‹ Formulaire homoeopathique; ou, Guide pathogénétique usuel pour traiter soi-même les maladiesChapitre 56 sur 298 · DYSSENTERIE GRAVE ET ÉPIDÊMIQUE · texte numérisé non relu

DYSSENTERIE GRAVE ET ÉPIDÊMIQUE

les pays chauds et parmi de grandes agglomérations d'individus, comme dans les prisons, les armées, les villes assiégées et à bord des navires.

Coliques atroces; épreintes excessivement pénibles et presque continuelles ; selles pouvant aller jusqu'au nombre de cent, et même cent cinquante dans les vingt-quatre heures, composées d'une matière rougeâtre, brunâtre, noirâtre, puriforme (comme du pus), ou bien semblables à du frai de grenouille ; quelquefois, elles ressemblent à de l'eau dans laquelle on aurait lavé de la viande fraîche et crue ; ces selles exhalent une odeur cadavéreuse des plus horribles ; on y retrouve parfois des membranes (ou pellicules) minces et blanchâtres, plus ou moins larges et longues, qui ne sont que des lambeaux de la muqueuse intestinale ; d'autres malades rendent aussi du sang par les selles ; le prolapsus du rectum est permanent ; il y a un grand abattement ; la face est altérée, la soif extrême, et la moindre ingestion de liquides provoque, à l'instant même, des douleurs abdominales et le besoin d'aller à la selle ; la respiration est gênée et le pouls varie ; il est tantôt fort, et tantôt petit et concentré ; la fièvre est vive, la peau sèche et rude, et la sécrétion urinaire presque nulle.

Siladyssenterieprend un caractère ataxique (désordre, irrégularité), il y a alors délire plus ou moins violent, soubresauts des tendons, avec tremblement des mains, état de stupeur et d'hébétude.

Si la dyssenterie revêt la forme adynamique (privation ou abolition des forces), — et c'est le caractère qu'elle prend le plus souvent, — on observe alors une perte de forces subite et considérable ; la langue devient noire et sèche ; les

dents s'encroûtent d'une matière fuligineuse noirâtre ou grisâtre ; le ventre se ballonne et le malade s'éteint tout à coup. Cette forme adynamique se rencontre le plus communément dans les armées en campagne et les prisons; elle se greffe souvent sur le typhus, si toutefois ce n'est pas une variété du typhus lui-même.

La dyssenterie adynamique peut succéder à la dysenterie inflammatoire.

D'autres fois, au lieu des symptômes décrits plus haut, on constate ceux-ci : langue jaune, avec bouche amère ; nausées continuelles et vomissements verdâtres, qui procurent un peu de mieux. Cette forme est celle que Stoll nomme dyssenterie bilieuse.

Quand la dyssenterie doit se terminer par la mort, les traits du visage s'altèrent de plus en plus ; le pouls devient irrégulier et à peine saisissabble ; il y a hoquet ; le ventre se gonfle, et les selles, ainsi que le ténesme, redoublent; ces dernières sont d'une fétidité insupportable; l'amaigrissement est poussé à ses dernières limites, et le malade meurt par suite de la marche de la maladie, ou d'une hémorrhagie intestinale, ou par une péritonite suraiguë, consécutive à une perforation à l'intestin.

Une grave complication qni survient dans la maladie qui nous occupe est Yhépatite (ou inflammation du foie). Heureusement que cette maladie ne sévit le plus souvent avec cet effrayant cortège de symptômes que dans les pays chauds, et parmi les grandes masses ou réunions d'hommes*; cependant, à l'état épidémique, elle est tout aussi redoutable.

La dyssenterie à l'état simple et sporadique (ou dispersée), surtout lorsqu'elle existe sans fièvre, est généralement peu grave et a presque toujours la guérison pour issue.

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