi nous parail-il nécessaire de passer tout d'abord en revue les symptômes et formes classiques du rhumatisme aigu franc. des pseudo-rhumatismes infectieux, et de la grippe. Abordant ensuite les formes rhumatismales de la grippe, nous ferons l’élude critique des faits publiés

el de nos observalions personnelles. Nous discuterons en-

fin le diagnostic différentiel de ces formes et les indications thérapeutiques qu’elles déterminent.

Avant de continuer cette étude nous voulons adresser à nos anciens maîtres le témoignage admiratif de notre recon-

naissance.

Qu'il nous soit tout d'abord permis d'adresser notre reconnaissance à M. le professeur Hutinel, de la Faculté de médecine de Paris pour l'honneur qu'il nous a fait en acceptant la présidence de cette thèse.

Nous sommes heureux de nous rappeler nos débuts dans la médecinesous la direction de MM. Petel. Chabout et Brunon.

Nous avons gardé le meilleur souvenir des lecons climques de M. le professeur Albert Martin et nous sommes heureux de lui témoigner publiquement notre reconnaissance pour la bienveillance avec laquelle il nous a soutenu

au cours de nos études médicales.

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