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DISTILLATION

Il est inutile de décrire les appareils à distiller que l'on trouve d’ailleurs, sur tous les traités de Chimie et sur tous les catalogues des constructeurs.

Certains appareils très j)erfectionnés permettent d’obtenir de l'alcool chimiquement pur, dès la première distillation.

Lorsqu’on voudra distiller seulement un litre ou deux liti-es d'alcool, on emploiera une cornue ou un ballon en verre : on aura soin de fermer avec un bouchon en liège de bonne qualité, mais jamais avec un bouchon en caoutchouc qui communiquerait un goût désagréable au produit obtenu.

Après avoir rempli le récipient, on le placera au B. M. dans une <;apsule quelconque et on niettra le tube a dégagement en communication avec un serpentin en verre ou avec un réfrigérant ascendant de Liébig refroidi par un courant d’eau continu.

La distillation peut se faire à feu nu, au B. M., à la vapeur; lorsqu’on distille à feu nu, il faut avoir soin de mettre les plantes sur une grille en nickel ou sur un diaphragme en porcelaine ou en verre, pour éviter l’action directe du feu. On lute les joints lorsqu’on emploie l’Alambic ordinaii'e.

Il faut éviter de trop chauffer au commencement de bidistillation,

1. Les Essences pour Rliums proviennent frénénilement d’Allemagne, Darmstadt fournit la plus grande partie : ce sont des mélanges complexes d’Elliers butyriques, acétiques, nitriques, valérianiques. etc. Leur emploi demande une certaine habitude.

LIQUEURS

sans quoi le liquide passe en nature dans le réfrigérant et enti'aine avec lui les substances destinées à l'aromatiser.

Dès que les premières gouttes sortent, on chauffe légèrement pour que les vaj>eurs du liquide puissent se condenser et qu’il n’y ait pas de coup de feu.

On augmente ensuite progressivement, de façon à obtenir un petit filet ; en distillant goutte à goutte, l’alcool recueilli seraitpeu chargé de principes aromatiques.

Un feu trop-vif fait passer les flegmes^ avec l’alcool et l’eau et donne au liquide un goût désagréable désigné sous le nom de goût empyreumatique.

Il est inutile d'ajouter que le serpentin doit être toujours d’une propreté rigoureuse, au début de l’opération et qu’on doit le refroidir sans cesse pour éviter toute perte d’alcool.

Enfin, on devra toujours employer de VEau distillée^ des Essences de premier choix, des plantes ou des parties de plantes non altérées, de belle qualité, concassées ou coupées en petits morceaux.

Rectification :

La rectification consiste à mettre te liquide déjà distillé dans un alambic et lui ajouter une quantité d’eau nécessaire pour procéder à la seconde distillation.

La propoi'tion est généralement de .'iO litres d'eau pour tüO litres d’Alcool distillé. (Voir détails pour les doses à l’article ci-dessous « Esprits w.)

Esprits oü Alcoolats :

On nomme Esprits des alcools qui se sont emparés par la distillation des principes essentiels ou odorants d'une ou plusieurs substances.

Les Esprits des Distillateurs correspondent aux Alcoolats des Ifiiarmaciens.

Pour préparer les Esprits ou les Alcoolats, on divise avec soin les substances, on les fait macérer vingt-quatre heures dans l'alcool à 80® ou 90®.

On ajoute à la macération obtenue une quantité d’eau égale à la moitié de l’alcool employé.

t. Los Flegmes ou Petites Faux sont les derniers produits de la distillation et de la rectification des alcools parfumés. Ils sont acres, d'odeur piquante et cmpyreumatique. On les met de côté pour ne pas perdre l'alcool (pi’ils renferment cl qui esl tout indiqué pour la préparation des Absinthes !

LIQUEURS

/.'xenwle: On ajoutera 50 litres d’Eau distillée à 100 litres d’Alcool à 80“ ayant macéré sur des substances aromatiques.

Pour llectify'er tes h'sprils ou Alcoolats, on distille une seconde foi^ tea produits obtenus, mais en apant soin d'ajouter encore les mêmes proportions d'Eau distillée quo cv-do'&'îiu?, \ enfin on abandonne 3 à 4 litres pour cent pour retenir les impuretés.

Ainsi à 100 litres d'Esprit ou d' .Mcoolal, on ajoutera 50 litresd'Eau distillée et on recueillera à la distillation de 06 à 97 litres d' Esprit rectifié ou d' Alcoolat rectifié.

Comme pour la Parfumerie, il est très regrettable que les Üistillateurs n’adoptent pas, à l’exemple des Pharmaciens, un titre uniforme pour la préparation des Esprits ou Alcoolats.

On devra donc, dans toutes les formules, faire suivre les mots Esprits des chiffres indiquant leur titrage.

Exemple ; Un litre d’Esprit d’Anls à 125 grammes voudra dire que l'on a pris pour distiller un litre d’Alcool à 85° et 125 gr. de Semences d’Anis concassées.

Un litre d’Esprit d'Orange à 10 zestes (encore un cbift're très vague et très variable) voudra dire que l’on a pris pour distiller un litre d'Alcool à 85“ et les zestes de 10 oranges.

Les Genièvres, les Absinthes, l’Alcoolat de Mélisse, l’Eau des Jacobins ne sont en somme ([ue des Esprits ou des Alcoolats composés (voir leurs formules ci-après).

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