ART. 6. — SUETTE MILIAIRE
C'est une suette éruptive qui sévit, la plupart du temps, épidémiquement.
Ses symptômes caractéristiques sont : des sueurs excessives, compliquées d'une éruption de petites taches rouges, ayant à leur centre une petite vésicule presque imperceptible, qui est rouge ou blanche. (Miliaire rouge, Miliaire blanche.)
Il se joint à ces symptômes la sensation d'une constriction d'un poids énorme, qui presse sur la poitrine.
§ 1er. — Début de la maladie.
Vertiges ; malaises ; lassitude ; insomnie insurmontable ; mélancolie ; anxiété qu'on ne peut définir, avec grande agitation, comme si on était menacé d'un danger inconnu ; perte d'appétit, langue blanche, bouche sèche, avec constipation et gargouillement dans le ventre, urine rare, brûlante, d'un jaune ardent.
Peau sèche, brûlante ; pouls ample et fréquent, avec fièvre ; battements de cœur, et quelquefois tendance aux syncopes (évanouissements).
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§ 2. — Grise ou invasion.
La durée de ces symptômes est de trois ou quatre jours. Cinq ou sept jours après le début, il survient forte chaleur mêlée de froid, surtout aux jambes, aux pieds ou aux mains; puis, peu après, chaleur générale des plus intenses, avec grande agitation ; mal de tête, avec bruit dans les oreilles et étourdissements, surtout en levant la tête; pouls large, accéléré et palpitations presque continuelles ; peau souple, humide, puis, au bout de quelques heures, apparitions de sueurs abondantes non interrompues, d'une odeur infecte. (Odeur presque semblable à celle qui persiste après l'incendie de maisons couvertes en chaume, et qui est produite par la paille à demi consumée, qui a été abondamment arrosée d'eau ; telle est du moins l'odeur des sueurs des malades que j'ai eu occasion de soigner dans le Jura.) A ces sueurs se joignent d'insupportables démangeaisons, avec roideur des articulations.
§ 3. — Période d'éruption.
C'est alors que l'éruption commence à se faire voir ; elle varie dans quelques cas ; tantôt elle a la forme d'un petit grain de millet, tantôt celle d'un vésicule qui se remplit d'un peu de pus blanchâtre.
Cette éruption commence à la poitrine, au dos, puis aux membres supérieurs.
Les urines laissent déposer un sédiment très épais et couleur de brique ; elles ont une odeur analogue à celle qui se produit lorsque l'on a mangé des asperges. L'apparition des vésicules s'accompagne du redoublement de tous les symptômes ; l'oppression devient souvent telle-
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ment grande, qu'il y a danger de suffocation ; souvent il peut survenir du délire, du coma (assoupissement continuel) et des convulsions.
§ 4. — Période de desquamation.
Enfin, vers le troisième ou quatrième jour de l'érup- • tion, les vésicules se dessèchent ; la rougeur de la peau pâlit, et la desquamation s'opère sous la forme de petites écailles.
A partir de ce moment, tou3 les symptômes perdent de leur intensité et s'apaisent graduellement.
Si le pouls est faible, quoique très accéléré ; si les sueurs s'arrêtent tout à coup, que la peau devienne rude et sèche ; si l'éruption pâlit et disparaît presque ; qu'avec du délire, la langue devienne sèche et brune, la mort est presque certaine. Cependant, si le traitement homœopathique ci-après est bien exécuté, il n'y a rien à redouter de semblable.
La durée moyenne de la maladie est de huit à quinze jours.
Traitement.
Deux homœopathes distingués, le docteur Alphonse Teste (4) et M. le docteur Perrussel (2), ont donné chacun un traitement spécial de la suette miliaire. Celui que je mentionne ici, et qui m'a toujours réussi, tient de l'un et de l'autre.
(i) Teste, Traité homasopathique des maladies aiguës et chroniques des enfants, 2« édition. Paris, 1856, p. 130.
(2) Perrussel, La suette et le choléra épidémique traités par l homœopathie, rapport à S. E. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics. Paris, 1856, in-8.