ART. 3. — RHUMATISME ARTICULAIRE
Reconnaissable à une douleur plus ou moins insupportable, qui occupe une ou plusieurs jointures, et occasionne le plus souvent du gonflement et de la rougeur aux parties malades ; de plus, il y a presque toujours une fièvre plus ou moins vive.
Les douleurs, qui sont plus vives la nuit, augmentent ou diminuent par le mouvement ou la presssion ; mais il arrive très fréquemment que tout mouvement de la partie atteinte est presque impossible.
Cette maladie peut se compliquer de deux graves affections, qui sont: la Péricardite (ou inflammation d'une membrane appelée péricarde, qui enveloppe le cœur, sans le contenir cependant dans sa cavité), et l'autre l'Endocardite (ou inflammation de la partie interne de la membrane endocarde, qui tapisse les cavités internes du cœur) (1).
(1) Voy. P. Jousset, Éléments de Médecine pratique, contenant le traitement homœopathiqae de chaque maladie, seconde édition. Paris, 1877, tome I, p. 25.
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Traitement.
Une foule de médicaments ont été recommandés contre le rhumatisme articulaire aigu ; les principaux sont : Aconit um, Bryonia, Rhus, Lycopodium, Sulfur, Chamomilla, Pulsatilla, Ignatia.
S'il y a fièvre très vive, avec douleurs d'élancement qui augmentent d'intensité la nuit ; gonflement rouge, brillant et tendu de la partie atteinte, avec sensibilité extrême au moindre mouvement et même au toucher ; chaleur ardente, avec soif, rougeur du visage (ou rougeur alternant avec de la pâleur) ; irritation, plaintes, murmures, etc. ; aggravation des accidents par le vin et les boissons échauffantes ou par toute émotion quelconque ; dans ce cas, on prescrira :
Aconilnm, 12° dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée trois fois par jour.
S'il y a gonflement pâle ou rouge et luisant de la partie affectée, avec tension et chaleur, aggravation des douleurs par le mouvement, et surtout si le rhumatisme occupe les articulations (principalement les genoux) ; dans ce cas, on prescrira Bryonia de la même manière et aux mêmes doses qu'Acomfum.
S'il y a roideur des articulations, avec sensation comme si la chair était arrachée d'après les os ; élancements ou douleur de déchirement dans les reins, les membres et leurs articulations, avec aggravation excessive pendant le repos, et soulagement quand on donne du mouvement à la partie atteinte, on prescrira Rhus toxicodendron, de la même manière que Bryonia.
Si Rhus ne remplissait pas le même but, et surtout si Ton avait affaire à des individus sujets à la constipation,
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d'un tempérament lymphatique ou scrofuleux, ou d'un caractère doux, mélancolique ; dans ce cas, on donnerait :
K«yeopo<liirai9 30° dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses, s— Une cuillerée matin et soir.
Ce médicament convient surtout aux femmes dans le cas dont nous venons de parler.
Si, chez les femmes hystériques ou chez celles qui sont excessivement sensibles ou nerveuses, en proie à un chagrin concentré, disposées aux pleurs ou à la tristesse, on observe les symptômes rhumatismaux suivants : douleurs de luxation ou d'écartement dans les articulations, ou douleurs contusives, comme si les os étaient meurtris ;. ou bien encore, douleurs violentes, semblables à des élancements, se produisant en appuyant sur les parties affectées, ou ayant lieu immédiatement après le repas, ainsi qu'étant couchée, ou le matin en se levant, et s'améliorant par le changement de position ; dans ce cas, on prescrira :
Ignatia, 12° dilution 6 globules.
Doses. — Une cuillerée matin et soir.
Si, chez ces mêmes personnes, les douleurs étaient soulagées par la pression, ou bien si Ignatia n'avait pas suffi pour faire cesser entièrement les symptômes rhumatismaux, on leur administrerait Pulsatillay 12e dilution, de la môme manière et aux mêmes doses que Ignatia.
S'il y avait (surtout chez les femmes ot les enfants) douleurs rhumatismales consistant en une espèce de traction (tireraent) ou de pulsation, avec sensation d'engourdissement ou de paralysie dans les pariies atteintes, ce qui force à les mouvoir très souvent ; si ces douleurs apparaissaient principalement la nuit, et qu'il y eût sensibilité excessive
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à la douleur, avec surexcitation du système nerveux, soif et rougeur d'une joue, avec pâleur de l'autre ; diarrhée ou constipation ; dans ce cas, on prescrirait :
Chamomilla, 6° ou lc2e dilution. ... 6 globules. Eau • 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de trois en trois heures, dans les cas aigus ; et une cuillerée ordinaire matin et soir, dans ceux chroniques.
Dans le cas de rhumatisme aigu ou chronique, chez lesquels aucun des remèdes ci- dessus désignés n'aurait suffi, et surtout si le sujet est d'une constitution psorique ou scrofuleuse, on administrera les deux médicaments ciaprès, alternés (un jour l'un, un jour l'autre).
Sulfur, 30* dilution 6 globules.
Eau. . . 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée matin et soir.
Zincmn, 30° dilution 7 globules.
Doses. — Une cuillerée matin et soir.
On continuera cette formule pour le cas de rhumatisme aigu.
Si l'on a affaire à des cas chroniques, ces deux médicaments seront également prescrits.