FUMIGATIONS ET LOTIONS DIVERSES
Employées eomme moyens de purifier l’air des salles de dissection, des salles des hôpitaux, etc.
Les miasmes qui résultent de l’accumulation des individus dans un espace borné, la réunion des matières animales, donnent souvent lieu à des altérations de l’air atmosphérique, funestes non seulement à ceux qui s’occupent de travaux anatomiques , mais encore à ceux qui soignent les malades, et aux malades eux-mêmes.
La cause de la plupart de ces accidents étant bien reconnue, on chercha divers moyens d’assainir l’air dans les lieux où il était vicié. Le feu fut d’abord employé ; vinrent ensuite des machines de tous genres destinées au renouvellement de l’air, puis les gaz acides. Enfin Guyton-Morveau fit connaître le moyen de désinfecter l’air au moyen du chlore, moyen qui fut de la plus grande efficacité dans une foule de circonstances. Cependant l'emploi de ce moyen nécessitant le transport des malades, la vapeur de ce gaz étant irritante, on lui a substitué depuis peu une nouvelle méthode de désinfection par la solution du sous-chlorure de chaux dans l’eau. Nous allons donner les formules des diverses quantités de matières employées pour désinfecter les lieux habités où l’air est vicié.
Désinfection par l’acide sulfureux.
On fait chauffer une plaque de 1er jusqu’à ce qu’elle soit à peu près rouge, et on projette dessus une poignée de fleur de soufre ; le soufre brûle et se convertit en acide sulfureux qui a la propriété de désinfecter l’air. Ce gaz étant très irritant, cause des accidents graves quand on le respire j il fflut se garantir de la vapeur qu’il produit.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 13
Désinfection par le gaz acide nitrique.
On prend six onces de nitrate de potasse; on le réduit en poudre fine ; on verse dessus quatre onces d’acide sulfurique à 66° ; on place dans une petite capsule , et on chauffe l’acide sulfurique; on met ainsi à nu l’acide nitrique, qui se dégage.
Désinfection par le chlore.
On obtient le chlore en mettant ensemble dans une terrine un mélange de quatre parties de sel marin et d’une partie d’oxide de manganèse; ajoutant ensuite quatre parties d’acide sulfurique à 66° étendues de deux parties d’eau ; puis portant à un degré de chaleur convenable pour dégager le chlore sans faire briser le récipient.
11 faut se garantir des vapeurs du chlore, car elles occasionnent l’irritation de la membrane bronchique, et causent souvent des accidents fâcheux.
Une méthode plus simple est celle qui consiste à employer le sous-chlorure d’oxide de calcium, soit pour laver les murs, soit pour arroser les salles; on se sert pour cela d’une dissolution très concentrée de ce chlorure ; on l’étend d’eau, et on en arrose le lieu où l’air est vicié ; la désinfection s’opère sans que le malade ait besoin d’être transporté et sans qu’il éprouve aucune incommodité.
Désinfection par le chlorure de chaux.
Pour opérer la désinfection par le chlorure de chaux, qu’il ne faut pas confondre avec le muriatc de chaux fondu, on dissout dans l’eau ce chlorure, cl on lave les substances qui sont infectées ; si on veut désinfecter un cadavre, on trempe des linges dans la solution, et on lave le sujet qui, en quelques instants, perd l’odeur infecte qu’il avait répandue.
Solution de chlorure. (Chevallier.)
Chlorure de chaux saturé et marquant 90 à 100 degrés
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
au chloromètre de Gay-Lussac, 100 Gram. : eau ordinaire, 1,000 Gram.; divisez le chlorure dans un mortier. Ajoutez l’eau peu à peu, filtrez la solution.
La solution préparée avec les proportions indiquées cidessus contient 32 Gram, de chlore par litre : elle peut servir à assainir un cadavre et une salle d’hôpital de 50 lits.
CATAPLASMES
On donne ce nom à des médicaments pultacés, destinés à être appliqués à l’extérieur, et que l’on prépare avec des pulpes, des farines, des poudres mélangées, auxquelles on donne la forme et la consistance de bouillie épaisse.
On y mêle quelquefois des huiles, des onguents, etc.
- LINIMENTS
Médicaments destinés à oindre la peau , les liniments ont ordinairement pour base une huile grasse, dans laquelle on a dissout ou à laquelle on a simplement mélangé d’autres matières actives. Cependant il y a des liniments sans huile.
On se sert de cette forme de médicaments pour faire des frictions, des embrocations sur différentes parties de la surface du corps. Généralement les liniments sont des préparations magistrales, dont le praticien varie la composition à son gré. Mais quelques liniments se trouvent tout préparés à l’avance dans les officines ; tels sont , par exemple, le Uniment hongrois, qui est un stimulant excessivement énergique , le baume opodeldoch , etc.