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CONTRACTURE ET ATROPHIE MUSCULAIRES

Dans bon nombre d’entre elles le massage est utile, on pourrait même dire qu’il l’est dans toutes, mais personne ne songerait à affirmer qu’il guérit définitivement les contractures de n’importe quelle origine, de n’importe quelle cause. Il peut les faire disparaître; c’est alors une médication réellement curative, mais il peut aussi contribuer seulement à améliorer la nutrition des muscles comme un simple adjuvant de moyens thérapeutiques plus radicaux.

Par ce fait seul que des traitements identiques dirigés contre des complexus qui semblent identiques eux-mêmes peuvent aboutir à des résultats différents, il est indispensable d’analyser les cas, de remonter à leurs origines et, si faire se peut, de déterminer leur nature respective.

Il est presque impossible d’étudier isolément la contracture et l’atrophie; ce sont deux états connexes qui souvent existent en même temps ou se succèdent. Un muscle contracturé s’atrophie à la longue, et la réciproque est vraie; il est exceptionnel qu’une atrophie musculaire ne s’accompagne pas de contracture du muscle primitivement atteint ou des antagonistes. Cette connexité n’implique nullement l’identité des deux syndromes; on peut concevoir a 'priori qu’il existe entre eux des différences qu’on peut constater sans peine. Il est très possible que la nutrition d’un muscle en état de contracture soit intacte ; que tous ses éléments soient conservés, qu’il n’y ait ni sclérose ni dégénérescence graisseuse. A cet égard, les recherches anatomiques faites jusqu’à ce jour n'ont fourni aucune notion décisive ; peu ont même porté sur des

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contractures récentes; d’un autre côté l’examen à la vue et au toucher d’une région à muscles contracturés ne révèle pas toujours cette diminution de volume, cet amaigrissement caractéristique des atrophies prononcées; il faut donc étudier . isolément la contracture et l’atrophie.

Comment on comprend aujourd'hui les contractures. — M. Duplay déclarait il y a quelques années que la contracture est un raccourcissement spasmodique aigu et nécessairement spontané de la fibre musculaire. M. Charles Richet appelle contracture toute contraction musculaire prolongée qui ne peut être relâchée sous l'influence de la volonté (1). M. Erb parle d’un raccourcissement durable des muscles amenant le rapprochement graduel de leurs points d’insertion, M. Straus donnait la définition suivante en 1875 : « La conl racture est une contraction tonique persistante et involontaire d’un ou plusieurs muscles de la vie animale (2). »

Contractures vraies et fausses contractures. - M. Blocq considère la contracture comme un état pathologique du muscle caractérisé par la raideur involontaire et durable.

On lui rattache à tort d’après ce dernier auteui un certain nombre d’états qui lui ressemblent. Les plus remarquables sont : les convulsions toniques passagères à successions successives et irrégulières, les crampes, les tics, la catalepsie carac-

(1) Ch. RicheL, Pathologie des Jierfs et des tnuscles. p. 482.

(2) Straus, Des contractures, thèse de. concours d’agrégation. Paris, 1875.

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