RÉSUMÉ DES OBSERVATIONS PRÉCÉDENTES ET CONCLUSIONS
Les 9 observations que nous venons de citer forment, avec les 23 cas de Marothe un total de 32 observations qui offrent un grand nombre de points communs. Dans 27 cas le début durhumatisme est à peu près contemporain (à un ou deux jours près) des symptômes d’'invasion grippale ; 27. fois l'élévation detempérature n'est qu'éphémère. Dans
tous les cas, sans exception, le rhumatisme est. poliarti-
culaire. Il s'accompagne la plupart du temps de signes locaux d'inflammation et il est suivi 24 fois d’impotence
articulaire persistant quelque peu.
On ne signale de complications (vagues accidents fonc-
tionnels cardiaques) qu'une seule fois : observation 20 d’ollivier, 7 malades sur 32 avaient eu antérieurement du rhumatisme et un seul, des antécédents héréditaires rhumatismaux. Enfin, dans les 5 observations où l'emploi du salicylate est mentionné ce médicament a eu un résultat favorable. Nous voudrions encore attirer l'attention sur nos observations personnelles qui présentent un caractère quelque peu particulier. Nous les avons relevées toutes dans le courant de janvier et au début de février, soit dans l’espace d’un peu plus d'un mois, et parmi une quautité de cas de grippe classique. Depuis la fin de février la grippe ayant décru sensiblement nous n avons plus observé un seulnouveau cas de rhumatisme grippal. Les douleurs onttoujours affecté plusieurs articulations que nous n’avons trouvé tuméfiées que dans un cas (obs. 28) ; elles n’ont jamais laissé la moindre impotence après leur disparition rapidement provoquée par le salicylate. Mais ce médicament semblait encore avoir plus vite raison de la flèvre et des autres signes généraux.
Cette seconde catégorie de faits que nous venons de passer en revue, nous parait plus intéressante à étudier que la première. Là, en effet, les phénomènes grippaux étaient indiscutables et évoluaient pendant plusieurs jours avec leur physionomie habituelle, sans que, pendant ce temps, il pût être question d'autre chose que d'une grippe. Puis les douleurs articulaires apparaissaient, avec leurs caractères spéciaux qui, joints à la notion certaine de la grippe antérieure, permettaient de poser le diagnostic de pseudorhumatisme infectieux grippal ou plutôt post-grippal.
Dans la seconde catégorie nous assistons uniquement
aux prodromes habituels de la grippe (céphalée, etc.) puis aussitôt après, l'affection prend une allure rhumatismale exclusive, et, pendant tout le reste de la maladie, il n’est plus question de grippe, mais de douleurs articulaires. Plus que dans les premiers cas, le diagnostic peut hésiter ici entre le rhumatisino orilinaire bénin et la grippe à forme rhumatismale. Il est certain que la seconde hypothèse s'appuie sur des raisons valables ! Les malades ne sont point des rhumatisants; c'est souvent là leur première atteinte; les cas sont observés au cours d’une épidémie de grippe. et l’on peut, jusqu’à un certain point, déceler la contagion d'un grippé franc à un grippé rhumatisant (Marotte) ; enfin, comme nous l'avons vu, quand l'épidémie de grippe s'éteint, on n’observe plus ces sortes de déterminatiohs articulaires. « Pour cette présence anormale et simultanée de grippe et de rhumatisme, écrivait le professeur Grasset (1850), on se trouve fortement tenté de rapprocher les deux maladies, de voir dans ces deux actes morbides, une même influence générale et d’en faire des manifestations d’une même constitution épidémique. Toutefois la question nous parait assez intéressante pour que nous reprenions avec quelques détails le diagnostic de la grippe rhumatismale (cas de la seconde catégorie),
et discutions en quelques lignes son traitement,
Letailleur 3