DI A I! I! II IC K
riété de diarrhée infectieuse extrêmement grave, observée surtout pendant les chaleurs de l’été, chez les enfants jeunes moins de deux ans le plus souvent), qui sont mal nourris ou tout au moins qui sont privés totalement ou partiellement du sein. L’agent infectieux de cette diarrhée, qui rappelle le choléra, serait, pour les uns, un microbe spécial (Lesage) sécrétant une toxine analogue à colle du bacille virgule, et pour les autres le bacterium coli commune devenu virulent-.
On reconnaît le choléra infantile à\la profusion des selles et dos vomissements, à la prostration, à l'amaigrissement rapide, à l’algidité qui en résultent. L’enfant a le nez effilé, les traits tirés, ses yeux se cavent, son cri s’éteint, et il ne tarde pas à succomber.
On a, en un mot, le tableau du choléra. L’absence d’épidémie cholérique permet seule d’éliminer le choléra asiatique. 11 en est du choléra infantile comme du choléra nostras de l’adulte : ressemblance parfaite avec le choléra indien.
Le traitement sera prompt et énergique.
On commencera par instituer la diète hydrique ou lactée mitigée :
Eau distillée pure, ou bien lait stérilisé coupé d’eau de riz, décoction blanche de Sydenham; eau albumineuse, bouillon de poulet dégraissé; le tout glacé, pour combattre les vomissements. Si ceux-ci persistent, on donne la potion de Rivière.
On pourra additionner chaque gorgée de liquide de quelques gouttes de cognac ou de rhum.
On prescrira par exemple comme unique boisson:
% Décoction blanche de Sydenham . . SOI) grammes.
Sirop de coings 30
Cognac ou rhum 20 —
Donner par cuillerées, suivant les besoins et les cris de l'enfant.
Cependant Rilliet et Barthez veulent qu’on donne le moins de boissons possible.
On se trouvera bien d’ajouter une ou deux gouttes de laudanum ou deux à quatre grammes de sirop diacode; par exemple :
% Eau de riz 500 grammes.
Sirop de ratanhia 50 —
Sirop diacode 4 —
Cognac 20 —
Ou bien :
% Eau albumineuse 500 grammes.
Sirop de fleurs d’oranger 50 —
Laudanum de Sydenham II gouttes.
Elixir de garus 20 grammes.
Si la faiblesse est grande et l’algidité prononcée, on donnera de temps à autre une petite cuillerée de champagne frappé, ou de malaga, porto, xérès, marsala. Dans le même but on prescrira le café ou le thé au rhum.
Pour prévenir ou combattre le collapsus, on peut donner, dans chaque cuillerée à café d'eau sucrée, deux gouttes de :
% Éther sulfurique
Teinture de valériane. . . .
Ou bien :
% Acétate d’ammoniaque 2 grammes.
Eau de chaux 30 —
Eau distillée 50
Sirop de coings 30 —
Une cuillerée à café d’heure en heure.
On donnera le bismuth largâ manu, soit dans du lait, soit dans une potion :
DIARRHÉE
% Sous-nitrate do bismuth I grammes.
Jitlep gommeux 60 —
Elixir parégorique X gouttes.
Agiter avant de s'en servir. Une cuillerée à café d'heure en heure.
Le nitrate d'argent a réussi à RUliet et Barthez :
% Nitrate d’argent 0 gr. 03.
Eau distillée 60 grammes.
Par cuillerées à café d’heure en heure.
Parfois toutes les boissons sont rejetées avec les vomissements, et alors il faut agir par les lavements. On prescrira :
% Eau amidonnée 50 grammes.
Laudanum I ou II gouttes.
Pour un lavement.
Les lavements d’ipéca (5 grammes en décoction dans 100 grammes d’eau) sont parfois très efficaces. De môme les lavemens au nitrate d’argent (5 centigrammes pour 100 d’eau).
En donnant I centigramme de calomel 2 à (5 fois par jour, Rilliet et Barthez disent avoir arrêté parfois les vomissements et la diarrhée.
Dans quelques cas, le lavage de l'estomac mettra un terme à la diarrhée comme aux vomissements et sauvera une situation désespérée. On prend une sonde en caoutchouc rouge n° 12 ou 1i (sonde de Nélalon). (>n adapte un petit entonnoir en verre au pavillon de la sonde; on fait le cathétérisme de l’œsophage et on arrive aisément dans l’estomac; on lave avec eau bouillie, eau boriquée, eau de Vichy, etc.
On [tout faire concurremment de grands lavages do l'intestin avec les mômes liquides, ou l’eau salée à 1 p. 200 (Baginsky).
Si l'algidité persiste, on applique des cataplasmes si-
napisés sur le ventre, sur les cuisses, les mollets; on frictionne le corps avec des flanelles chaudes, on donne des bains chauds (38°) sinapisés, on fait des injections sous-cutanées d’éther (1/2 seringue de Pravaz) ou de caféine.
M. J. Simon a conseillé les bains de vin chaud matin et soir.
Les inhalations d’oxygène répondent aux mêmes indications: ranimer, stimuler le malade par tous les moyens.
On appliquera des bouteilles d’eau chaude près des jambes et des pieds; au besoin on mettra l’enfant dans la couveuse de Tarnier. M. Ervant Arslan a obtenu quelques succès en électrisant la paroi abdominale avec des courants faradiques forts (les deux réophores sur le ventre, déplacements fréquents) : trois ou quatre applications peuvent suffire.
Pour remédier à la déshydratation des tissus, il est indiqué de faire des injections sous-cutanées de sérum artificiel; on peut se servir de la formule de M. Hayem:
% Eau stérilisée 1000 grammes.
Sulfate de soude 10 —
Chlorure de sodium S —
On peut injecter sous la peau des cuisses ou du ventre, à l’aide d’un irrigateur ou d’un réservoir à deux tubulures muni d’un caoutchouc et d’une aiguille creuse, 100,150,200 grammes de ce liquide à 38° ou 40°.
A défaut de cet appareil, on pourrait, à l’exemple de M. Hénoch, faire les injections avec une seringue de Pravaz; mais on serait dans la nécessité de multiplier les piqûres.
Le Dr Bongers donne la naphtaline en potion :
■y. Naphtaline très pure Mucilage de gomme Eau de camomille .
. . . . 0 gr. 20 à 30.
| 5a. . 40 grammes.
Une cuillerée à cale de deux en deux heures. Agiter le flacon avant
de s’en servir.
Un peut essayer la résorcine :
% Eau distillée 60 grammes.
Sirop de coings 40 —
Résorcine 0 gr. 20.
Par cuillerées à café d'heure cr^Kcurc.
Le Dr Cayla (de Bordeaux) dit s’être bien trouvé du traitement suivant : lait coupé d’eau de chaux, lavements amidonnés, eau albumineuse, comme alimentation; comme potion, on donne alternativement d’heure en heure une cuillerée à café de :
1° Teinture de noix vomique Iil gouttes.
Sirop de raUnhia 15 grammes.
Sirop de coings 15 —
Eau distillée 40 —
2" Bromure de potassium . 0 gr. 50.
Sirop de belladone 15 grammes.
Sirop de menthe 15 —
Eau distillée 40
Un peut essayer, dans les cas rebelles, la cotoïne à la dose de 10 a 20 centigrammes en suspension dans
un julep :
% Colonie 0 gr. 20.
Julep gommeux 50 grammes.
Une cuillerée à café d’heure en heure.
Un devra isoler les enfants atteints de diarrhée cholériforme, désinfecterleurs selles, leurs vêtements, leur linge de corps, la literie, etc.
Un protégera ainsi, par l’antisepsie et l'isolement, les enfants sains de l’entourage.
D. Diarrhée du sevrage.
Beaucoup d’enfants, à l’occasion du sevrage, sont atteints de diarrhée plus ou moins rebelle, pouvant aller parfois jusqu’au choléra infantile.
C’est surtout quand le sevrage est brutal ou prématuré, quand il est fait pendant la saison chaude, que l’enfant est exposé à la diarrhée.
Il est donc indiqué, pour éviter ou atténuer la diarrhée du sevrage, d’attendre, quand on le peut, que l’enfant ait dépassé l’âge de 12 à 15 mois ; de procéder avec méthode, de préparer le sevrage pendant des semaines et des mois, en diminuant le nombre des tétées et en remplaçant les tétées absentes par du lait stéribsé, par des potages faits avec le pain grillé, la biscotte, le tapioca, le sagou, les semoules de blé ou de riz, par les bouillies de farine séchée au four, de racaliout, d’arrowroot, par les œufs à la coque, le lait de poule, les crèmes, etc., etc. On n’a que l’embarras du choix. Ce qu’il faut éviter quand on commence à substituer l’alimentation solide ou semi-liquide aux tétées, c’est la surcharge de l’estomac. On se souviendra qu’il n’y a pas de meilleure boisson que le lait pour l’enfaqit sevré comme pour le nourrisson, et on remettra à plus tard l’usage du vin, du cidre ou autres boissons fermentées ; on n’abusera pas des féculents, des viandes, des légumes. Enfin, s’il fait très chaud, on ajournera l’époque du sevrage.
En prenant ces précautions, on préviendra la diarrhée ; si l’on n’a pu l’éviter, on la traitera par les mêmes moyens que si elle était survenue en dehors du sevrage. Le sevrage implique une certaine prophylaxie, la diarrhée du sevrage n’a pas une thérapeutique spéciale.
DIARRHÉE
Parfois le seul remède à la diarrhée du sevrage sera le retour à l’allaitement naturel.
E. Diarrhée chronique.
La diarrhée peut être chronique d’emblée, ou succéder aux formes précédentes ; comme ces dernières, elle dérive d’une mauvaise alimentation. L’usage du biberon, du lait de vache, d’aliments trop grossiers, le sevrage prématuré, sont les causes habituelles de la diarrhée chronique. Le rachitisme l’accpmpagne ou lui succède fréquemment, la tuberculose quelquefois.
11 existe, chez les enfants comme chez les adultes, une diarrhée muco-membraneuse donnant lieu à l'expulsion de débris membraneux qui simulent parfois le ténia. Bottentuit a vu à Plombières beaucoup de ces petits malades qu'il range sous l’étiquette d 'entérite catarrhale.
L'alimentation sera surveillée étroitement ; si le retour au lait féminin n'est pas possible, on donnera le lait stérilisé, pur ou coupé, suivant l’âge de l’enfant. Le képhir, ou lait fermenté, réussit quelquefois. Quand l’enfant est en âge de prendre d’autres aliments que le lait, on évitera les aliments indigestes (légumes grossiers, crudités, sauces épicées, charcuterie), les boissons irritantes (vin, bière, cidre). On donnera la préférence aux laitages, crèmes, purées de légumes secs, potages épais aux pâtes, au pain grillé, au sagou, au tapioca, à la semoule, aux œufs. Enfin, dans quelques cas, on se trouvera très bien de la viande crue hachée finement. Pour éviter le danger du ténia, on prendra la viande de mouton, et non celle de bœuf. On veillera à la régularité des repas (trois ou quatre par jour) ; on rationnera les enfants, tant pour les liquides que pour les solides. Ils devront manger lentement, et ne pas
avaler gloutonnement des morceaux insuffisamment divisés ; on ne leur servira pas de fruits crus, on ne * leur donnera rien entre les repas.
Si la soif est excessive, on pourra leur permettre cependant quelques gorgées d’eau albumineuse ou de tisane de riz édulcorée avec le sirop de coings.
Voici une formule de tisane astringente :
% Racine de bistortc 10 grammes.
F'iau bouillante pour infuser 500 —
Sirop de coings 50 —
A prendre, par demi-tasse, dans la journée, pour un enfant de 5 à 6 ans.
Le bismuth, comme dans les diarrhées aiguës, jouera encore un grand rôle. L’enfant prendra 2, 3 ou i grammes de sous-nitrate ou de salicylate de bismuth par jour, soit dans du lait, soit dans un jnlep gommeux.
Itilliet et Barthez ont vu des diarrhées qui, après avoir résisté plus de dix mois, cédaient à l’usage exclusif du lait de chèvre ou autre coupé d’eau de chaux.
On a conseillé aussi un café au lait d’un nouveau genre : on torréfie et on moud des glands de chêne, on en fait une infusion destinée à couper le lait.
On insistera sur l’antisepsie intestinale :
% Bélol • . . . 0 gr. 20.
Sucre en poudre 1 gramme.
Pour un paquet. Prendre toutes les deux heures un paquet semblable dans une cuillerée de lait.
% Benzo-naphtol 0 gr. 20.
Bicarbonate de soude 0 gr. 20.
Pour un paquet. Cinq semblables tous les jours dans du lait, pour un enfant de 2 à 3 ans. Au-dessus de cet âge, augmentez la dose
de 1 /2 ou 1 gramme.
% Salol 0 gr. 15.
Sucre en poudre 1 gramme.
Pour un paquet; cinq par jour dans du lait.
DI ARH LIEE.
Chacun de ces antiseptiques pourra être essayé tour à tour; l’on s’arrêtera ou l'on reviendra à celui qui aura donné les meilleurs résultats. On agira aussi sur le gros intestin à l’aide d'irrigations quotidiennes avec l’eau boriquée (I p. 100) ou l’eau de Vichy.
On peut également essayer le lavement suivant:
% Nitrate d'argent 0 gr. 07.
Eau distillée 100 grammes.
Les lavements à l’extrait de ratanflfîa (2 grammes), au tannin (1 2 gramme) p. 100 à 150 grammes d’eau froide, sont également bons.
On prescrira aussi les lavements de percblorure de fer :
% Eau distillée
Perchlomrc de 1er
Pour un lavement.
100 grammes.
X gouttes.
Dans quelques cas, le calomel réussit bien à la dose de 5 centigrammes répétée deux ou trois fois un jour. Archambault prescrivait :
% Teinture de rhubarbe 7 grammes.
Sulfate de magnésie 4 —
Eau distillée d’anis 32 —
Sirop de gomme 10 —
3 cuillerées à café par jour.
Combcmale a donné :
% Extrait de kola 1 gramme.
Sirop de coings 00 —
A prendre par cuillerées à café dans les 24 heures.
On peut également essayer les lavements de créosote,
qui arrêtent parfois très bien la diarrhée des phtisiques :
% Créosote de hêtre 1 gramme.
Jaune d’œuf n° 1.
Huile d’olive 20 grammes.
Eau 100 —
Pour un lavement.
L’opium, sous forme de sirop diacode, laudanum, élixir parégorique, ne sera pas oublié. Au-dessous d’un an, on ne dépassera pas les doses de 1 à 2 gouttes de laudanum de Sydenham, 10 à 20 gouttes d’élixir parégorique, 2 à 4 grammes de sirop diacode. Encore faudra-t-il avoir soin de fractionner ces doses, en les mêlant à une potion de 60 à 100 grammes, à prendre en 7 ou 8 fois dans la journée. De 1 à 2 ans, la dose de laudanum pourra être augmentée de 1 à 2 gouttes, en surveillant l’effet de très près. Après 2 ans et jusqu’à 10 ans, on peut augmenter d’une goutte par année.
On insistait autrefois beaucoup sur les évacuants (vomitifs et purgatifs) : qu’on donne, au début de la maladie, pour une fois, l’ipéca, le sulfate de soude, l’huile de ricin, je n’y Arois pas de grands inconvénients ; mais il ne faudrait pas abuser de ce moyen.
Les alcalins (eau de Vichy, eau de chaux), mêlés au lait, offrent moins d’inconvénients.
S’il y a de la lientérie, on donnera la pepsine (25 centigrammes de poudre après chaque repas). On insistera sur les toniques et les amers. Rilliet et Barthez se sont bien trouvés de l’extrait de bois de campêche :
% Eau do menthe 60 grammes.
Sirop de ratanhia 20 —
Teinture de cachou 5 —
Gomme 9 —
Extrait de bois de campêche .... 2 —
M. s. a. — A prendre par cuillerées à café toutes les heures, et de préférence en commençant les repas.
DIARRHÉE
Les alcalins peuvent être associés aux astringents :
% Eau de chaux 40 grammes.
Sirop de cachou 20 grammes.
Sirop de ratanhia 20
A prendre par cuillerées à café toutes les heures.
On donnera le quinquina :
24 Infusion de café 100 grammes.
Sirop de gomme 40
Extrait mou de quinquina 4
Par cuillerées d’heure en lierre.
(Rilliet et Barthez.)
24 Infusion de thé 100 grammes.
Sirop de quinquina 30 —
Teinture de noix vomique V gouttes.
Par cuillerées à soupe de 2 en 2 heures.
Le fer a été préconisé sous forme de teinture de Mars tartarisée (10 à 20 gouttes par jour dans un peu de vin ou de sirop de gentiane).
Dans quelques cas rebelles, l’or a fait merveille. On peut prescrire :
% Or finement pulvérisé 0 gr. 20.
Miel 123 grammes.
Une cuillerée à café tous les matins.
(Legrand.)
Enfin, M. Debove a introduit dans la thérapeutique de la diarrhée la poudre de talc , qu’on donnent à la dose de bO 100 grammes par jour, délayée dans du lait.
Parfois on a 311 des catarrhes intestinaux guérir par la quinine ; on ne l’oubliera pas à l’occasion.
Les moyens externes, frictions sèches avec le gant de laine, stimulantes avec l’eau de Cologne, l’alcoolat de lavande, les bains salés, sulfureux, ne sont pas à
dédaigner. Le grand air, les promenades, le séjour à la campagne, sont toujours salutaires. Comme station minérale, il faut conseiller Plombières.