MALADIES DES TROMPES ET DES OVAIRES
en arrière de la trompe ; on évite tant qu’on peut de presser sur elle, et on tâche d’arriver aux adhérences; lorsqu’on y est, on laisse le doigt fixe, tandis qu’on exerce des tractions légères par la paroi abdominale; il est possible d’opérer en sens contraire et s’alterner. On masse ensuite l’adhérence dans la même séance; on finit par des manipulations légères et superficielles destinées à calmer l’irritation produite par les précédentes; il est indispensable de se tenir le plus près possible de la trompe, sans cela le massage et la distension auraient autant de chances de porter sur le péritoine que sur l’adhérence proprement dite. La trompe ne doit en aucun cas servir de levier pour la rectification des déviations utérines (1).
Les résultats du massage dans les affections de l’ovaire ne sont pas comparables à ceux qu’on a obtenus dans les paramétrites. Rarement, sauf dans les cas récents, il ne donne de guérisons proprement dites, c’est-à-dire avec restitulio ad integrum ; dans les cas anciens si l’on obtient une diminution ou une disparition de la douleur, il faut s’en contenter. L’ovaire devient presque toujours moins gros sous l’influence du traitement, il est rare qu’il reprenne son volume primitif ; lorsqu’il est plus dur qu’à l’ordinaire nous constatons souvent une diminution de consistance;
(1) L’ovaire se prête mal à ces interventions; le péritoine pariétal peut se déplacer sur le tissu conjonctif sous-jacent, les expériences de Ziegonspeck l'ont clemoni- Iré,
MASSAGE EN GYNÉCOLOGIE
par le massage on atténue surtout la sensibilité exagérée qui tient à la périovarite. Le traitement peut durer deux mois ou même plus longtemps surtout lorsqu’il y a en même temps des adhérences. On les détachera comme celles de la trompe. C’est difficile, lorsque l’ovaire est fixé très haut dans le bassin au voisinage du promontoire : même après beaucoup de travail on n’arrive qu’à une élongation légère, quand on arrive à quelque chose. La tension devient plus difficile lorsque les ovaires tombés dans le cul-de-sac de Douglas y ont contracté des adhérences; les conditions sont alors défavorables à moins que les adhérences soient très faibles et que dès le début elles puissent subir un déplacement favorable à la tension ; dans le cas contraire, il n’y a pas grand chose à espérer (1).
Rapports des affections chroniques de l’utérus AVEC LES ACCIDENTS CONSÉCUTIFS. — Il est extrêmement rare que dans les paramétrites ou les périmétrites chroniques l’utérus soit complètement indemne. Presque toujours il y a des désordres, ne fût-ce que ceux qui résultent d’une stase veineuse persistante. Cetle stase se produit fatalement toutes les fois qu’il existe un exsudât un peu volumineux et dur dans l’épaisseur du ligament large; toutes les fois que du tissu fibroïde comprime des veines d’un certain volume. La tuméfaction, l’engorgement chronique de l’utérus correspondent à cette
(1) Les adhérences à la paroi antérieure de l'abdomen sont également très difficiles à atteindre; cela tient probablement, connue le dit Brandt, à ce qu’il est impossible de les aborder eu arrière,
AFFECTIONS CTTRONIQUES T)E L’UTÉRUS 263
phase. Ce sont là des accidents consécutifs qui disparaissent lorsque, grâce au massage et à la distension, on a ramené à peu près les organes à leurs rapports normaux et qu’on a fait cesser les compressions. En règle générale la guérison de la périmétrile ou de la paramétrite est suivie de la disparition ou d'une diminution des accidents qui tiennent à la congestion passive de l’utérus; on est même souvent surpris de voir des ulcérations qui avaient résisté à tous les traitements disparaître spontanément. Si pourtant cet état de congestion persistante a amené une augmentation de consistance de l’organe, il est difficile d’obtenir sa diminution sans un massage à part.
Le catarrhe utérin est encore une des comDÜca-
tions habituelles des affections du voisinage. J’ai traité beaucoup de malades chez lesquelles on avait fait le curettage; elles avaient été enthousiasmées parce que cette opération leur avait procuré une amélioration souvent de plusieurs mois. Le désenchantement était venu après la récidive; je ne veux pas dire qu’on n’en observe jamais après le massage, mais elles sont moins fréquentes, moins rebelles et il n’est pas nécessaire d’entreprendre une opération pour les combattre.