BOUILLONS
Ils s’obtiennent par la décoction plus ou moins longtemps prolongée de la chair de certains animaux dans
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l’eau. Ils ont pour base une matière animale, tandis que les tisanes sont toujours faites avec des substances végétales.
Dans les bouillons médicinaux, la proportion de matière animale est si peu considérable , relativement à celle de l’eau, qu’ils sont fort peu nourrissants, et peuvent être donnés sans inconvénient, même dans certaines inflammations, mais peu intenses. On les administre presque toujours comme rafraîchissants ou adoucissants, excepté dans le cas où , par l’addition d’une substance quelconque, on les rend propres à remplir une indication particulière.
Les principaux bouillons médicinaux sont ceux de veau, de poulet, de tortue, de limaçons, de grenouilles. Ils sont tous plus ou moins rafraîchissants ou émollients.
SUCS DEPURES.
On prépare ces médicaments en pilant dans lin mortier de bois une certaine quantité de plantes encore vertes et fraîches, en en exprimant le suc , et le clarifiant par des procédés divers.
Le mode de clarification qu’on doit toujours préférer, est celui qui consiste dans la simple filtration des sucs après quelques instants de repos. On évite ainsi l’emploi de la chaleur, dont l’effet est de coaguler l’albumine végétale, qui entraîne avec elle plusieurs principes médicamenteux.
Les sucsmusi préparés peuvent constituer une forme de médicaments aussi bonne que variée; et au lieu de n’employer, comme on le fait ordinairement pour la préparation des sucs , que des substances médicinales peu actives, on peut avec grand avantage employer les médicaments indigènes les plus énergiques qui conservent ainsi mieux que par tout autre mode toutes leurs propriétés. Mais il faut avoir soin de noter les doses des matières actives avec une grande précision.
On peut ainsi ajouter 2 grammes gros) de feuilles fraîches de digitale au suc diurétique. La ciguë, les plantes actives des familles des Solanées, des Kenonculacées, peuvent être indiquées dans des sucs appropriés, mais tou-
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jours à des doses très précises et très faibles pour commencer, car ces plantes conservent ainsi toutes leurs propriétés sans aucune altération.
TOTIONS, JÜLEPS, LOOCHS ET MIXTURES.
Ces différentes formes pharmaceutiques, que l’on confond communément sous le nom général de potions, n’ont de commun entre elles que leur mode d’administration. Jamais, en effet, elles ne sont données comme boisson habituelle à un malade; elles doivent au contraire être toujours prises à certaines heures, et le plus souvent à petite dose à la fois.
Les potions sont des mélanges d’eaux distillées, d’infusions, de décoctions, d’extraits, quelquefois de poudres, en un mot, de substances d’une consistance variée, auxquelles on ajoute en général une petite quantité de sirop pour faciliter le mélange, ou remplir une indication particulière.
Les mixtures doivent être des médicaments formés de substances liquides, ordinairement très énergiques, et qui s’administrent par gouttes, ou du moins en petite quantité. Mais on a également étendu ce nom à des préparations qui ne diffèrent pas sensiblement des potions.
Les juleps sont des médicaments ordinairement d’un goût agréable, et auxquels une plus grande quantité de sirop que dans la potion donne une consistance visqueuse et oléagineuse. Ils diffèrent des potions et des looclis, en ce qu’ils ne contiennent jamais ni poudres, ni substances huileuses.
Les loochs ne diffèrent des juleps que par leur consistance encore plus grande, et par leur excipient, qui est le plus souvent une forte émulsion préparée avec des graines huileuses, ou avec une huile suspendue dans un liquide, au moyen d’un mucilage ou du sucre.
Lorsque l’on fait entrer dans ces mélanges des teintures résineuses, il faut avoir soin de mêler ces substances, soit premièrement avec le sirop, soit avec une certaine quantité de jaune d’œuf; sans cette précaution, la matière résineuse
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sc précipite, et se trouve inégalement mélangée dans le liquide.
En général les potions se prescrivent à la dose de quatre ou cinq onces et de manière à ce qu’on puisse les renouveler ou les changer toutes les vingt-quatre heures. Le médecin doit indiquer avec soin comment doit être prise une potion si c’est par petites cuillerées à café ou par cuillerées à bouche et surtout l’intervalle que l’on doit mettre entre chaque cuillerée.