TRAVAUX MODERNES
simple, le plus facile à exécuter, le plus efficace, car il guérit souvent après la première séance : on est rarement obligé d’y revenir à plusieurs fois. La thèse de l’auteur, que nous venons de citer, était un plaidoyer rempli d’érudition en faveur du massage (1863). Par malheur, M. Estradère ne les connaissait guère alors qu’en théorie : ses idées ne sont pas appuyées sur des faits personnels, et les procédés qu’il décrits sont si nombreux, si compliqués, que pour lui le massage comprendrait toute la gymnastique médicale.
On avait des succès et, malgré cela, les médecins hésitaient, il était à peine question de massage dans les livres classiques.
L’opinion publique se tourna vers les empiriques : beaucoup massaient bien et guérissaient. Mais ils avaient contre eux leur ignorance; ils ne savaient pas au juste pourquoi ou quand il fallait masser. Une méthode est bonne par elle- même, on l’applique au hasard, elle devient exécrable. De temps en temps, on enregistre un succès ; comme le dit Berghman, une poule aveugle finit toujours par attraper un grain ; mais on ne compte plus les revers; des applications à contre sens aboutissent à des catastrophes. Les médecins attribuèrent au massage des malheurs n’ayant pas d’autre cause que la maladresse des empiriques.
Mezger. — En s’attachant à la méthode, en étudiant concurremment ses procédés et les affections dans lesquelles ils sont applicables, en la délivrant de manœuvres parasites, fatigantes pour le méde-
lionsj ses effets thérapeutiques , thèse de Paris, 1863, p. 149-
APERÇU HISTORIQUE
cin, excédantes pour le malade, Mezger a rendu service à ses confrères et plus contribué que personne à l’adoption du massage. Nous allons essayer de donner une idée de son rôle.
Il est rare que les méthodes thérapeutiques soient l’application directe de notions théoriques laborieusement acquises ; les savants ont horreur de la pratique : quand, au contraire, un homme de talent ayant débuté par là, se trouve en présence de problèmes qu'il ne peut résoudre, il éprouve le besoin d’étendre ses connaissances; le technicien devient expérimentateur. Ce fut le cas de Mezger; le premier et le seul travail qui porte son nom est un essai modeste remontant à 1868 ; rien n’eût pu faire prévoir alors qu’un auteur qui s’abrite à chaque instant derrière Tilanus, Van Geuns, Vro-lik ; qui, au lieu de trancher les questions, cite timidement Gérard, Elleaumeou Lebâtard, devien- 4 drait chef d’école.
La thèse de Mezger (1) débute par une protes- • tation contre l’abus de la gymnastique, c’est à la fin seulement de sa préface qu’il parle de son sujet.
Il est probable que Mezger avait vu des cas nombreux, et qu’en les réunissant il eût pu donner une statistique remplie d’intérêt ; il ne l’a pas même essayé.
Son travail renferme des aperçus ingénieux, énoncés sous une forme brève et les seuls arguments que l’auteur fasse valoir en leur faveur, sont les cas qu’ils lui rappellent.
(1) Mezger, De Behandelinç/ van Dislorsio pedis nîet Frictien, Amsterdam, 1868.