ART. 3. — BOULIMIE
' La boulimie (faim canine, et vulgairement fringale) consite en une faim dévorante, et, pour ainsi dire, insatiable, qui est tellement pressante, que, si on ne la satisfait pas immédiatement, elle occasionne des défaillances et même des syncopes.
Traitement.
Calearea carbonlca, 12° dilution. . 7 globules. Eau 120 grammes.
China, 12« dilution 7 globules.
Eau 120 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments à la dose d'une cuillerée matin et soir (un jour l'un, un jour l'autre).
Ils peuvent être nerveux ou sympathiques d'une lésion organique de l'estomac.
§ 1er. Vomissements nerveux.
Symptômes.
Ces vomissements, qui se lient à une névrose de l'estomac, ont lieu quelquefois spontanément et sans symptômes précurseurs. D'autres fois il y a : malaise, nausées, amertume de la bouche, sensation de dérangement de l'estomac ; ils s'accompagnent d'efforts, peuvent avoir lieu à jeun, et se composent ou de matières filantes semblables à du blanc d'œuf cru, ou de bile jaune verdàtre.
S'ils arrivent enfin quelque temps après les repas, ils se composent alors d'aliments plus ou moins altérés.
Par une étrange bizarrerie, les mets les plus lourds et les plus indigestes sont conservés et digérés ; tandis que les aliments légers sont rejetés.
Beaucoup d'individus sont soulagés après ces vomissements, ils éprouvent le besoin de manger de nouveau, et digèrent bien ce second repas.
Nonobstant cette incommodité, beaucoup conservent leurs forces et leur embonpoint.
Quelques malades préviennent les vomissements, soit en marchant, soit en se tenant en repos ou dans une immobilité complète, ou enfin par des affusions d'eau froide.
Cette affection a une durée excessivement variable, et son issue n'est funeste qu'autant que les aliments seraient toujours rendus invariablement après le repas.
Pronostic.
Les vomissements nerveux qui se lient à la grossesse sont très-fâcheux par leur opiniâtreté, qui entraine sou-
vent la mort, bien que fréquemment l'accouchement prématuré ou naturel y mette fin.
§ 2. Vomissements symptomatiques.
Causes.
Les autres vomissements peuvent provenir d'une hernie de l'estomac à travers la ligne blanche, d'une lésion organique du pylore, ou d'un cancer.
Diagnostic.
On distinguera les vomissements symptomatiques d'une lésion, de ceux purement nerveux, par l'exploration du péritoine, du ventre et de l'utérus chez la femme ; car les vomissements nerveux peuvent se rattacher ou à une grossesse commençante, ou à une inflammation de la matrice.
Si les vomissements sont dus à une hernie, il faut examiner attentivement la la région ombilicale et l'épigastre, afin de savoir s'il ne s'y trouverait pas une petite tumeur herniaire peu douloureuse, susceptible de réduction (d'être repoussée en dedans, avec ménagement), car, en la rentrant, et la maintenant ainsi au moyen d'un bandage approprié, les vomissements cessent presque tout de suite.
S'il y a lésion organique ou cancer, il y a amaigrissement et diminution des forces ; trouble continuel des digestions ; perte d'appétit ; les vomissements deviennent brunâtres, puis noirs, et semblables à du marc de café ; en outre, l'aspect d'une tumeur, ou sa présence constatée par le palper, indique un carcinome (cancer) de l'estomac.
Les vomissements nerveux n'ont le plus souvent de gravité que dans l'état de grossesse, où ils prennent le nom d'incoercibles. Quant à ceux qui se lient à une lésion
organique, ils ont presque toujours une terminaison fâcheuse.
Traitement.
Les médicaments incoercibles (qu'on ne peut maîtriser) des femmes enceintes peuvent présenter divers symptômes, qui tous, selon leur variété, demandent divers médicaments ; nous allons les exposer ici.
S'il y a vomissements incessants des aliments, des boissons, ou de matières spumeuses (écumeuses), blanchâtres, striées de sang, avec aigreur et grande faiblesse ; douleur à l'épigastre ; face et sclérotique jaunâtres ; frissons, avec froid et engourdissement ; tremblement des membres ; insomnie ; intelligence obtuse, ou hébétude, avec bruits dans les oreilles, trouble de la vue, et constipation opiniâtre ; dans ce cas, on fera prendre :
Plombant metallieum, 12e dilution . 6 globules. Ban 90 grammes.
Optant, 6° dilution 6 globules.
Eaa 90 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments, Plumbum le jour, et Opium la nuit, à la dose d'une cuillerée à café, de deux heures en deux heures.
S'il y a frissons violents, avec fièvre qui s'aggrave le soir ; pouls faible et fréquent ; marasme ou consomption faisant de rapides progrès ; langue sèche, rouge; soif vive; prostration complète ; vomissements opiniâtres de tous les aliments et de toute boisson quelconque ; face pâle, cadavéreuse, ou rouge et bouffie; chaleur interne ardente, avec douleur excessive dans l'estomac, et épigastre trèsdouloureux au toucher ; urine rare, ou envie fréquente d'uriner ; constipation ou diarrhée ; mélancolie, avec an-
goisses, crainte de la mort, faiblesse de la mémoire et stupeur avec vertiges.
Devant cet ensemble de symptômes, on prescrira :
album, 12* dilution ... 6 globales.
Eau 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures.
Si les vomissements ont lieu surtout vers le matin, et que les matières rendues ne soient qu'un fluide visqueux semblable à de la pituite, avec constipation et humeur acariâtre, on prescrira :
Nox Yomiea, 12° dilution 6 globules.
Doses. — Une cuillerée à dessert toutes les quatre heures.
Ce médicament est, avec Ipeca9 un de ceux qui conviennent le mieux dans les cas ordinaires.
Si les vomissements sont presque continuels, et que le malade rejette tous les aliments et boissons, on prescrira (surtout chez les personnes blondes, d'un naturel sensuel) :
Ipéca, 6e dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café toutes les deux heures.
Si, quelques heures après le repas, les malades rejettent tout d'un coup des aliments ingérés, et cela sans grands efforts, on prescrira :
Ferrum metallicum, 6* dilution ... 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée matin et soir.
Si, chez les personnes blondes et lymphatiques, les vomissements ont lieu surtout le soir, et qu'ils ne soient composés que d'une eau claire ou filante, on prescrira :
Pultatllla, 6* dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à dessert toutes les quatre heures.
Mais si ni l'un ni l'autre de ces quatre derniers médicaments n'amenaient d'amélioration bien caractérisée, il faudrait donner :
Ârsenicum, comme il est dit plus haut, sauf à donner Plumbum et Opium, ainsi que le prescrit Jousset (1), si Arsenicum ne produisait aucun changement en bien, ce qui est rare.
Il est positif qu'au moyen de ce traitement approprié, le praticien évitera presque toujours (95 fois sur 400) de pratiquer l'opération de l'accouchement prématuré, méthode blâmable, à laquelle on ne saurait appliquer une êpithète qui convienne.
Quant aux vomissements qui sont symptomatiques d'une lésion de l'estomac, et qui consistent en matières noires, brunes et sanguinolentes, la meilleure prescription que je connaisse est celle-ci :
Araeatenm albmn, 12* dilution ... 6 globules.
Eau 90 grammes.
Lachesls, 12* dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée matin et soir, en les alternant (un jour l'un, un jour l'autre).
Ces deux potions prises, laissez le malade sans remèdes, pendant quatre jours, puis, le cinquième jour, faites-lui prendre :
Carbo vegetabilft», 12° dilution. ... 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses.— Une cuillerée à dessert toutes les quatre heures.
(1) Jousset, Éléments de médecine pratique, contenant letraitement homœopathique de chaque maladie.^ édition. Pans, 1877, t. II.