CHAPITRE PREMIER APERÇU HISTORIQUE SUR LE MASSAGE
Si l’on voulait étudier à fond l’histoire des procédés thérapeutiques décrits aujourd’hui, sous le nom générique de massage, on rencontrerait des difficultés qu’on ne soupçonne pas. En lisant tous les livres consacrés à la question, on serait surpris de rencontrer pas mal de contradictions et de paradoxes. 11 s’agit pourtant d’une méthode empirique, appliquée par les médecins et les praticiens populaires; on agissait sans idée préconçue, parce que le massage avait guéri dans un cas qui ressemblait à celui qu’on avait sous les yeux ; les interprétations doctrinales intervenaient plus tard. Comment massait- on?
Massage dans V antiquité. — Dans l’antiquité comme de nos jours chaque praticien avait ses principes, parfois si compliqués qu’il fallait de véritables tours de force mnémotechniques pour les retenir. Il parait cependant qu’on a appliqué et Norstrôm. — Massage. 1
APERÇU HISTORIQUE
décrit le massage à peu près dans les mêmes conditions aux différentes époques de la médecine.
Le massage tenait dans la thérapeutique chi rurgicale des Grecs une place plus importante qu’on ne serait tenté de le croire si l’on s’en tenait à ce texte. Nous savons pourquoi Hippocrate s’est dispensé d’en parler plus souvent : il avait écrit ou il avait eu l’intention d’écrire un livre sur lui? Ce livre a-t-il été perdu comme tant d’autres? On ne saurait le dire, 11 est peu probable que les deux lignes qui l’annoncent aient été interpolées par un copiste d’une époque ultérieure.
Gomment les médecins ont-ils connu le massage? Il est évident pour nous que ses progrès n’ont point eu pour origine les pratiques consignées dans les livres de Confucius ou la compilation de Susruta; il est évident qu’il n’a pa? été rapporté en Europe par les matelots du capitaine Wallis, frictionnés par de jeunes Tahitiennes.
Travaux modernes. — Dans l’entorse, le massage a de bonne heure été considéré comme un moyen précoce, préférable à l'immobilisation et aux autres procédés. Les travaux d’Elleaume (1 ), de Gérard (2), de Lebâtard (3), de Millet (4), pour ne citer qu’eux, sont des panégyriques en sa faveur.
Estradère (5) ajoutait que c’est le moyen le plus
(1) Elleaume, Du massage dans l'entorse , Gaz. des hôpitaux, 1859, n° 151-2.
(2) Gérard, Des frictions et du massage dans le traitement de l’entorse chez l'homme , Gaz. hebdomad n°46, 1858.
(3) Lebâtard, Gaz. des hôpitaux, 1856.
(4) Millet, Bulletin de thérapeutique , t. LXXII, p.,76 et suiv.
(5) Estradère, Du massage , son historique, ses manipula -