EAUX DISTILLÉES
Elles se préparent en distillant les substances médicamenteuses dans l’eau. Par ce procédé, on obtient toute la partie volatile et odorante du médicament.
Elles contiennent presque toutes du sur-acétate d’ammoniaque en petite proportion, et en outre de l’acide hydrosullurique : celle de pariétaire est de ce nombre.
Les eaux distillées, dites inodores , recohobées à plusieurs reprises, contiennent assez d’huile volatile pour qu’on puisse en reconnaître la présence par le goût et l’odorat.
Un grand nombre d’eaux distillées sont des médicaments fort insignifiants, et dont les propriétés sont presque milles ; telles sont celles que l’on retire des substances peu sapides, et surtout peu odorantes, comme les eaux de laitue, de plantain, de pourpier, de bourrache, etc., à moins qu’elles n’aient été recohobées.
Les eaux distillées, principalement celles des substances odorantes et aromatiques, sont en général fort usitées, et entrent dans la composition des potions, des juleps, des mixtures. Leur dose est de deux à quatre onces, à l’exception de celles de laurier-cerise et d’amandes amères, qui s’administrent à plus faible dose.
Voici celles dont on fait le plus fréquemment usage :
Eau distillée de laitue,
de bourrache, de buglosse, de pourpier,
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
de pariétaire, de plantain, de bluet, d’euphraise, de chardon-bénit, de raifort, d’aunée, de valériane, de laurier-cerise, d’amandes amères, de fleurs d’oranger, de tilleul, de mélisse, d’hysope, de lavande, de sauge, de menthe, de menthe poivrée, d’écorce d’oranges, de tanaisie, de fenouil, de cannelle, d’anis, etc., etc.
SIROPS ET MELLITES.
On distingue, sous le nom de sirops des médicaments liquides d’une consistance comme oléagineuse, formés par le sucre dissout, et cuit soit avec de l’eau simple, soit avec le produit de la décoction, de la macération, des sucs exprimés, ou l’eau distillée de certains végétaux.
Les sirops ne doivent être ni trop ni trop peu cuits : dans le premier cas, ils candissent ; dans le second cas, ils sont sujets à fermenter et à se décomposer. Le degré convenable de la cuisson des sirops est de 33° à l’aréomètre de Baume, lorsqu’ils sont encore chauds, et de 35° quand ils sont refroidis.
On les distingue en sirops simples , qui ne contiennent qu’une seule substance médicamenteuse, et en sirops com -
NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 29
posés, dans la formation desquels entrent plusieurs substances diverses.
Comme tous les sirops sont des médicaments officinaux, nous allons nous contenter de citer quelques uns des plus usités parmi les composés. Quant aux sirops simples, on en trouvera les doses à l’article de chacune des substances qui leur servent de base.
Sirop d’absinthe composé, 8 à 64 Gram. ( 3Ü à gij) tonique.
— de stæchas composé, id., tonique.
— anti-scorbutique, id., id.
— de consoude composé, 16 à 64 Gram. ( g à g ij ),
astringent.
— d’armoise composé , 8 à 16 Gram. ( 5 ij à g fg), exci-
tant.
— des cinq racines, 16 à 64 Gram. ( g à g ij ), diuré-
tique.
— de Cuisinier, 32 à 96 Gram, (gj àgiij), sudori-
fique.
— mercuriel de Belet, 16 Gram, (gfg), antisyphili-
tique.
— d’althæa composé, 16 à 64 Gram. ( g fè à g ij), adou-
cissant.
— de chou rouge, id.
— d’orgeat, 64 à 96 Gram. ( g ij à g iij), rafraîchissant.
— diacode, 4 à 32 Gram. ( 3 j à g j), narcotique.
— de karabé, 8 à 32 Gram. (3ij à gj), calmant.
— de chicorée composé, 16 à 64 Gram. ( g {g à g ij ) ,
purgatif.
— de pommes composé, id., minoratif.
— de roses pâles, id., id., etc., etc.
— de jusquiame (Journal de chimie médicale , jan-
vier 1826.)
Les sirops peuvent également se préparer avec le miel. On les nomme mellites.
Lorsqu’on emploie le vinaigre simple au lieu d’eau pour former le sirop de miel, on obtient l’oxymel simple.
Si l’on se sert du vinaigre sciUilique, ou forme l’oxymelscillitique.
oO
NOTIONS PRÉLIMINAIRE»
Le miel rosat se prépare en formant un sirop avee le miel et le suc exprinié des pétales de roses rouges.
ÉLECTUAIRES.
On donne ce nom à des médicaments de nature complexe, d’une consistance molle, composés ordinairement de poudres, d’extraits réunis au moyen d’une certaine quantité de sirop, de miel ou de conserve. On leur donne également les noms de confections et Copiais. Cependant on doit réserver spécialement ce dernier nom pour les électuaires qui renferment de l’opium.
Les électuaires étaient beaucoup plus fréquemment employés autrefois que de nos jours. Cependant il en est quelques uns qui sont restés dans la pratique médicale.
Les principaux électuaires officinaux sont les suivans: Thériaque, 2 à 8 Gram. ( 3 — 3 ij), tonique et calmant. Diascordium, 2 à 8 Gram. (5 — 3 ij), astringent et calmant.
Électuaire de rhubarbe composé, 4 à 8 Gram. ( 5 j — 3 ij), tonique, purgatif.
Confection d’hyacinthe ou électuaire de safran, 4 à 8 Gram.
( 3 j — 3 ij), stomachique, astringent.
Confection alkermès 12Décig. à k Gram. Oj— 3j), tonique, stomachique.
Opiat mésentérique, 12 Décig. à 4 Gram. Oj— 3 j), purgatif, drastique, etc., etc.
TULPES ET CONSERVES.
Les pulpes sont des médicaments de consistance molle, que l’on prépare en broyant dans un mortier et faisant passer à travers un tamis de crin, des substances végétales, plus ou moins charnues , encore fraîches ou ramollies par l’action de l’eau et de la chaleur. Par ce procédé, on obtient tous les matériaux immédiats contenus dans un végétal C’est ainsi que se préparent la pulpe des pruneaux, celles de casse et de tamarins , etc.
‘ Les pulpes doivent être préparées à mesure du besoin.
Quoique portés dans le Codex, ce sont des médicaments essentiellement magistraux, et qui ne peuvent être conservés longtemps après avoir été préparés; à cette condition, cette forme de médicament est souvent avantageuse.
Les conserves sont des substances végétales , ou des parties de végétaux que l’on met à l’abri de la fermentation en les faisant cuire avec du sucre. Elles ont à peu près la consistance du miel , ou sont solides. Elles diffèrent des pulpes par la présence du sucre ; des électuaires , parce qu’elles ne sont jamais composées. Il y a quatre sortes de conserves : 1° celles qu’on prépare avec les plantes fraîches ; 2° avec les plantes sèches par coction ; 3° avec les plantes sèches réduites en poudre ; 4° par coction des plantes dans le sucre jusqu’à siccité.
Les plus employées sont :
La conserve de casse, 8 à 32 Gram. ( 3 ij à § j) , laxative.
— de roses rouges, 8 à 32 Gram. ( 5 ij à 5 j), astrigente.
— de cynorrhodon, id id.
— d’année, id tonique , sudorifique.
— d’oranges, 8 à 24 Gram. ( 3 ij à 3 vj), stomachique.
— de rue, 32 à 64 Gram. ( 5 j à 5 ij), en lavement. Elle
est antispasmodique.
— d’angélique, 32 à 64 Gram. ( 5 j à g ij), tonique.
— d’ache, 16 à 64 Gram. ( 5 ft à 5 ij), tonique.
Les extraits sont des médicaments officinaux, de consistance variable, tantôt mous, tantôt durs et secs. On les prépare , soit avec des infusions , soit avec des décoctions de matières végétales ou animales faites avec l’eau, le vin, le vinaigre , l’alcool ou l’éther , soit avec des sucs extraits de végétaux, que l’on réduit à une consistance convenable au moyen de la chaleur.
D’après leur consistance, on les distingue en extraits mous, extraits solides et extraits secs, nommés improprement sels essentiels , préparés suivant la méthode de La Garaye.
Les extraits mous , que l’on forme avec le suc épaissi et
EXTRAITS
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
non fermenté de certains fruits , portent plus particulièrement les noms de robs : tels sont les robs de baies de sureau, de nerprun, etc.
On administre généralement les extraits sous la forme de bols ou de pilules dont la dose varie suivant chaque espèce. Ils entrent aussi dans certaines potions.
PILULES
Ce sont des médicaments presque solides, mais obéissant encore à la pression, d’une forme ronde, d’un petit volume, préparés ordinairement avec des poudres, amenées à cette consistance au moyen d’un mucilage, de sirop ou avec des extraits végétaux, etc.
On emploie principalement cette forme de médicament, lorsque l’on veut administrer des substances qui doivent agir sous un très petit volume, ou dont le goût ou l’odeur sont désagréables.
Le poids des pilules varie communément de 1 à 4 Décigrammes (2 à 8 grains.)
BOLS
Les bols ne diffèrent des pilules que par leur consistance généralement plus molle, et surtout leur volume plus considérable. Leur forme est la même ; on les prépare ordinairement de la même manière que les électuaires. On peut également les former avec des pulpes ou des conserves.
Le poids d’un bol peut être quelquefois élevé jusqu’à 2 et Blême 4 Grammes (5 à 5 j).
TEINTURES ALCOOLIQUES
Les teintures alcooliques sont des solutions de divers principes immédiats des végétaux dans l’alcool.
L’alcool dissout le principe résineux, le camphre , l’huile essentielle, substances sur lesquelles l’eau et le vin n’ont presque aucune action, Il s’approprie aussi une certaine
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
quantité de principes solubles dans l’eau , à cause de la proportion de ce liquide qu’il contient toujours. On reconnaît facilement dans une teinture alcoolique la présence de la résine , du camphre ou d’une huile volatile, en en versant quelques gouttes dans l’eau. Ces principes étant insolubles dans ce dernier liquide, sont mis à nu, et forment un nuage blanchâtre et opalin dans la liqueur. Il est donc important, dans une potion, de ne pas mélanger une teinture contenant une résine ou de l’huile essentielle, avec un liquide aqueux, à moins qu’on n’ait eu le soin d’en favoriser le mélange parle moyen de la gomme ou du jaune d’œuf.
On emploie les teintures alcooliques pour la confection des vins médicinaux , suivant le procédé de Parmentier • elles entrent aussi dans les potions.
Les teintures alcooliques sont une forme très-convenable de médicaments ; car l’alcool qui sert de dissolvant présente le double avantage de dissoudre la plupart des principes actifs organiques , et d’être un agent certain de conservation.
M. Béral a proposé une nouvelle classe de médicaments qui ont la teinture pour base ; il imbibe du sucre avec des quantités données de teinture , fait évaporer l’alcool et réduit le sucre en poudre. Quand on veut éviter l’emploi excitant de l’alcool , ce moyen est excellent.
Les teintures sont au nombre des médicaments officinaux.
TEINTURES ETHEREES.
On emploie quelquefois l’éther sulfurique pour servir de menstruc à certaines substances. Les mélanges qui résultent de celle opération, sont en général des médicaments d’une très grande énergie, qui dépend quelquefois autant de l’excipient que de la substance qui y est dissoute. La dose des teintures élhérées est de dix à vingt-cinq gouttes dans un véhicule convenable.
Les teintures élhérées les plus généralement usitées sont celles de digitale , de belladone, de jusquiame , etc.
54 NOTIONS PRÉLIMINAIRES