‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 198 sur 363 · IODE ET IODE RES · texte numérisé non relu

IODE ET IODE RES

Le Dr Cointet, de Genève, en 1820, émet l’hypothèse que la guérison du goitre par l'éponge brûlée, par l’éthiops végétal (poudre de chêne marin) était due à l’iode. En elfet toutes les plantes marines et même les polypiers, les mollusques, les poissons de mer, en contiennent une quantité appréciable. Millier a trouvé l’iode dans le cresson, Gmelin dans l’huile de morue. Plusieurs eaux minérales naturelles en contiennent notablement : Saxon, Salins, Plombières, Challes, Aix-la-Chapelle, etc.

On emploie volontiers, pour l'usage externe, la teinture d’iode, au douzième (1 partie d’iode pour 12 parties d’alcool à 90°). Celte solution, altérable par la lumière, doit être préparée fraîchement ou conservée dans des llacons fumés et bouchés à l’émeri.

Le coton iodé, autre révulsif, qui doit être conservé aussi à l’abri de l’air et de la lumière, contient 5 p. 100 d'iode.

Velpeau employait, en chirurgie, la teinture d’iode étendue de 2 à 3 parties d’eau; mais pour que l’iode reste dissous, il convient d’ajouter de l’iodure de potassium, comme le faisait Boinet :

% Teinture d iode ~

r, > aa ... grammes,

Iodure de potassium 1 —

Cette solution a été utilisée par Aran dans l’hydropéricarde, et par d’autres dans l'hydrocéphalie, l'hydrorachis, l’hydrocèle vaginale, l'ascite, l’hydrothorax, etc. L’iode se prescrit aussi en bain :

% Iode 5 grammes.

Iodure de potassium 10

Eau 250 —

Verser dans l'eau du bain (baignoire en bois).

On a préparé un lait iodé (10 centigrammes par litre),

io2

un vin iodé, une huile de morue iodée (I gramme p. 1000).

L’iode entre dans plusieurs préparations officinales très usitées chez les enfants, le sirop de raifort iodé :

% Iode 1 gramme.

Alcool à 90° 13 —

Sirop de raifort compose (antiscorbu-

tique) 983 —

Une cuillerée à soupe contient 2 centigrammes d’iode.

Le sirop iodo-tannique :

% Iode 2 grammes.

Extrait de ratanhia 8 —

Sirop q. s. pour 1000

Une cuillerée à soupe contient 4 centigrammes d’iode.

Parmi les composés de l’iode, les plus employés sont: l’ iodo forme, antiseptique anesthésique de premier ordre; Yiodure de potassium, résolutif excellent; Yiodure de sodium, succédané du précédent; Yiodure de fer, qui entre dans la composition d’un sirop à la dose de 10 centigrammes pour 20 grammes :

% Iode 4 gr. 23.

Limaille de for 2 grammes.

Eau distillée 10 —

Sirop de gomme 783

Sirop de fleurs d'oranger 200 —

Le protoiodure d'hydrargyre est plus employé chez les adultes que chez les enfants ; chez ces derniers, on prescrit volontiers le sirop de Gibert qui contient à la fois I centigramme de biiodure de mercure et 50 centigrammes d’iodure de potassium par 20 grammes.

L 'iodure de plomb entre dans la composition de pommades résolutives (i grammes p. 30), soit seul, soit mêlé à l’iodure de potassium, à l’extrait do ciguë, à l’extrait de belladone.

1 0 ]) K E T IODL'RES.

L’action locale de l’iode sur la peau est peu marquée, quand la dilution est suffisante; cependant il y a des peaux plus sensibles que d’autres et l’on a delà vésication quand on ne voulait que de la rubéfaction.

Les vapeurs d’iode sont irritantes pour les muqueuses des premières voies.

A l’intérieur, l’iode et les iodures sont très bien supportés par les enfants et ne donnent que très rarement lieu à Y iodisme (salivation, dyspepsie, gastralgie, agitation, céphalée, atrophie des glandes, catarrhe oculonasal et pharyngu-laryngite, acné, œdème de la face, etc.).

L’iode facilile la respiration, et abaisse la tension du sang.

11 passe rapidement dans les urines et J. Simon lui a attribué l’albuminurie chez des teigneuses traitées parles badigeonnages iodés ; Sabouraud, qui a employé la teinture d’iode plus largement encore chez des malades de ce genre, n’a pas relevé cet accident. Les badigeonnages iodés sont donc inoffensifs, même chez les teigneux et les faviques.

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS

L’iode et surtout les iodures sout indiqués dans la syphilis héréditaire et dans la syphilis acquise.

Dans l’hérédo-syphilis, l’iodure de potassium doit être donné en même temps quele mercure (traitement mixte); dans la syphilis acquise, il sera donné après lui.

On ne donnera pas seulement l iodure de potassium aux syphilitiques avérés, mais aussi aux syphilitiques soupçonnés, aux enfants atteints de convulsions, d’hydrocéphalie, de paralysie, de méningite, de lésions osseuses indolentes ou douloureuses, de gommes, de lésions nasales, palatines, oculaires suspectes, etc.

J’ai obtenu une amélioration de Y hémoglobinurie paroxystique par la cure iodurée.

Chez les enfants lymphatiques, scrofuleux, porteurs d’engorgements ganglionnaires, d’hypertrophie amygdalienne, l’iode peut être utile; il est utile également dans les tumeurs blanches, le spina-ventosa, le goitre, le rhumatisme chronique, l’asthme, l’obésité, les néphrites et cardiopathies chroniques.

Dans les affections syphilitiques, on donnera l’iodure de potassium à haute dose (par grammes); dans les affections non syphilitiques, on prescrira par décigrammes.

Le Dr Piédallu a prescrit, dans la diphtérie, une cuillerée à café de deux en deux heures du sirop suivant :

% Sirop 1000 grammes.

Ioclure de potassium 50 —

Biiodure de mercure 0 gr. 50

Avec ce traitement, il n’aurait pas perdu un seul malade en trois ans.

Quel que soit l’âge des enfants, n’eussenl-ils que quelques mois, quelques semaines, ils peuvent prendre l’iodure de potassium, quand ce remède est indiqué.

On ne donnera pas l'iode ou les iodures à l’intérieur dans la phtisie pulmonaire, surtout si elle est aiguë et fébrile; on ne le donnera pas aux enfants amaigris et cachectiques indemnes de syphilis; on ne le donnera pas non plus à ceux qui souffrent de dermatoses prurigineuses, d’eczéma, d’urticaire, d’acné, de furoncles, etc.

Localement, on emploiera avec avantage la teinture d’iode comme révulsif et antiseptique dans la tricophytie circinée et la teigne tondante, dans le favus, la pelade, le pityriasis versicolor, la perlèche, les stomatites ulcéreuses, les fongosités gingivales, les angines chroniques, la diphtérie cutanée et les plaies atoniques, etc.

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