PHARMACIES SPÉCIALES DES DÉPARTEMENTS
Docteur Lambert, à Lyon.
Bernay, à Lyon.
Chambellan, à Lyon.
Arnulphy, à Nice.
Borrelly, à Marseille.
Alexandre, à Bordeaux.
De Bachoué, à Bordeaux. Protat, à Saint- Quentin.
D'après une statistique de Charles Catellan (1), nous possédons en France trois hôpitaux homœopathiques.
1° L'hôpital Hahnemann, fondé à Paris en 1869, rue Laugier, 26, quartier des Ternes. — Chefs de service : MM. Chancerel, Léon Simon père, Boyer, Léon Simon fils. Cet hôpital a été reconnu d'utilité publique.
(1) Charles Catellan, Histoire et statistique de l'homœopathie en France, Paris, 1876,
2° L'hôpital Saint- Jacques, fondé en 1870, rue Saint- Jacques, .282 et transporté depuis, 227, rue de Vaugirard, ruelle Volontaire, reconnu d'utilité publique par décret du 13 juillet 1878. — Chefs de service : MM. Jousset, Frédault, Gonnard, Molin, Crétin, Love, Piedvache. — Médecins consultants : MM. Ozanam et Cramoisy.
3° L'hôpital Saint-Luc, fondé à Lyon en 1865. — Chefs de service : MM. Émery et Cartier.
4° Dispensaire homœopathique, rue de la République, dirigé par MM. les Docteurs Noack et Imbert de la Touche. Des consultations gratuites ont lieu chaque matin dans ces établissements.
On pratique aussi l'homœopathie, au moins partiellement, à l'hôpital de Carentan (Manche), à l'hôpital de Vatan (Indre), à l'hôpital de Sens (Yonne).
Il y a à Paris plusieurs dispensaires homœopathiques qui ont été fondés par MM. Catellan frères, avec le concours désintéressé de plusieurs médecins qui y donnent des consultations gratuites à différentes heures de la journée.
Les médicaments sont délivrés dans les pharmacies homœopathiques à un prix extrêmement modique et même gratuitement, lorsque la position des malades l'exige. Ils sont situés :
31, rue Saint-Lazare.
41, rue de Verneuil (faubourg Saint-Germain). 106, faubourg Saint-Honoré.
32, rue des Bourdonnais (Halles-Centrales). 91, rue Ordener (Montmartre).
14, rue de Lancry.
On donne annuellement cinquante à soixante mille consultations dans ces dispensaires réunis.
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Dispensaite Alix Love.
Indépendamment des dispensaires cités plus haut, nous tenons à signaler d'une façon toute particulière le dispensaire Alix Love, 48, rue Ordener.
Cet établissement, créé par M. le docteur James Love pour honorer la mémoire de sa mère, rappelle dans des proportions plus modestes l'œuvre grandiose instituée par Mme Furtado- Heine, qui a valu à cette dernière la croix de la Légion-d'Honneur (1).
Le Dispensaire Alix Love est situé au coin de la rue Clignancourt et du boulevard Ornano, dans le 18° arrondissement; sa situation topographique en fait le centre d'un cercle qui comprend Montmartre, Clichy, Sainl- Ouen, la Villette, La Chapelle, c'est-à-dire un des secteurs les plus populeux de Paris, et eut spécialement réservé aux enfants au-dessous de l'âge de 16 ans. Les petits malades y viennent en nombre considérable.
L'immeuble, loué pour dix ans aux frais du docteur Love, se compose de trois étages, premier, rez-de-chaussée et sous-sol. Au premier se trouvent les salles d'attente pour les enfants atteints de maladies contagieuses : coqueluche, ophtalmie purulente, etc. La consultation leur est donnée dans ces salles mêmes.
Le rez-de-chaussée, élevé de dix marches au-dessus du sol, comprend une grande salle d'attente, le cabinet du médecin, le cabinet de l'oculiste. Dans le cabinet du médecin se trouve la machine électrique et le lit de massage. L'application de l'électricité et du massage se fait donc
(1) Voy. Foville, Les nouvelles institutions de bienfaisance. Les dispensaires pour enfants malades. L'hospice rural. Paris, 1888, J.-B. Baillière et fils, p. 124.
constamment sous ses yeux et il peut, pendant la séance, y apporter telle modification qu'il juge convenable.
Enfin le cabinet de l'oculiste renferme tout ce qui est nécessaire à la pratique de l'ophtalmologie, tableaux, pulvérisateurs, chambre noire.
Le sous-sol, par suite de l'élévation du rez-de-chaussée, est très élevé et très clair, comprend la gymnastique et toute la partie hydrothérapique. La gymnastique est, cela va sans dire, uniquement médicale et orthopédique, appareils de traction en tout genre, échelle dorsale, haltères, etc.
Enfin la partie hydrothérapique se compose de la salle de la chaudière, de la salle des bains, de la piscine et de la salle des douches, le tout alimenté par un réservoir placé au second étage de la maison, et contenant 3,000 litres d'eau de source (Dhuys).
La salle des bains comporte quatre baignoires.
Les bains se donnent donc par quatre, de 9 heures à midi : durée, vingt minutes.
La piscine réservée aux bains salés contient 3,000 litres d'eau et peut recevoir de vingt-cinq à trente enfants à la fois. La salle, chauffée par un poêle à feu visible placé au centre et autour duquel les enfants peuvent se sécher, est garnie de stalles dans lesquelles ils accrochent leurs vêtetements. Le bain salé se compose avec quinze litres d'eauxmères du Croisic et dix kilogrammes de sel marin.
Enfin la salle de douches renferme les divers appareils hydrothérapiques en usage. Elle est également chauffée par un poêle.
L'eau de la piscine est renouvelée chaque fois. Le personnel attaché au dispensaire est très restreint, grâce à l'organisation du service : un homme et une femme suffisent. Les enfants en arrivant reçoivent un numéro
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qui leur est distribué par Phomme les jours où la femme donne les bains des filles, et par la femme quand l'homme donne les bains des garçons. Si l'on y ajoute le professeur de gymnastique, masseur et l'élève en pharmacie, chargé de préparer les potions, on voit que quatre personnes composent le personnel de l'établissement et suffisent parfaitement à la besogne.
Les consultations commencent à 9 heures du matin et durent plus ou moins suivant les jours.
La consultation de médecine a lieu tous les jours.
La consultation ophtalmologique deux fois par semaine.
La consultation du dentiste une fois par semaine.
Enfin, une fois par semaine, le samedi, ont lieu les vaccinations.
Relevés statistiques.
Du 25 janvier 1886 au 25 janvier 1887, il a été donné au dispensaire Alix Love :
Consultations.
Consultations de médecine 18,047
— ophtalmologiques 2,759
— du dentiste 743
Vaccinations 435
Ce qui donne pour la première année un total de . 21,981
Les bains donnés ont atteint le nombre de 4.443.
Il a été délivré dans cette première année 149 appareils silicates, pour coxalgies, maux de Pott, tumeurs, fractures, etc.
Par les chiffres qui précèdent, on peut voir que le dispensaire Alix Love répond à un véritable besoin. Cette création honore particulièrement le jeune médecin qui en a eu l'idée et le monde médical homœopathique auquel il appartient.
Prost-Lacuzon. — Form. liomœopath. 2
Nous adressons nos plus chaudes félicitations au docteur James Love, qui a su faire de sa fortune un emploi si généreux, et nous souhaitons qu'il trouve des imitateurs.
Messieurs les docteurs allopathes de Paris pressentent tellement l'avenir de la nouvelle doctrine, que beaucoup commencent à traiter par l'une ou l'autre méthode, selon que le malade le désire, et des pharmaciens ordinaires tiennent des médicaments homœopathiques, tandis que d'autres imitent les globules et les pharmacies de poche hahnemanniens. Non seulement la classe noble et riche, mais encore la foule nombreuse de la classe ouvrière, se déclarent prose jytes de la doctrine de Hahnemann, à qui l'Allemagne, tardivement reconnaissante, élève actuellement une statue.
Voici maintenant pour l'Europe.
A Turin, l'homœopathie a un hôpital et douze médecins, parmi lesquels se trouve le célèbre patricien Chio, membre de la Faculté.
A Padoue, le docteur Lambrecht, professeur d'obstétrique à l'école de médecine, et le docteur Sonneberg, médecin en chef de l'hôpital militaire, sont tous deux homœopathes.
A Milan, le docteur Lunghi, médecin de l'Hôpital général, et l'un des plus fougueux adversaires de l'homœopathie, vient de se convertir à la nouvelle doctrine, et il est à la tête des docteurs homœopathes de cette ville.
Gênes, Venise, Florence, Naples, Palerme, etc., ont accueilli rhomœopathie ; une seconde pharmacie homœopathique spéciale vient d'être érigée à Naples, et Palerme possède une Académie royale d'homœopathie, qui délivre des diplômes. Rome a suivi la même impulsion.
En Espagne, l'homœopathie est noblement représentée ;
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elle est pratiquée à la Faculté de médecine de Barcelone par le docteur Saner, doyen de la Faculté, et par le docteur Folch, professeur à la même Faculté.
A la Faculté de médecine de Madrid, elle est représentée par les docteurs Hysern, professeur de physiologie ; Sanchez Toca, professeur de clinique interne ; d'Obrador, professeur de clinique externe ; Drumen, professeur de pathologie générale, et, en outre, plus de quarante médecins la pratiquent dans cette ville, qui possède une société homœopathique.
Les provinces de Castille, de Murcie, d'Andalousie, de Valence et de Catalogne, cultivent aussi l'homœopathie.
Londres, Dublin, Edimbourg, ont leurs dispensaires, leurs hôpilaux, leurs sociétés et leurs journaux homœopathiques, patronnés par Jes plus illustres noms de T Angleterre.
L'homœopathie a envahi toute l'Allemagne ; elle a des chaires ou des hôpitaux à Vienne, Berlin, Linz, Prague, Munich, Leipzig, Dresde, Darmstadt, Gœttingue, Iéna, Hesse, Weimar, Gotha, Munster, Hanovre, Brunswick, Magdebourg, etc., etc.
Elle est en honneur en Illyrie, en Hongrie, en Pologne et en Russie ; des ukases de l'empereur ont fondé à Saint- Pétersbourg des pharmacies homœopathiques.
La Suède, la Norwège, le Danemark, la Hollande et toute la Belgique, ont ouvert leurs bras à la médecine de Hahnemann.
L'Amérique a fait comme l'Europe : New- York et Philadelphie ont leurs hôpitaux et dispensaires, leurs académies, leurs écoles et leurs journaux homœopathiques.
Le Brésil tout entier a adopté aussi cette médecine, et Rio-Janeiro, sa capitale, a une Faculté homœopathique
qui décerne des diplômes. Ces succès sont dus à l'intrépide docteur Mure (1), dont les nouveaux disciples viennent encore de porter la doctrine nouvelle à Bahia, Fernambuco, à la Plata, au Chili, au Paraguay, aux Açores, à Angola, à Mozambique et en Chine (2).
§ 3. — Régime à suivre pendant le traitement
homoeopathique.
On s'abstiendra scrupuleusement, pendant toute la durée du traitement, et même quelques jours après, des aliments et boissons qui suivent :
Boissons. — Café au lait ou à l'eau ; liqueurs, vinaigre, jus de citron, vin pur trop acide, orgeat, sirop de groseilles, verjus, punch, thé, eau de Seltz, eau de fleurs d'oranger, limonade et toute tisane ou infusion, de quelque plante que ce puisse être.
Viandes. — Veau trop jeune, canard, charcuterie, pâtés de foies gras, anguilles, harengs, sardines à l'huile, thon, moules, écrevisses, huîtres, poissons préparés au court-bouillon et viandes marinées.
Herbages ou légumes. — Persil, cerfeuil, laurier, thym, radis, ail, oignon, ciboule, cresson, oseille, pourpier, estragon, chicorée trop amère, câpres, cornichons.
Épices. — Poivre, piment, clous de girofle, muscade, safran, moutarde.
Entremets et desserts. — Crème au café, à la vanille,
(1) Voy. son ouvrage : Doctrine de Vécole de Rio-Janeiro et pathogénésie brésilienne , contenant une exposition méthodique de l'homœopathie, etc. Paris, 1810, in-12.
(2) Catellan frères, Annuaire homœopathique. Paris, 1877. — Croserio, Statistique de la docirine homœopathique. Paris, 1848. — Perrussel, Guide du médecin dans le choix d'une méthode pour guérir les maladies aiguës et chroniques. Paris, 1860.