‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 172 sur 363 · HÉMOPTYSIES · texte numérisé non relu

HÉMOPTYSIES

Les hémoptysies ou crachements de sang sont plus rares dans la tuberculose infantile que dans la tuberculose d’adulte ; elles sont également plus difficiles à

HEMOPTYSIES.

reconnaître, car l’enfant déglutit le sang comme les crachats, il crache dans son estomac, d’où l'hématémèse et le mélæna remplaçant l’hémoptysie et la dissimulant.

TRAITEMENT

Repos au grand air, dans le calme physique et moral; rassurer l’enfant, lui promettre la guérison rapide. Appliquer des sinapismes aux cuisses et aux mollets, des ventouses sèches sur la poitrine. Donner des boissons glacées par petites quantités.

Faire quelques injections de morphine (1 à 5 milligrammes suivant l’âge).

Donner l’ergotine en potion :

3C Ergotinc i gramme.

Sirop de ratanhia 30 —

Eau distillée de menthe 70 —

Par cuillerées à soupe d'heure en heure.

Ou en injections sous-cutanées (1/2 à 1 seringue).

Si l’hémoptysie continue, essayer le vomitif, I à 2 grammes d’ipéca dans un quart de verre d’eau sucrée. Donner X à XV gouttes de teinture de Bestucheff, qui contient :

% Liqueur d’Hoffmann 7 grammes.

Perchlorurc de fer sec 1 —

On peut aussi faire des pulvérisations de perchlorure de fer.

% Eau distillée GO grammes.

Sirop de térébenthine 20

Sirop de cachou 10

Siyoy diacode 40 —

Par cuillerées de deux on deux heures.

On fera prendre, matin et soir, une pilule contenant :

% Ergotine 0 gv. 10.

Sulfate de quinine 0 gr. 05.

Plus tard on traitera la tuberculose pulmonaire (voyez ce mot), et si les enfants ont une forme congestive attestée par le retour des hémoptysies, on conseillera les eaux du Mont-Dore, qui sont moins excitantes que les eaux sulfureuses des Pyrénées (Eaux-Bonnes en particulier).

HÉMORRHAGIES MÉNINGÉES

Les hémorrhagies méningées peuvent siéger entre la dure-mère et les os du crâne (céphalhématome interne), en dedans de la dure-mère (pachyméningite, hématome, hémorrhagie intra-arachnoïdienne), sous l’arachnoïde (hémorrhagie sous-arachnoïdienne), dans les ventricules. L’hémorrhagie peut occuper à la fois plusieurs sièges (mixte). C’est une maladie assez fréquente chez les nouveau-nés. La symptomatologie est des plus vagues et le diagnostic des plus difficiles. L'hémorrhagie méningée des nouveau-nés peut se traduire par l’asphyxie, les convulsions, le coma, la mort peu d’instants ou peu de jours après la naissance. Plus tard, on note de la céphalée, des convulsions limitées ou des contractures d'un membre, de la face, d’une moitié du corps. Les paralysies sont incomplètes à cause de la présence des fontanelles qui cèdent et empêchent la compression du cerveau.

Reconnaître le siège de l'hémorrhagie est presque impossible. L’hémorrhagie cérébrale et le ramollissement se distinguent par l’apoplexie initiale, l’hémiplégie bien nette, les signes d’un foyer limité. La tumeur cé-

HERPÈS CIRCINÉ.

rébrale a pour elle ses accès épileptiformes et ses intervalles de santé relative ou absolue.

TRAITEMENT

Chez les nouveau-nés porteurs d’une hémorrhagie obstétricale et en état d’asphyxie, on ne peut que faire la respiration artificielle, l’insufflation, qui raniment quelquefois l’enfant et donnent au moins un répit. Plus tard, on agira comme dans la méningite (voyez ce mot) : glace sur la tète, sangsues aux apophyses mastoïdes, ventouses scarifiées, vésicatoire à la nuque ou sur la tête rasée.

On donnera des laxatifs (manne, 30 grammes dans un peu de lait), des calmants (bromure de potassium, chloral, 0gr,50 à 1 gramme dans un peu de sirop).

On ne peut faire que la médecine des symptômes ; cependant, si le moindre doute existe, si la syphilis est possible, on agira, sans perdre de temps, par les frictions cutanées avec l’onguent napolitain et par l’iodure de potassium ("20 à oO centigrammes dans du lait sucré ou du sirop). Le céphalhématome interne pourrait être atteint et guéri par la trépanation.

IIERPÈS CIRCINÉ

L’herpès circiné ou tricophytie circinée est une maladie des parties glabres produite par le même parasite que la teigne tondante : le Iricophylon lonsumns. Mais les spores de l’herpès circiné seraient plus grosses que celles de la teigne de Gruby.

L’éruption procède excentriquement : c’est d’abord un point herpétiforme ou eczématiforme qui s’agrandit peu ;t peu, en formant un cercle, dont le centre s’éleint pendant que la périphérie évolue. Ce sont surtout les parties découvertes, face, cou, nuque, mains, qui sont

le siège de l’herpès circiné. On le distingue aisément de l’herpès ordinaire, dont les vésicules sont groupées irrégulièrement, et non en cercle; de l’eczéma, qui ne procède pas avec tant de régularité et ne guérit pas au centre en même temps qu’il s’aggrave à la périphérie ; du pityriasis rosé, par les mêmes caractères, sans parler de la multiplicité des taches et placards formés par ce dernier.

TRAITEMENT

Le traitement local est très simple et très sûr : il suffit de badigeonner les parties malades avec la teinture d’iode pure. Au bout de trois ou quatre badigeonnages faits à un ou deux jours d’intervalle, la végétation parasitaire est détruite, et la guérison obtenue.

A défaut de teinture d’iode, on peut se servir d’une pommade soufrée ou d’une pommade au turbith :

% Soufre précipité 2 grammes.

Vaseline 20 —

Appliquer matin et soir.

% Turbith minéral 1 gramme.

Glycérolc d’amidon 30 —

Même mode d’emploi.

La prophylaxie consiste à éviter le contact avec les teigneux, à ne pas se servir des coiffures, ünges, objets qui ont été contaminés par eux.

De même il faut songer à la teigne de certains animaux, qui peut se communiquer aux enfants par contact direct ou indirect.

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