‹ Formes Rhumatismales De La GrippeChapitre 8 sur 14 · C. — GRIPPE RHUMATISMALE · texte numérisé non relu

C. — GRIPPE RHUMATISMALE

Sous ce titre nous allons grouper des faits un peu différents de ceux du paragraphe précédent. Iei l'invasion est celle de la grippe, avec les symptômes caractéristiques (céphalée, dépression) sur lesquels nous avons insisté dans le premier chapitre. Mais aussitôt après apparaissent des douleurs articulaires qui remplacent les symptômes habituels de la période d’état de la grippe eten modifient complètement le tableau.

OBSERVATION 20 (Ollivier)

Homme de vingt-lrois ans. Rhumatisme héréditaire, mais pas de rhumalisme antérieur. Le 20 décembre 1889, grippe avec frisson, courbature, inappétence, amygdalite, rhume léger. Le 29 décembre, après amélioration, retour des accidents (coryza, toux, courbature, etc.) qui disparaissent

après six jours.

Le 18 janvier 1890 nouvelle rechute, céphalée, malaise, inappétence et, le lendemain, vive douleur du genou droit. Le 21 janvier la marche estimpossible, les mouvements spontanés et provoqués sont très douloureux. Léger gonflement. Frissons, Température 38 degrés. Traitement: salicylate de sonde : 1 gramme.

Le 22 janvier, douleur dans l'épaule gauche. Le 23 quelques palpitations et intermittences cardiaques. Traitement : salicylate 4 grammes. Le 27 la douleur du genou a beaucoup diminué: le malade se lève. Le 10 février, le genou n'est douloureux que le matin au réveil, Encore un peu de douleur

précordiale,

OBSERVATION 21 (Chédeyergne)

Jeune fille de quinze ans, ayant eu autrefois du rhumatisme articulaire aigu, est prise soudainement de grippe (céphalée, etc.) avec fièvre et angine, et de douleurs vives dans toutes les grandes arliculations. Après deux jours de séjour au lit, disparition spontanée des douleurs.

A.-E. Samson, dans un article très documenté sur le rhumastisme grippal (1896), rapporte plusieurs cas de pseudo-rhumatisme post-grippal, mais aussi {rois observa-

lions où les douleurs apparaissent d'emblée.

OBSERVATION 22 (Samson)

Un homme de vingt ans est pris soudain de fièvre, sueur, el

de douleurs dans toutes les grosses Joinlures, presque pas de

tuméfaction, défervescence et guérison complète en quinze jours. Il n'avait jamais eu de rhumatisme antérieur ni héréditaire. Suivi pendant cinq ans après ces accidents, il n’a plus jamais

présenté la moindre détermination articulaire.

OBSERVATION 23 (Samson)

Homme, quarante-quatre ans. Jamais de rhumatisme antérieur ; est pris brusquement en février 1895 de douleurs dans le dos et dans les grosses jointures, avec gonflement et fièvre

modérée.

OBSERVATION 24 (Samson)

Femme, vingt-deux ans, Pas de rhumatisme antérieur. Influenza accompagnée de gonflements articulaires (genou, chevilles, main droite) ; puis névrite périphérique et atrophie mus-

culaire très étendue (comparer avec l'observation 17) (Huyghe).

C'est peut-être dans les observations de Marothe (1896) que nous trouvons la descriplion la plus nette de la grippe à forme rhumastismale. Pendant l'épidémie de grippe de janvier, août 1895, l’auteur a observé parmi les malades du 23° de ligne à Bourg, 23 cas de rhumatisme aigu qui ui ont DR ètre des « manifestations larvées de la grippe ». Il admet qu'assez souvent la grippe peut réveiller le rhumatisme chez des sujets prédisposés, mais € on ne saurait nier, d'autre part, écril-il, qu'elle peut créer d'em-

blée des rhumatismes aiqus chez des sujets jusqu'alors

indemnes, et que souvent même elle débute par des manifestations articulaires seules ».

Sur les 23 malades des Marothe, 17 n'avaient pas de rhumatisme dans leurs antécédents personnel au héréditaire. Cinq ou six fois, les douleurs apparurent au cours d'attaques franches de grippe. Mais dans tous les autres cas, sans autre prodrome quune céphalalgie pénible et qu'une courbature généralisée. Ce rhumatisme eut un début brusque en pleine santé.

L'auteur a observé le mode de propagation de l’épidémie et remarqué que, par exemple, un malade atteint de grippe franche contagionnait son voisin qui cinq ou six jours après faisait une grippe rhumatismale et qu'un autre voisin de ce dernier prenait à son tour la grippe franche ou le rhumatisme grippal. De pareils faits de contagion sont exceptionnels ou du moins mal démontrés dans le rhumatisme franc.

Enfin les caractères mêmes de l'affection ont été soigneusement déterminés par Marothe. Tout au début la température s'élève assez haut mais baisse rapidement « malgré la persistance d'un gonflement œdémateux et l’acuité d'une douleur qui, d’abord vague et sourde, allait s'avivant peu à peu pour rester ensuite longtemps à cet état et qui, même, après sa diminulion causait encore une gène et une inaptitude fonctionnelle d'une désespérante tenacité ». Voilà bien les traits caractéristiques du pseudo-

rhumatisme.

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OBSERVATION 25 (personnelle HI)

Mn° C..., quarante-six ans, pas de rhumatisme antérieur.

17 Janvier. — La malade est atteinte de courbature généralisée, douleurs rétro-orbitaires, céphalée intense, frisson.

Température 38 degrés. Examen entièrement négatif. Traitement : purgatif. Bromhydrate de quinine 0.76.

19 janvier. — La céphalée persiste en même temps qu'apparaîit une douleur subaiguë dans le genou gauche provoquée surtout par les mouvements. L’articulation paraît normale. Température 3708. Traitement : salicylate de soude 5 grammes,

20 janvier. — Même état mais apparition de douleurs dans l'épaule droite et le coude gauche. Même traitement. Température 3702. |

24 janvier. — La malade se lève et marche sans souffrir.

OBSERVATION 26 (personnelle [V)

Mme R... soixante-dix ans, Pas de rhumatisme dans les antécédents.

3 février. — Est prise subitement de grippe (céphalée, faiblesse, anorexie) et, presque en même temps de douleurs dans les pieds et les genoux, ne l'obligeant pas toutefois à se cou cher. Vue seulement après dix jours de cet état; rien d'anormal à l'examen. Pas de température. Traitement : salicylate de soude 5 grammes par jour, repos au lit, diète lactée. Amélioration notable au bout de vingt-quatre heures.

15 février (troisième jour de traitement). — Les douleurs

ont disparu, même à la pression et la malade peut vaquer à

ses occupations.

OBSERVATION 27 (Personnelle V)

M. P..., treize ans, jamais de rhumatisme antérieur ou héréditaire.

8 janvier. — Céphalée intense rétroorbitaire, inappétence et douleur légère dans la cheville qauche qui, très douloureuse à la pression ne révèle à l'examen, ni rougeur, ni chaleur, ni gonflement. Pas de température, Rien aux viscères. Traitement : purgation.

10 janvier. — La douleur envahit le genou gauche, le coude et l'épaule droite : elle est spontanée et réveillée par les mouvements et la pression ; rien à l’examen local. La céphalée a disparu. Température. 37°8. Traitement : salicylate de soude : 2 grammes,

14 janvier. — Toute douleur a disparu. Température normale depuis le 12. Le malade, complètement rétabli, peut se

lever le 16 janvier.

OBSERVATION 28 (Personnelle VI)

B..., sept ans. Rien dans les antécédents. Le 9 janvier le petit malade est pris subitement de céphalée intense avec vomissements, et bientôt après de douleurs violentes dans les chevilles et les doigts. Les mains sont enflées surtout au bout des

doigts, le moindre mouvement, la moindre pression ÿ provoque

une douleur intolérable. Température : 38 degrés. Traitement: Purgatif salin, salicylate de soude : 3 grammes par jour.

11 Janvier. -— Les douleurs précédentes se sont amendées, mais la colonne vertébrale est immobilisée par une douleur très violente. Le petit malade ne peut se retourner dans son lit ; la pression de l’épine dorsale est intolérable. Traitement : salycilale de soude, 2 grammes.

19 Janvier. — Toutes les douleurs ont disparu. On cesse le salicylate, mais le 18 se produit une petite rechute et le malade se plaint de nouveau des articulations des doigts. Traitement : salicylate : 3 grammes. Le 20 janvier toute douleur a disparu,

le malade se lève.

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