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CRAMPE DES ÉCRIVAINS ET MYOSITE CHRONIQUE

nés ou symétriques de myosite chronique de la main, du bras et de l’avant-bras, pouvaient s’accompagner du syndrome classique appelé par les auteurs crampe des écrivains, des pianistes, etc. ; que quand on a guéri la myosite, la diskinésie disparaît. Cette constatation me permit de me rendre compte d’un succès complet que j’avais obtenu l’année précédente en appliquant intégralement la méthode de Sehott.

Je ne veux cependant pas dire que toutes les crampes des écrivains sont consécutives à des myosites chroniques; qu’on les guérit toutes par le massage. Il y en a dans lesquelles on ne trouve pas d’induration malgré tout le soin qu’on apporte dans la recherche ; il y en a qu’on ne guérit pas en massant les foyers découverts. Outre le malade dont j’ai parlé j’en ai complètement traité sept autres dans ma clientèle, parmi lesquels un avait des crampes en écrivant et en jouant du piano. Cela fait huit cas en tout ; six fois, j’ai trouvé des indurations musculaires; deux fois je n’ai rien rencontré. Dans ces deux derniers cas, j’ai fait à tout hasard un massage général du bras; chez un malade les séances furent quotidiennes et durèrent six semaines; j’obtins une amélioration légère qui dura quelques mois; je n’ai rien eu chez le second. Je ne crois donc pas que l’on puisse attendre grand chose du massage lorqu’il n’existe rien de tangible dans les muscles.

On a des insuccès même dans les cas semblant, les plus favorables.

Au mois de novembre 1888, j’ai massé un ancien notaire de Paris, atteint depuis vingt ans d’une

crampe des écrivains; elle était telle que depuis quelques années il se servait exclusivement pour écrire d’une machine américaine. Foyers de myosites dans plusieurs muscles du bras, dans le grand pectoral et l’épaule; épanchement dans la gaine du long fléchisseur du pouce, au-dessous des muscles de l’éminence thénar ; tuméfaction des interosseux dorseaux et des lombri eaux. Massage durant trois mois sans inlerruption ; les indurations ont disparu; le bras est beaucoup plus fort qu’auparavant ; les douleurs dont il se plaignait lorsque je le vis pour la première fois n’existent plus; mais la dyskinésie persiste. Chez un autre malade obligé par métier d’écrire, je trouve des myosites de l’avant-bras, du bras et de la main. Massage pendant sept semaines, résultat peu encourageant. Je m’expliquai cette fois mon insuccès relatif. La crampe datait de trois ans; le malade qui était nerveux et agité à l’extrême ne put s’astreindre à un repos absolu parce qu’il était était obligé de travailler pour faire vivre sa famille. Je n’ai noté que trois fois chez mes malades un état nerveux qu'on pût appeler nervosisme. Deux étaient des écrivains de profession, nerveux avant la dyskinésie; ils l’étaient devenus beaucoup plus à partir du jour où elle s’était développée; l’anxiété morale produite par la perspective d’une infirmité qui les empêcherait de travailler avait contribué pour beaucoup à la production de leur état. Il aggrave toujours le pronostic à cause de l’extrême irritabilité réflexe qui l’accompagne. Voilà ce que j’ai rapporté, en 1891, dans mon Traité du massage. Depuis cette époque j’ai

MYOSITE CHRONIQUE

eu à soigner et avec succès un nombre assez important de personnes atteintes de crampe des écrivains ; ce qui m’a confirmé clans mes vues sur la nature de la maladie qui nous occupe.

Je ne suis qu’à moitié surpris de la tendance aux récidives constatée, surtout lorsque la cure n’a pas été terminée; les myosites du membre supérieur qui donnent lieu aux crampes motrices me paraissent reposer sur un substratum rhumatismal. Gomme les lésions du même ordre, elles sont très souvent multiples et symétriques ; j’ai trouvé quelquefois en même temps des myosites du cou, du tronc, des bras; j’ai trouvé d’autres accidents que presque tous les auteurs attribuent au rhumatisme chronique; par exemple, des épanchements dans les synoviales musculaires, des arthrites dans les articulations carpo-métacarpiennes , métacarpo-phalangiennes, Les médications générales employées d’habitude contre le rhumatisme chronique, et en particulier les cures thermales, sont alors très utiles.

l 'ans mes cas les maladesprésentaient la forme trémulente à un degré plus ou moins prononcé; la même méthode est applicable dans toutes les autres formes.

Les manipulations nécessaires sont Y effleurage, les frictions e t le tapotement. Je ne reviens pas sur le but que vise chacune d’elles ; je parlerai un peu plus loin des indications générales dans les indurations musculaires de n'importe quel siège : j’ai du reste donné des détails précis sur le modus faciendi dans mon dernier travail sur le traitement des affections douloureuses de la tête.

Membre inférieur. — Ressemblances des accidents

'produits quelquefois par les myosites de la région fessière avec la sciatique. — Des malades atteints des myosites des muscles fessiers (1) m’avaient été adressés avec le diagnostic sciatique parce qu’ils se plaignaient des douleurs dans tout le membre inférieur plus accusées au moment des changements de temps, présentant parfois des paroxysmes très violents. Plusieurs avaient une atrophie marquée des muscles de la fesse, de la cuisse et de la jambe et marchaient difficilement; chez l’un d’eux, la jambe était fléchie légèrement sur la cuisse, il y avait de la contracture en même temps que de l’atrophie.

Les myosites de la cuisse siégeaient presque toujours dans le triceps.

Quelquefois on en trouve aussi dans les adducteurs, surtout de cause traumatique. Elles sont très fréquentes dans tous les muscles de la jambe et surtout dans les muscles situés dans la région du tendon d’Achille où le massage est particulièrement douloureux.

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