‹ Formulaire homoeopathique; ou, Guide pathogénétique usuel pour traiter soi-même les maladiesChapitre 26 sur 298 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

la période calarrhale ou d'invasion, et Silicea, depuis la période d'éruption, ou deuxième période, jusqu'à la fin de la maladie. Ge médecin plein de sagacité et profond observateur a raison ; mais il est un médicament qui m'a offert tout autant d'avantages que Viola odorata, si ce n'est plus, dans le traitement de la première période : ce médicament est Capsicum annuum, 6e dilution.

On en mettra 6 globules dans six cuillerées d'eau, pour en donner une cuillerée à bouche de quatre en quatre heures, le jour seulement ; ainsi, on donnera une cuillerée à 6 heures du matin, une cuillerée à 10 heures, une cuillerée à 2 heures et une cuillerée à 6 heures du soir.

Une fois que l'éruption aura commencé de paraître, on abandonnera Capsicum pour donner Silicea, 12e dilution, de la même manière, et on continuera ce médicament jusqu'à la fin de la maladie.

S'il survenait quelques complications, on les traiterait selon leur nature, et d'après les indications contenues dans leurs classes respectives.

Diète pendant un ou deux jours ; ne pas trop charger le malade de couvertures ; alimentation légère ; eau d'orge, ou de riz ; eau albumineuse, ou eau sucrée pour boisson.

L'eau albumineuse se prépare en battant deux blancs d'oeufs dans un litre d'eau, et en sucrant le tout légèrement.

C'est une fièvre éruptive et contagieuse, reconnaissable à de petits points rouges réguliers, imitant la peau de chagrin, mais sans saillie aucune, ou bien à des plaques très larges, couleur amarante ou rouge framboise, qui occupent presque toute la surface du corps, et même l'intérieur de la bouche, où cette coloration se trouve également. Cette

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éruption s'accompagne d'une angine (mal de gorge) plus ou moins violente, et se termine par une démangeaison générale au bout de sept à huit jours.

On lui reconnaît trois périodes, comme à la rougeole : une période d'invasion, une d'éruption, et une de desquamation.

§ 1er. — Période d'invasion.

Ordinairement il y a frissons de fièvre, avec mal de gorge plus ou moins violent, mal de tête, nausées, quelquefois saignement de nez. Quelques enfants ont souvent des convulsions.

Cet état dure à peu près deux jours, et, à cette époque, la période d'éruption commence.

§ 2. — Période d'éruption.

Il apparaît sur la face de petites taches d'un rouge vif, qui disparaissent pour un instant sous la pression du doigt ; bientôt elles couvrent tout le corps ; alors il semble qu'on ait barbouillé uniformément le malade des pieds à la tête avec du jus de framboise ; l'intérieur de la bouche offre le même aspect. Parfois cette coloration n'existe que par larges plaques irrégulières, et les intervalles qui les séparent laissent apercevoir la peau avec sa couleur naturelle. Si l'on applique la main à sa surface, on la trouve tendue et brûlante ; les pieds et les mains sont roides, engorgés, et le mal de gorge devient intolérable.

§ 3. — Période de desquamation.

Au bout de cinq ou six jours, les taches pâlissent et vont en se rétrécissant ; la fièvre baisse, le mai de gorge cesse, et dès le septième, huitième, et même douzième jour, la desquamation se fait par larges plaques qui se

détachent peu à peu ; quelquefois la peau des doigts se sépare tout d'une pièce, comme un doigt de gant.

On admet deux variétés de scarlatine : Tune dite angineuse, dans laquelle le mal de gorge est des plus graves, les ganglions sous-maxillaires (glandes du cou) sont engorgés et volumineux ; quelquefois ils constituent de véritables abcès ou bubons dits scarlatineux ; l'éruption ne se produit aussi que dans quelques parties du corps (les aines, les aisselles, les mains) et disparaît parfois du jour au lendemain.

L'autre variété est appelée maligne ; les symptômes de la période d'invasion sont très violents, le malade tombe dans la prostration (grande faiblesse) ; la langue et les dents se recouvrent d'un enduit grisâtre ; le pouls est mou, très fréquent, et se laisse comprimer facilement ; l'haleine est infecte ; il y a délire, somnolence continuelle ; l'éruption se fait peu ou pas ; souvent elle paraît et disparaît ; elle est toujours en petite quantité, et occupe les plis des articulations des membres; quelquefois elle perd sa rougeur, devient couleur de plomb, et la peau se nuance de taches livides et noirâtres ; le malade rend alors des selles diarrhéiques fétides, des urines sanguinolentes, et meurt.

Des hémorrhagies passives (suite de faiblesse) peuvent aussi venir comprimer la scarlatine.

La maladie qui survient le plus souvent pendant la convalescence est Yanasarque. (Voyez son traitement, 5e classe des maladies, à l'article Anasarque.)

On distingue la scarlatine de la rougeole, en ce que, dans la scarlatine, il n'y a au début ni larmoiement des yeux, ni rhume de cerveau, ni toux, comme dans la rougeole ; de plus, la scarlatine s'accompagne presque tou-

jours d'une angine (mal de gorge) assez violente ; Tintérieur de la bouche est d'un rouge écarlate des plus vifs ; tandis que la rougeole s'accompagne rarement de mal de gorge, et l'intérieur de la bouche ne présente pas cette éclatante couleur rouge ; enfin l'éruption rubéolique (ou de la rougeole) n'est régulière ni dans sa forme, ni dans sa couleur, tandis que, dans la scarlatine, l'éruption dite granitée (qui est la forme qu'on pourrait confondre le plus facilement avec la rougeole), est un pointillé des plus réguliers, d'un rouge beaucoup plus éclatant et plus vif que celui de l'éruption de la rougeole. Il est inutile de dire que lorsque l'éruption scarlatineuse se présente sous la forme de grandes plaques, d'un rouge semblable au jus de framboise, il n'y a pas de méprise possible.

On la distinguera aussi du pourpre (ou miliaire pourprée), en ce que les taches de pourpre se développent sans ordre, tantôt dans une place, tantôt dans une autre, et ce sur des régions ou parties très éloignées les unes des autres. Les taches scarlatineuses sont sèches, lisses, et blanchissent momentanément sous la pression du doigt ; celles du pourpre, au contraire, sont grenues, humides, et restent rouges sous la pression. De plus, outre ces taches, il existe ordinairement de larges ecchymoses (taches violacées, ou jaune clair), soit aux jambes, au dos ou aux bras.

Celte maladie est très sujette à récidiver.

Traitement prophylactique ou préservatif en cas d'épidémie. Belladone, 30e dilution 3 globules.

Doses. — On les administre à sec sur la langue, tous les trois jours, le matin à jeun, deux heures avant de manger. Celte simple précaution suffira pour être préservé de la scarlatine, lorsqu'elle règne épidémiquement.

Traitement spécial de la scarlatine simple, dégagée de toute

complication.

On prendra, si les symptômes de la période d'invasion sont violents :

Belladone, 6e dilution 8 globules.

Eau. . . . , 120 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure. Si les symptômes de la première période étaient de médiocre intensité, on donnerait :

Belladona, 12e dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café de trois en trois heures.

Au fur et à mesure que les symptômes diminueront, on donnera des dilutions plus élevées, et on reculera Pintervalle des doses. On se guidera sur la conduite de la maladie ; si elle augmente, on augmentera les doses (on les donnera plus rapprochées et à plus basse dilution) ; si elle cède, on les donnera à des intervalles plus éloignés et à des dilutions plus élevées.

Variétés du traitement.

Si la fièvre est ardente, le pouls plus plein que fréquent (c'est-à-dire si la pulsation du pouls est plus forte que sa vitesse n'est grande), on donnera avant Belladona :

Aeonitain, 12e dilution . 6 globules.

Eau pure 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café un peu forte, de deux en deux heures.

Si le pourpre se mêlait à la scarlatine, on donnerait :

Aconitum, 10e dilution , , 6 globules.

Eau pare 70 grammes.

Prost-Lacuzon. — Form. homœopath. 6

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Belladone, 12* dilution 6 globules.

Eau pure 90 grammes.

Doses. — Administrer alternativement ces deux médicaments (une fois de l'un, une fois de l'autre), de la manière suivante :

Aconitum, une cuillerée à café, et donner deux heures après :

» Belladona, une cuillerée à café également ; puis, quatre heures après, redonner Aconitum, et continuer de même, laissant deux heures d'action à Y Aconit, et quatre heures d'action à la Belladone.

On continuera ainsi jusqu'à la fin de la maladie, ayant soin de reculer les doses au fur et à mesure que le mieux se produira.

Si l'angine devenait grave, le volume des amygdales considérable, avec amas de mucosités dans l'arrière bouche, qu'il y ait des selles couleur paille, et qu'elles soient rubanées (en forme de rubans), ou grêles (minces), on donnerait :

Bar yta carbontca, 12° dilution. . . . 6 globules. Eau . . .' 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à bouche de quatre en quatre heures.

Si la peau devenait sèche et brûlante, avec stupeur (air étonné, hébété), somnolence continuelle, agitation, diarrhée ou constipation, convulsions, on donnerait :

Opium, 10« dilution 6 globules.

Doses. — Une cuillerée à café de deux en deux heures, jusqu'à cessation de ces symptômes.

Si, avec redoublement de la fièvre sur Je soir, il y a pré-

dominance de symptômes gastriques (envies de vomir, perte d'appétit, selles diarrhéiques), avec mélancolie, et peu ou point de sommeil, on donnera :

Ipéca, 40e dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à bouche toutes les trois heures.

Si l'éruption disparaissait tout à coup ou graduellement, on se conduirait ainsi :

1° Si cette répercussion produisait des symptômes cérébraux (yeux brillants, avec délire, divagations, agitation, etc.), on donnerait :

Belladone, 12û dilution 6 globules.

Eau -. 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure.

2° Si cette répercussion produisait de§ symptômes pulmonaires ou asthmatiques (étouffements, grande oppression, toux, etc.), on donnerait :

Bryonia, ou bien Ipéca, 6e dilution. . 6 globules. Eau 90 grammes.

Ce dernier est préférable.

Doses. — Une cuillerée à café toutes les heures.

Si la production spontanée de fausses membranes dans les voies aériennes amenait une espèce de croup instantané, on appliquerait le traitement convenable à cette maladie. (Voy. Croup, à la 3e classe des maladies.)

Si chez les enfants, ou les personnes d'un tempérament lymphatique, il survenait un engorgement de cou, avec gonflement des glandes sous-maxillaires (glandes situées sous la mâchoire inférieure), mauvaise odeur de l'haleine, bouffissure de la face, on administrera :

Mercurius vivus, 12e dilution .... 6 globules. Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à bouche, de quatre en quatre « heures.

Ou bien :

Cinabaris, 12« dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à bouche, de quatre en quatre

heures.

• Ce dernier médicament remplit mieux que l'autre le

but qu'on se propose ; j'en juge ainsi par les résultats

comparatifs que j'ai obtenus de tous deux, pour ce cas

particulier.

S'il survient des aphthes (petites ulcérations grisâtres) dans la bouche et la gorge, une soif insatiable, une bouche sèche, on donnera :

Borax, 12e dilution 6 globules.

Ou bien :

Nitri acidum, 12° dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à bouche, matin et soir.

Si l'angine devenait gangreneuse, voyez pour le traitement l'article Gangrène de la bouche, classe 7e des maladies.

Pour Thydropisie qui se déclare souvent pendant la convalescence, on donnera, s'il y a hydropisie ascite (épanchement de sérosités dans le ventre) :

Arsenicum album, 12° dilution ... 6 globules.

Eau 90 grammes.

China, 12e dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Alterner ces deux médicaments (un jour l'un, un jour l'autre), à la dose d'une cuillerée à bouche, matin et soir.

S'il restait, après ce traitement, un peu d'enflure aux jambes, on donnerait :

Sulfur, 30° dilution 4 globules.

Eau 60 grammes.

Doses. — Une cuillerée à bouche toutes les quatre heures.

Si Phydropisie occupait le tissu cellulaire (épanchement de sérosité entre cuir et chair), ce qui constitue alors Yanasarque, on donnerait :

Prônas spinosa, 12° dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses, — Une cuillerée, matin et soir.

Si ce médicament ne produisait pas reflet qu'on en attend, ce qui est rare, on donnerait : Arsenicum album et Sulfur, alternés de la même manière que, quelques lignes plus avant, nous prescrivons China et Arsenicum pour Yascite.

Si la sécrétion des urines était nulle, ou du moins en petite quantité, on prescrirait d'abord :

Digttalls purpurea, 12* dilution ... 6 globules. Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à bouche toutes les quatre heures, jusqu'à effet produit.

Si, au bout de vingt- quatre heures, ce médicament restait sans résultat (ce qui n'arrive pas une fois sur cinq), on donnerait : Veratrum album, aux mêmes doses et de la même manière que Digitalis.

Il est bon de prévenir que l'administration du Veratrum amène souvent chez les malades une sorte d'obscurcissement de la vue, qui n'est que passager ; dès que ce symptôme, qui n'a rien d'alarmant, se produira, on diminuera

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la quantité du médicament, c'est-à-dire qu'on donnera par cuillerée à café, jusqu'à effet.

S'il reste après la convalescence un grand épuisement, avec déperdition des forces, on donnera :

China, 30« dilution 6 globules.

Doses, — Une cuillerée à bouche, matin et soir, jusqu'à ce que les forces se fassent un peu sentir ; alors on cessera le médicament et on le laissera agir.

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