SCIATIQUE
musculaires, de telle sorte que les mouvemenfs des jambes étaient entravés et que la malade ne pouvait plus monter les escaliers sans douleurs; la nuit elle souffrait beaucoup. Winge massa d’abord le sciatique gauche, quelques jours après le droit; les douleurs diminuèrent. Au bout de huit jours, la malade pouvait monter sans difficulté l’escalier; après deux mois et demi de traitement elle était guérie.
J’ai déjà parlé des sciatiques consécutives à la propagation aux nerfs de myosites de voisinage ou résultant de la compression des troncs nerveux par un noyau d’inflammation chronique (fausses sciatiques). Ces affections sont presque toujours sous l’influence d'une même cause générale, le rhumatisme : le massage réussit, mais comme ses effets sont purement locaux, on ne peut espérer prévenir les récidives que par un traitement général ; ce sont les médications thermales qui font le mieux (1).
Massage. — Dans aucune affection, sauf l’entorse, le massage ne donne des résultats aussi brillants que dans la sciatique. Il est indispensable toutefois de commencer à une époque rapprochée du début, dès le lendemain du premier accès, le jour même si c’est possible. Avec deux séances quotidiennes ont guéri le malade en huit ou dix jours. Le traitement est alors plus douloureux qu’il ne le serait plus tard. En commençant très douce-
(0 Voy. Do la Harpe, Formulaire des eau c'j minérales, le la balnêo thérapie et de l'hydrothérapie. Paris, 1894.
ment et en augmentant petit à petit la pression, on finit par rendre la douleur supportable.
Il est malheureusement rare qu’on soit appelé pour une sciatique récente ; les plus courageux attendent; l’accès fini, ils espèrent qu’il n’en reviendra plus. Cette expectation n’aboutit à rien de bon ; lorsque les accès deviennent moins violents, ils augmentent de fréquence; à l’élément paroxystique et intermittent s’ajoute un élément continu : les malades souffrent tantôt plus, tantôt moins, mais ils souffrent toujours. A partir de ce moment, les médications les plus disparates sont essayées ; vésicatoires camphrés ou morphinés, pointes de feu, douches locales, injections de morphine, opium, sulfate de quinine, bromure de potassium à haute dose. Ni les révulsifs, ni les anesthésiques locaux, ni les dérivatifs ne guérissent; on diminue les douleurs, on obtient un repos relatif; mais au moindre exercice prolongé, au moindre refroidissement, le malade recommence à souffrir.
En France, le public connaît si peu le massage, que souvent on n’y songe que tard dans la sciatique, après que les autres médications ont été infructueuses. Les conditions sont alors infiniment moins favorables qu’au début ; même dans les cas invétérés on peut encore promettre la guérison, sans crainte d’être démenti par les événements, mais il faut une conviction absolue et une patience inépuisable de la part du médecin comme de la part du malade. Souvent le découragement intervient et l’on n’obtient qu’une amélioration passagère quand on arrive à quelque chose. Je ne faisjamais plus de six semaines le massage dans les sciati-