‹ Formulaire thérapeutique et prophylaxie des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 216 sur 363 · MAL DE POTT · texte numérisé non relu

MAL DE POTT

Le mal de Pott ou tuberculose vertébrale est essentiellement une maladie de l’enfance ; il se traduit par des douleurs, de l’impotence, et enfin par une gibbosité anguleuse caractéristique. Cette bosse siège, soit à la région dorsale (cas le plus fréquent), soit aux lombes, soit au cou. Elle se distingue de la gibbosité rachitique par l’angle aigu de sa saillie ; la cyphose rachitique, au contraire, est arrondie et à grand rayon. De plus, dans le mal de Pott, il y a souvent des abcès par congestion au niveau des aines, des fesses, delà racine des cuisses, de la fosse iliaque.

TRAITEMENT

L’enfant sera condamné de bonne heure à l'immobilité sur un lit de crins, de fougères, de varechs, ou mieux dans une gouttière de Bonnet. Plus tard, on pourra immobiliser seulement le thorax à l’aide d’un corset plâtré ou orthopédique (corset de Sayre).

M ELÆNA.

En même temps, on fera de la révulsion sur la colonne vertébrale, près du foyer morbide (vésicatoires, pointes de feu, cautères, teinture d'iode).

Dans quelques cas, les injections de chlorure dezinc à 1 p. 10 (Lannelongue) sont très utiles pour limiter et enkyster le foyer tuberculeux.

L'enfant, quoique immobilisé, devra prendre l’air; on le sortira sur une petite voiture; on l'enverra à Berck, au bord de la mer, pour y faire un séjour prolongé. A défaut du traitement maritime, on prescrira des bains salés, des bains d’eaux-mères de Salies, quand on ne pourra pas aller à cette station ou à ses similaires (Salins-du-Jura, Salies-du-Salat, Salins-Moutiers, etc.). A l’intérieur, on prescrira l’huile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer, le phosphate de chaux, l’arsenic, la créosote, une bonne nourriture.

Dans quelques cas, on a pu attaquer directement, avec un certain succès, le foyer tuberculeux (trépanation, laminectomie).

M AM MITÉ (V oyez AitcÈs nu la mamelle) MASTURBATION (Voyez Onanisme)

M É LÆX A

Le mélæna existe quand les selles contiennent du sangpurou altéré par un séjour plus ou moins long dans l’intestin. Quand le sang est pur, rouge, il provient du gros intestin; cette variété de mélæna s’observe dans l’entéro-colite simple ou dysentérique, l'invagination, la fissure à l'anus (voyez ces mots); elle n’offre pas grand intérêt. Quand le sang est noir, poisseux,

MALADIES DES E NEANTS.

goudronneux, sa source doit être cherchée dans l’intestin grêle, l’estomac, la bouche, le nez, ou même le poumon (hémoptysie avec déglutition du sang). Parfois même le sang vient du mamelon de la nourrice (crevasses). Un examen attentif révélera ces différentes origines du mélæna.

Chez les nouveau-nés, dans la première semaine, on observe une variété de mélæna très grave, provenant d’ulcères de l’estomac ou du duodénum, ou d’une congestion de la muqueuse (hémophilie, syphilis héréditaire?). L’enfant pâlit, s’agite, puis s’affaisse et meurt. Parfois il vomit du sang et l’hcmatémèse complique le mélæna. Le mélæna des nouveau-nés est mortel dans la moitié des cas au moins.

Outre les moyens indirects (frictions avec des flanelles chaudes, avec la térébenthine, réchauffement par l’eau chaude, la couveuse), on fera absorber par la bouche des médicaments hémostatiques.

% Pcrchlorure de fer V gouttes,

Eau sucrée 30 grammes.

Par cuillerées à café de cinq en cinq minutes.

% Ergotinc 0 gr. 30.

Sirop de ratanhia 20 grammes.

Hydrolat do menthe 20 —

Par cuillerées à café de quart d'heure en quart d’heure.

On fera prendre des fragments de glace pilée avec du sucre dans du lait, du cognac ou du rhum (5 à 10 gr. par jour). On mettra sur le ventre une vessie déglacé.

On donnera aussi, pour agir sur les ulcérations gastro-intestinales :

% Nitrate d'argent 0 gr. 01.

Eau distillée 40 grammes.

Par cuillerées à café.

MEN 1 Ni. 1 SM E.

Si l’hémorrhagie ne cède pas, on fera des injections sous-cutanées d’ergotine (solution Yvon, I 1 ou I '■l seringue de Pravaz).

Contre le mélæna de la seconde enfance, on emploiera le traitement indiqué aux mots Diahhiiée, Constipation, Dysenterie, etc.

MÉNINGISME

Le Dr E. Dupré a attiré l'attention sur un ensemble symptomatique rencontré assez souvent chez les enfants et simulant la méningite. Celte pseudo-méningite ou ce méningisme peuvent donner le change, car ils se traduisent par des céphalées, des contractures, de l’agitation, du délire, de la fièvre, etc. On a le tableau complet de laméningite, avec cette différence que la guérison vient bientôt- lever les doutes et anéantir les prévisions alarmistes.

On peut rencontrer le méningisme chez des enfants hystériques ou candidats il l’hystérie, à l’occasion d'une maladie infectieuse comme la grippe, la pneumonie, la fièvre typhoïde, les lièvres éruptives, l’impaludisme, le rhumatisme, a l’occasion des vers intestinaux, de la constipation opiniâtre, etc.

Pour expliquer ces accidents, il faut invoquer, soit une action réflexe, soit une auto-intoxication agissant sur la corticaüté cérébrale et parfois spinale. Dans tous les cas le diagnostic est des plus difficiles, il faut savoir suspendre son jugement et ne pas condamner sans appel tous les vu’ nitif/ il u/ w\s .

J’ai eu récemment, dans mon service de l’bôpital Trousseau, deux enfants présentant ce syndrome inquiétant délire, hyperesthésie, raideur de la nuque, coma et qui ont guéri il la surprise générale.

MALADIES DES EN F A N T S

On traitera les symptômes prédominants; s’il y a de l’hyperthermie, en donnera les bains, à "25° ou à 20u, toutes les 3 ou 4 heures; contre le mal de lête et l’agitation, on prescrira l'antipyrine à la dose de 1, 2 et 3 grammes par jour suivant l’âge; et on aura recours à la vessie de glace. S'il y a de la constipation, on fera prendre une bonne dose de calomel (5 centigrammes par année d’âge), et on administrera de grands lavements d’eau froide.

La preuve ou le soupçon de l’existence des helminthes fera donner la santonine ou la fougère mâle, suivant les cas. Enfin, si la possibilité de lïmpadulisme se présentait à l’esprit, on se hâterait de donner la quinine (suppositoire, avec 20, 30, 50 centigrammes de bichlorhvdrate; injections sous-cutanées du même sel). — Voyez Quinquina et Quinine.

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